La mue architecturale de Rennes (4/4) : quartier de l'Octroi, des architectes en liberté

 |   |  572  mots
A l'Octroi, l'habitat sera mixte, associant logements sociaux, accession sociale et accession libre, et divers. (Dessin présentant un projet pour l'îlot de l'Octroi à Rennes.)
A l'Octroi, l'habitat sera mixte, associant logements sociaux, accession sociale et accession libre, et divers. (Dessin présentant un projet pour l'îlot de l'Octroi à Rennes.) (Crédits : Vincent Cornu / Ville de Rennes)
[ Série d'été ] Engagée dans un certain nombre de grands projets structurants (nouvelle gare et LGV, 2e ligne de métro...), Rennes Métropole poursuit, à cette occasion, sa tradition d'une politique d'innovation architecturale, entamée dans les années 1970 - et dans la controverse, avec les tours Les Horizons de George Maillols. La Tribune a sélectionné quatre chantiers emblématiques de ce renouvellement urbain porté par des architectes français et internationaux. Aujourd'hui, l'aménagement de l'îlot de l'Octroi, sur lequel, selon une procédure inédite, planchent cinq équipes concurrentes.

En écho au Cap Mail de Jean Nouvel, cet immeuble de grand standing, bâti en forme de proue de navire sur les bords de la Vilaine et livré en 2015, voici un autre projet majeur d'aménagement de la ville de Rennes et qui verra le jour d'ici à 2020. A la pointe ouest du mail François-Mitterrand et non loin du Mabilay (l'immeuble de Louis Arretche qui abrite les locaux de la French Tech Rennes Saint-Malo), l'îlot de l'Octroi marque le point de confluence de l'Ille et de la Vilaine. Pour en dessiner le futur visage, la ville a fait appel à cinq équipes d'architectes de renommée internationale. La consultation porte sur 135 logements, répartis en deux programmes, mais, à terme, les berges accueilleront 175 logements et 1.000 m2 d'activités. Une "tour signal" est incluse dans le programme ainsi que la rénovation du bâtiment ancien de l'octroi et la remise en état d'un hangar. Les agences Aires Mateus (Lisbonne), LIN (Berlin, Paris), MVRDV (Rotterdam), Vergely (Lyon, Lausanne) et Zucchi (Milan) ont rendu leur copie en juillet. Le choix de la ville est attendu pour la rentrée, en vue d'un démarrage des opérations fin 2017.

Consultation inédite et inversée

Pour Rennes, qui s'inspire de projets comme "Réinventer Paris", la procédure est inédite. Dans le cadre d'une vente à construire, la constitution des groupements qui ont participé à la consultation a été confiée aux architectes plutôt qu'aux promoteurs. Chaque groupement a ainsi été composé d'un architecte rennais, d'un promoteur, auxquels ont été associés l'ensemble des compétences techniques et de la maîtrise d'ouvrage. Aires Mateus, qui vient de livrer le nouveau Centre de création contemporaine de Tours, s'est par exemple associé à Desaleux-Soares (architectes, Rennes) et Kaufmann&Broad ; LIN, qui planche en parallèle sur la métropole Aix-Marseille-Provence, a travaillé avec Paul-Éric Schirr-Bonnans (architecte, Rennes) et le promoteur Ataraxia.

"Pour cette opération sur un site exceptionnel, on a inversé la méthode de travail, et ce sont les architectes qui ont cherché leur promoteur. Ce lieu emblématique étend le centre-ville, nous y avons des ambitions architecturales supérieures souligne Sébastien Sémeril, premier adjoint à l'urbanisme. Les formes urbaines, la qualité architecturale sont essentielles, car elles permettent aux habitants de mieux accepter la densité de l'habitat."

Habitat mixte et résidence d'artistes

A l'Octroi, l'habitat sera mixte, associant logements sociaux, accession sociale et accession libre, et divers. Le futur quartier, où la circulation sera réduite, proposera des maisons et des immeubles, ainsi que des équipements publics et des commerces. L'ancien bâtiment de l'Octroi servira de lieu de résidence à des artistes, et le hangar abritera un café-théâtre. Quant à la tour signal de 9 ou 10 étages (30 mètres), elle sera visible de loin, tel un repère pour ceux qui arrivent du nord de la Bretagne.

Il faut considérer l'architecture comme un élément qui façonne la ville, ajoute l'élu. Donner la liberté à un architecte pour signifier une nouvelle forme d'urbanité, c'est bâtir le patrimoine de demain."

Régulée et encadrée, la « métamorphose douce » de Rennes va bon train. Mais à coups de paris architecturaux et de gros investissements.  Ce ne sont pas moins de 2 milliards d'euros que la métropole investit sur 5 ans dans les équipements, les logements (30 millions d'euros) et dans sa stratégie de mixité sociale.

Pascale Paoli-Lebailly

@pplmedia35

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :