Mesure des courants océaniques : e-Odyn exploite les données de géolocalisation des navires

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En calculant en temps réel les courants marins de surface à partir des données de géolocalisation AIS (Automatic Identification System) transmises par les navires (100.000 points de mesure environ), sa solution technologique vient compléter les moyens conventionnels comme l'altimétrie spatiale. Les navires se caractérisent par des traits de lumière et fournissent un instantané unique de la dynamique des océans.
En calculant en temps réel les courants marins de surface à partir des données de géolocalisation AIS (Automatic Identification System) transmises par les navires (100.000 points de mesure environ), sa solution technologique vient compléter les moyens conventionnels comme l'altimétrie spatiale. Les navires se caractérisent par des traits de lumière et fournissent un instantané unique de la dynamique des océans. (Crédits : Reuters)
Qualifié de « révolution numérique fondé sur le big data maritime », l'algorithme développé par la jeune pousse brestoise e-Odyn permet de mesurer les courants de surface des océans avec plus de précision que les calculs de satellite. Du sauvetage en mer à la surveillance des opérations de forage, ces données ont une valeur pour les industriels comme pour les instituts de recherche. Demain, c'est le vent et la houle qu'e-Odyn veut mesurer en temps réel.

C'est une technologie de rupture, que Yann Guichoux compare volontiers à l'apport de l'IRM en matière d'imagerie médicale. Pour cet ingénieur, président de la startup brestoise e-Odyn, l'algorithme que sa société a développé « rend visible, l'invisible » comme le montre l'image du Gulf Stream, au large des côtes américaines, qu'elle vient de publier sur son site. En calculant en temps réel les courants marins de surface à partir des données de géolocalisation AIS (Automatic Identification System) transmises par les navires (100.000 points de mesure environ), sa solution technologique vient compléter les moyens conventionnels comme l'altimétrie spatiale. Les navires se caractérisent par des traits de lumière et fournissent un instantané unique de la dynamique des océans.

« Les observations par satellite mesurent seulement les creux et les bosses des océans. e-Odyn est aujourd'hui la seule société capable de fournir à ses clients des données de courant marins de surface en temps réel à l'échelle d'un bassin océanique", fait valoir Yann Guichoux.

Le co-fondateur de la jeune pousse créée en 2015 et spécialisée en océanographie opérationnelle et analyse de données massives ajoute :

"Notre technologie rend ainsi la circulation océanique visible et quantifiable sur toutes les mers du globe simultanément. En enrichissant aussi la connaissance sur ces courants, nos données permettront de mieux cerner certains mécanismes liés au réchauffement climatique.»

Course au large et industrie offshore

Mixant technologies marines et big data, l'innovation est prometteuse. Et ouvre des perspectives dans divers domaines comme le sauvetage en mer, l'analyse du climat, le transport maritime, la lutte anti-pollution.

Pour Yann Guichoux, « le numérique apporte quelque chose de totalement inédit. Dans l'industrie pétrolière offshore par exemple, une meilleure connaissance des courants de surface à l'origine d'accidents peut réduire les risques opérationnels tels que les retards de production ou les pollutions accidentelles. Dans le Golfe du Mexique, ces courants sont très perturbants. »

De même, optimiser la route des navires de course au large grâce aux courants permettrait des économies d'énergie de 1% à 3%.

Les investisseurs ne s'y trompent pas. Forte de premières collaborations et analyses de données avec l'Ifremer, l'ESA (European Space Agency), CMA-CGM et Airbus Defence and Space, la startup e-Odyn est parvenue à lever 300.000 euros auprès de Nestadio Capital et de Force29 (Crédit Agricole Finistère). Avec 300.000 euros supplémentaires accordés par BPI, l'entreprise dispose d'un capital d'investissement de 600.000 euros.

Future plate-forme de commercialisation

L'été dernier, e-Odyn a lancé un démonstrateur. Elle  mettra en ligne ce mois-ci une plate-forme d'observation en temps réel, et librement accessible, des courants dans le canal de Sicile, près de l'île de Lampedusa.

Avec une capacité financière accrue, la startup va aussi pouvoir développer ses applications et finaliser sa future plate-forme de commercialisation de données de courants, annoncée d'ici à six mois. La startup e-Odyn, qui commence à prospecter le marché européen et au-delà, travaille aussi sur de nouveaux services. Via la même technique, elle s'intéresse à la mesure du vent et de la houle en temps réel.

Soutenue depuis sa création par le technopole Brest-Iroise, la région Bretagne et l'incubateur Télécom Bretagne / IMT Atlantique de Brest, la jeune entreprise emploiera cinq personnes à la fin 2017 et vise un chiffre d'affaires proche de 500.000 euros, 1 million d'euros à trois ans. Dès cette année, elle va participer aux programmes du Village By CA de Brest et anticipe une deuxième levée de fonds en 2019.

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