En Bretagne, comment les entreprises des TIC défrichent-elles les besoins du monde agricole ?

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Toutes filières cofondues, l'économie agricole est en pleine transformation numérique et, face à ces solutions innovantes destinées à leur faciliter la tâche, les agriculteurs font plutôt figure « d'early adopters ».
Toutes filières cofondues, l'économie agricole est en pleine transformation numérique et, face à ces solutions innovantes destinées à leur faciliter la tâche, les agriculteurs font plutôt figure « d'early adopters ». (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le numérique est partout, y compris dans l'agriculture et le secteur agro-alimentaire. Applications dédiées, objets connectés, réalité virtuelle, cloud, big data... les nouvelles technologies numériques investissent l'étable, les champs ou les usines. En Bretagne, croisement des filières rime avec compétitivité.

Avec l'application Qualilait mise au point par Khéris, les smartphones et les tablettes descendent dans l'étable et dans les poulaillers. Cette société informatique de Chateaulin (Finistère), spécialisée dans l'édition de solutions métiers et de progiciels pour l'agriculture et l'agro-alimentaire, permet à un éleveur de contrôler la qualité de sa production de lait en saisissant les données directement depuis l'étable sur un téléphone portable. Traitées ensuite sur ordinateur, elles aident à détecter une éventuelle contamination voire à engager un plan d'action.

Khéris, qui a aussi dupliqué son application pour l'élevage de volailles, fait partie de ces acteurs des TIC qui ouvrent le monde agricole sur de nouvelles pratiques.

Croisement de filières

Toutes filières cofondues, l'économie agricole est en pleine transformation numérique et, face à ces solutions innovantes destinées à leur faciliter la tâche, les agriculteurs font plutôt figure « d'early adopters ». Ce dont se félicite l'agence Bretagne Développement Innovation (BDI), chargée de la mise en œuvre de la stratégie économique bretonne pour la période 2013-2020. Nommée Glaz Economie, celle-ci s'est notamment fixé comme enjeu d'organiser le croisement des filières d'excellence, et notamment la rencontre des filières agricoles et des technologies de l'information et de la communication (TIC).

"La Bretagne est la première région agricole et agro-alimentaire française et également le deuxième pôle français en matière de technologies de l'information et de la communication (TIC). Ces deux filières doivent s'enrichir mutuellement afin de dynamiser le territoire breton", explique BDI.

Avec la Meito, l'agence pilote à cet effet un programme régional baptisé AgrETIC, en partenariat avec la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne et le pôle de compétitivité agroalimentaire Valorial.

Initié il y a quatre ans, AgrETIC  met en relation le monde de l'agriculture et les entreprises innovantes du numérique et en recherche de nouveaux marchés.

De la connexion haut débit aux économies d'énergie

En septembre dernier, quatre entreprises et jeunes pousses ont ainsi pu présenter leurs technologies pour la première fois au  Space, le salon international des productions animales de Rennes.

Filiale du groupe Orange, Nordnet a mis en avant son système de connexion internet haut-débit par satellite et tiré un bilan positif d'une  expérimentation d'agriculture connectée menée entre octobre 2014 et octobre 2015. 21 exploitations pilotes ont pu tester gratuitement ce système qui permet aux exploitations agricoles situées dans les zones blanches de rester connectées, de télétransmettre leurs déclarations PAC et Naissances d'Animaux ou d'effectuer leur comptabilité.

« Les exploitants déclarent que l'Internet à haut débit est devenu indispensable dans le cadre de leur profession, et l'utilisent en moyenne plus de quatre heures par jour », fait ainsi valoir Nordnet.

20% d'économies sans investissement majeur

Outre les lunettes intelligentes et le capteur tank à lait exposés par l'entreprise rennaise Sénoé, spécialisée dans la gestion de systèmes d'information, les agriculteurs et exposants du Space ont aussi pu en savoir plus sur les économies d'énergie. Avec son logiciel cloud d'analyse de la performance énergétique, la jeune pousse  Energiency, également basée à Rennes, permet à un opérateur de visualiser en direct la consommation d'énergie de ses machines et les économies possibles ou réalisées. Un site peut ainsi réaliser jusqu'à 20 % d'économies sans investissement majeur.

Associant big data et apprentissage automatique (machine learning), la technologie d'analyse prédictive d'Energiency a notamment été testée par Triballat, une société laitière qui lui a permis de valider ses fonctionnalités.

« L'agriculture se numérise pour gagner en compétitivité. Les exploitations sont aussi concernées par les économies d'énergie, qu'il s'agisse d'électricité, de froid, de carburant estime Arnaud Legrand, président d'Energiency. C'est un nouveau segment de marché pour nous. »

Entre monde agricole et entreprises innovantes, le courant passe. Les entreprises du numérique et des TIC, alliées à la dynamique R&D du territoire breton, pourraient contribuer demain au rebond de l'ensemble d'une filière alimentaire fortement fragilisée.

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