Brest, ville en transition énergétique

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Depuis plusieurs années, Brest oeuvre en faveur du développement durable. Située à la pointe de l'Europe, la ville a pris à bras le corps la problématique d'approvisionnement énergétique dans une région bretonne fortement dépendante en électricité. (La ville de Brest, vue aérienne de nuit)
Depuis plusieurs années, Brest oeuvre en faveur du développement durable. Située à la pointe de l'Europe, la ville a pris à bras le corps la problématique d'approvisionnement énergétique dans une région bretonne fortement dépendante en électricité. (La ville de Brest, vue aérienne de nuit) (Crédits : Frédéric Le Mouillour / Brest métropole)
A Brest la transition énergétique est en marche. Quatre ans après l'adoption du premier plan local d'urbanisme intégré de France, Brest Métropole maintient son cap. Sa politique énergétique mise sur la diversification des sources d'énergie et la maîtrise de la consommation.

En décembre dernier, Brest a donné les premiers coups de pioche à son projet de stockage d'énergie thermique, un réservoir d'eau chaude qui sera le premier ouvrage de ce type en France. Située sur le campus de l'Université de Bretagne Ouest (UBO), cette "tour miroir des énergies" (voir photo ci-dessous), comme la qualifie son architecte, sera haute de 19,5 mètres et d'une capacité de 1.000 m3. Destinée à produire et à stocker la chaleur issue de la valorisation des déchets pour ensuite la restituer lors de pics de consommation, elle vise à étendre de 20 kilomètres supplémentaires d'ici à 2017 un réseau de chaleur urbain déjà long de 25 kilomètres en 2010.

D'un coût de 1,5 million d'euros, l'installation devrait produire l'équivalent de l'énergie nécessaire pour 400 logements, et réduire de 12.700 tonnes les émissions de dioxyde de carbone (également appelé gaz carbonique, ou CO2) de la métropole sur les vingt prochaines années. Les travaux s'achèveront en juin prochain, pour une mise en service lors de la prochaine saison de chauffe.

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20 % de réduction de GES en 2020

Depuis plusieurs années, Brest oeuvre en faveur du développement durable. Située à la pointe de l'Europe, la ville a pris à bras le corps la problématique d'approvisionnement énergétique dans une région bretonne fortement dépendante en électricité. D'ici à 2020, la ville prévoit de réduire de 20% les consommations d'énergie et les émissions de GES, par rapport à 1990, et de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique.

Alain Masson, premier vice-président de Brest Métropole, chargé des grands projets, de l'énergie et des déplacements, explique:

"La politique énergétique de Brest mise sur l'innovation car elle a dû prendre en compte la caractéristique du territoire: c'est une ville reconstruite à plus de 50% et dotée d'un patrimoine datant pour l'essentiel des années 1950 à 1970 avec des normes acoustiques et thermiques moins exigeantes. Très tôt, la ville a souhaité transformer une partie du chauffage électrique en chauffage urbain. L'usine de retraitement des ordures ménagères est opérationnelle depuis 1987 et alimente déjà en chauffage la base navale et une partie des logements. La mise en service cette année d'une nouvelle chaufferie bois contribuera aussi à l'extension du réseau de chauffage urbain."

Plan Climat et boucle énergétique

C'est en 2012 que Brest Métropole franchit un cap avec l'adoption du premier plan local d'urbanisme intégré de France. Sa politique énergétique, structurée à travers un Plan Climat, se fonde alors sur la diversification des sources d'énergie et la maîtrise de la consommation. Pour les particuliers, Brest se dote ainsi de Tinergie, un guichet unique de la rénovation thermique et acoustique pilotée par l'agence locale Ener'gence. Celle-ci accorde un accompagnement (informations, conseils) et permet l'obtention d'aides de la collectivité. L'an passé, ce fonds s'est élevé à 320.000 euros. Le guichet monte en puissance en s'ouvrant dès cette année aux copropriétés.

