French Tech Rennes Saint-Malo : bien installée dans son bâtiment Totem

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(Crédits : DR)
C’est au Mabilay, lieu emblématique rennais, que la French Tech Rennes Saint-Malo a élu domicile. Inauguré vendredi soir, ce bâtiment Totem abrite sur trois niveaux, un « Startup Hotel », des espaces de coworking et des bureaux locatifs pour les sociétés en devenir. Complémentaire de l’action de la Cambuzz à Saint-Malo, ce « nid de l’innovation » doit servir les ambitions du territoire dans le domaine du numérique.

Vendredi en fin d'après-midi, le Mabilay, le bâtiment totem où s'est installée la French Tech Rennes Saint-Malo avait des allures de ruche. Et pour cause, c'est avec l'esprit d'effervescence, de mixité et de croisement revendiqué par le mouvement French Tech, que le tout Rennes de l'entrepreneuriat et des collectivités s'est massé pour inaugurer les locaux de l'association. Un an après l'obtention de la labellisation, et dix mois après sa création, la French Tech Rennes Saint-Malo, forte de 165 sociétés membres, dispose d'une équipe au complet (six salariés), d'un budget de plus de 950.000 euros en 2016, et d'un bâtiment de 2.100 m2 comme point d'ancrage.

Fusée à trois étages

Symbole de l'écosystème rennais des télécoms et des réseaux, cet ancien immeuble de France Télécoms, superbement rénové, et situé à deux pas d'une future ligne 2 du métro annoncée comme digitale et connectée, offre aux développeurs et aux jeunes entreprises -telle une « fusée à trois étages » -, trois niveaux aux fonctions distinctes : incubation au premier, co-working au deuxième étage, accélération au troisième. 200 événements par an (ateliers, conférences, pitch) y seront organisés ou hébergés. L'environnement, ouvert et modulable, se veut favorable et propice aux rencontres entre ingénieurs, graphistes, créatifs, juristes. Le Startup Hotel fait le plein et héberge, pour deux ans renouvelables, huit jeunes pousses en croissance, dont la place de marché de billets Kelbillet, Energiency (smart grid), l'agence de réalité virtuelle Une Jolie Idée et Mobizel (services mobiles).

1.000 emplois nets créés par an

Porté par Rennes Métropole et l'agglomération de Saint-Malo, avec l'Union européenne, l'État et la Région en appui, le Mabilay représente un investissement de 5.750.000 euros. Mais, au-delà de la vitrine high-tech, Rennes Métropole et ses partenaires ont réaffirmé l'ambition de la French Tech Rennes Saint-Malo :  faire du territoire un « accélérateur de startups de rang mondial ».

« Cet écosystème agile est conçu par et pour les entreprises, il sera efficace, car il y a des résultats qui sont visés », a rappelé Emmanuel Couet, le président de Rennes Métropole. En fédérant les acteurs pour le développement du numérique, en accompagnant les startups, en aidant à la transformation digitale des sociétés et à l'internationalisation des entreprises du numérique, la French Tech Rennes Saint-Malo vise la création de 1.000 emplois nets par an durant 10 ans. Contre 600 actuellement. 240 jeunes entreprises ont déjà été recensées localement à Rennes, et sur l'axe Rennes-Saint-Malo, le numérique représente quelque 28.000 emplois.

Les deux agglomérations sont complémentaires avec un profil d'entreprises un peu plus liées à la vente sur le bassin malouin. « On sent des preuves de l'attractivité du territoire, analyse Stanislas Hintzy, directeur général de la French Tech Rennes Saint-Malo. Environ une startup par mois vient s'y installer. »

Croisement des filières et Breizh Tech

Qui dit emploi, dit compétitivité : les ambitions du territoire sont claires. « Le digital doit innerver toutes nos filières économiques, et permettre le rebond des secteurs traditionnels », estime Emmanuel Couet, qui, d'ici à 2020, anticipe un changement d'échelle de Rennes avec l'arrivée de la LGV et l'émergence du quartier d'affaires EuroRennes notamment. Porte d'entrée vers la Bretagne, la métropole rennaise travaillera de concert avec l'autre French Tech bretonne qui unit Brest, Lannion, Quimper et Morlaix.

« La French Tech, c'est aussi une bataille d'image. La Bretagne est la seule région avec une double labellisation, s'est félicité Loïg Chesnais-Girard, vice-président de la Région en charge de  l'économie et de l'innovation, qui parle même de Breizh Tech. Montrer notre réussite, c'est gagner des marchés et, au final, des emplois. »

Relais de croissance indispensable, l'ouverture à l'international est même une des grandes priorités régionales. La première semaine d'avril, Emmanuel Couet et Claude Renoult, son homologue de Saint-Malo, se rendront à Québec, avec une trentaine d'entreprises pour promouvoir le savoir-faire numérique du territoire. Lieu d'infusion de la révolution numérique, la French Tech Rennes Saint-Malo se voit aussi comme une marque de conquête. Avec Saint-Malo, dont le nom est plus connu à l'étranger que celui de Rennes, comme porte-étendard ?

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