Bretagne : la filière audiovisuelle se renforce

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samedi 5 mars à 11 heures, la chaîne inaugure un nouveau magazine de société, intitulé "Hd, l'heure du débat".
samedi 5 mars à 11 heures, la chaîne inaugure un nouveau magazine de société, intitulé "Hd, l'heure du débat". (Crédits : France 3)
Améliorer le financement de programmes régionaux plus variés et accroître le nombre d'œuvres produites en fiction, documentaire et animation : le « projet audiovisuel breton », défendu par la Région pour structurer la filière audiovisuelle, est sur les rails. Un contrat d'objectifs et de moyens (COM) d'un montant total de 2,9 millions d'euros a été signé avec France 3 Bretagne, les chaînes locales TVR, Tébéo et Tébésud, la Web TV Brezhoweb et la plateforme Breizh Créative.

Bonne nouvelle pour les téléspectateurs de France 3 Bretagne : ce samedi 5 mars à 11 heures, la chaîne inaugure un nouveau magazine de société, intitulé "Hd, l'heure du débat", et consacré aux enjeux qui animent la région. Actualité oblige, la première émission s'est intéressée aux mutations du monde agricole.

Si ce nouveau rendez-vous hebdomadaire, produit à raison de 30 numéros annuels, est important pour les téléspectateurs et internautes - puisqu'il compte accueillir leurs contributions interactives -, il l'est aussi pour la filière audiovisuelle bretonne.

"Hd, l'heure du débat" est le premier programme lancé à l'antenne et prévu par un contrat d'objectifs et de moyens (COM), à l'ampleur inédite, signé par la Région Bretagne et tous les diffuseurs du territoire pour formaliser le « projet audiovisuel breton ».

Dans ce secteur d'activité, la France connaît un vrai souci de concentration des entreprises en Ile-de-France : la collectivité bretonne a donc initié dès 2012, avec l'ensemble des acteurs régionaux une réflexion sur l'audiovisuel, afin d'avancer dans le cadre de « l'acte III de la décentralisation » lancé par le gouvernement en 2013.

La plate-forme Breizh Créative lancée au printemps

Succédant à un premier COM, datant de 2009 et beaucoup plus restreint, ce nouveau contrat de trois ans entériné le 10 décembre associe les télévisions locales hertziennes TVR (Rennes Cité Média), Tébéo et Tébésud, filiales du groupe Le Télégramme, la web TV Brezhoweb, la plate-forme Breizh Créative, dont le lancement est prévu ce printemps, et France 3 Bretagne.  Exception faite de la chaîne corse Via Stella, l'antenne bretonne de France Télévisions, maillon fort de la production locale, est la première du groupe public à signer un contrat avec une collectivité. Elle a œuvré auprès de la Région pour venir renforcer le plan en faveur de la filière audiovisuelle.

« Ce nouveau COM ne vient pas aider l'activité de France 3 mais vise à financer une diversité de programmes régionaux en permettant un volume de production complémentaire, de 25 à 30 heures en année 1, se félicite Jean-Michel Le Guennec, directeur du pôle Nord Ouest de France 3, qui  assume la coordination du projet éditorial avec les autres partenaires. Il offre une lisibilité et un socle d'activité aux sociétés. C'est l'aboutissement d'un projet qui fédère tous les diffuseurs et acteurs audiovisuels bretons dans une dynamique collective de coopération et de production. »

200.000 euros par an pour la fiction et l'animation

Afin d'augmenter le nombre d'œuvres produites dans des genres comme le documentaire, la fiction, dont le court métrage, et l'animation, et ainsi « renforcer la présence du fait régional » sur les écrans, la Région Bretagne s'est engagée sur un montant de 1,6 M€ pour la période de septembre 2015 au 31 août 2016. Toutefois, le COM comprend aussi des investissements en numéraire, notamment en industrie, de la part de chacun des diffuseurs pour un montant total de 2,9 M€ en année 1. Selon le texte,  la subvention régionale est ventilée par action et par entreprise. Elle est ainsi de l'ordre de 394 000 € pour France 3 Bretagne, 436 462 € pour Tébéo, et 151 667 € pour Breizh Créative. Au total, un peu plus de 400 000 € iront au documentaire, 203 000€ à des projets de fiction et/ou d'animation.

« Ces ressources supplémentaires ouvrent le champ des possibles et permettront à France 3 Bretagne et aux autres diffuseurs d'innover en proposant des offres nouvelles, visibles sur tous les écrans, ajoute Jean-Michel Le Guennec.

Outre hd, le débat, propre à France 3 Bretagne, le COM, de manière collective, prévoit la production de cinq documentaires supplémentaires de 52' par an, en plus de ce que produisent les chaînes, et la création en avril prochain d'un nouveau magazine culturel. Constitué de neuf émissions de 52' par an, il sera dédié à la production artistique bretonne. Le COM doit aussi donner plus de visibilité et de couverture aux événements sportifs fédérateurs et emblématiques en Bretagne et mieux coordonner l'offre de programmes en langue bretonne.

Menée par France Télévisions, une étude de faisabilité d'une chaîne ADSL-fibre de plein exercice est aussi au programme des trois ans à venir.

Un territoire pour mieux rebondir

« Un COM élargi est un outil formidable pour structurer la filière audiovisuelle bretonne et avoir un effet de levier et d'ouverture vers une plus grande variété de projets, comme les magazines et la fiction, alors que le tropisme régional va d'abord au documentaire », reconnaît le producteur Jean-François Le Corre, fondateur de Vivement Lundi !, une des trente sociétés de production TV et cinéma installées en Bretagne. Spécialisée dans l'animation et le documentaire, la société a notamment produit le court-métrage historique Sous tes Doigts, nommé aux César 2016, et la série jeunesse Dimitri pour France 5. « Là où il faut faire attention néanmoins, c'est de ne pas se laisser enfermer dans un modèle de production low-cost ou autarcique, uniquement tourné vers le fait régional. Les sociétés doivent conserver leur capacité à vivre et développer des projets pour le national voire l'international, sans devenir dépendantes des aides régionales. »

Du côté du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui apporte des aides publiques aux œuvres audiovisuelles, le COM breton est considéré comme une initiative exemplaire. Bientôt déclinée ailleurs ?

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