Alors qu'un nouveau Plan Climat se profile pour 2018, le plan local d'urbanisme (PLU) de Brest est devenu le moteur de l'évolution de l'ensemble de l'aménagement de la ville.

Dans le cadre d'un projet global de boucle énergétique, la cité cherche donc à limiter la consommation électrique des bâtiments publics et à intégrer les différentes énergies (électrique, gaz, réseau de chaleur). Obligation est ainsi faite aux promoteurs de mettre en œuvre une énergie renouvelable pour toute nouvelle construction d'une superficie supérieure à 2.000 m2.

Réseau intelligent sur le Plateau des Capucins

La réhabilitation des anciens ateliers de l'arsenal, sur le Plateau des Capucins, lancée en 2014, se veut exemplaire en ce domaine. Sur cette zone - qui doit accueillir 560 logements, une médiathèque et 20.000 m2 de bureaux et de commerces -, Brest développe un intéressant projet de "smart-grid" (ou "réseau de distribution électrique intelligent"). Il mixe économies d'énergie, réseau intelligent et production d'énergie à partir de technologies renouvelables. La ville pense ainsi gagner 30% à 50 % sur le coût de l'énergie. Une partie de la  chaleur sera produite par la valorisation des déchets.

« Pour la production, 800 panneaux photovoltaïques (dépendant de deux centrales), vont être installés sur des écoles et le dépôt du tramway, détaille Alain Masson. A l'horizon 2017, une partie de cette production sera redistribuée vers le cinéma, la médiathèque, les commerces et les logements. Cette opération est menée en collaboration avec le groupe Schneider Electric et avec des promoteurs comme Kermarrec. »

Chaque professionnel volontaire pourra, de son côté, installer chez lui un système de mesure multi-énergie intelligent, pour surveiller en direct sa consommation, via une plateforme Web. Deux autres projets d'énergie solaire sont à l'étude avec l'installation d'une centrale photovoltaïque sur une ancienne décharge et de panneaux sur barges dans une zone humide. Cette production-là sera vendue à ERDF.

Téléphérique et transports vertueux

Sur le front de la diversification des modes de déplacement et des transports collectifs vertueux, les travaux du téléphérique urbain vont aussi bon train. Opérationnel pour la mi-septembre 2016, il desservira le plateau des Capucins à raison de 675.000 passagers par an. Brest, qui investit 8 millions d'euros sur les 19 millions d'euros de budget, fait valoir que c'est le mode de transport le plus neutre en électricité.

« L'émission de CO2 par an et par passager est 30 fois inférieure à celle d'une voiture. »

La ville annonce aussi une deuxième ligne de tramway pour 2020.

"Nous profitons de chaque opportunité, en lien avec l'Ademe et la Région Bretagne, qui dans le domaine de l'énergie durable a une démarche volontariste", ajoute Alain Masson.

En 2015, Brest a été lauréate des appels à projets, "territoire à énergie positive" et "zéro gaspillage, zéro déchet".

Son nouveau statut de métropole pousse aussi la ville à étendre la problématique de la  transition énergétique à l'ensemble de sa communauté urbaine. Des démarches sont en cours pour que, à horizon 2018, le Plan Climat soit développé avec l'ensemble des huit communes du Pays de Brest.

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Commentaires
a écrit le 20/02/2016 à 16:44 :
Et voila l'explication de l'abatage à grande échelle des arbres dans toutes les communes périphériques : talus, bois, forêts, parcs, allées piétonnes etc ....
Un vrai massacre ! La raison évoquée ? Les arbres sont malades (depuis 2015), ou alors pour éviter leur chute lors des tempêtes !!!
Les habitants des communes aux alentour de Brest sont de généreux donateurs. Ils paient la chaufferie, ils perdent leur bois, ils subventionne le chauffage des brestois et en plus ils ne connaitront jamais le chauffage urbain !!!

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