Reiñ Lusk, pilote unique des aéroports de Brest et Quimper

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(Crédits : DR)
En accordant la concession des deux aéroports de Brest et Quimper au consortium Rein Lusk porté par la CCIM Brest, la région Bretagne a préféré une solution bretonne à celle du groupe Vinci. Objectif : sauver Quimper et faire croître Brest.

Un seul et unique opérateur pour les deux plates-formes à partir de 2017 et une solution bretonne jusqu'en 2036 : en accordant l'exploitation des aéroports de Brest Bretagne, le 1er en Bretagne, et de Quimper Cornouaille à Reiñ Lusk, le Conseil régional de Bretagne fait d'une pierre deux coups. Au terme d'un appel d'offres dans lequel Vinci Airports, exploitant sortant du site de Quimper, était aussi en lice, il a préféré la  proposition jugée « ambitieuse » du consortium porté par la Chambre de commerce et d'industrie métropolitaine de Brest (CCIMB), qui était déjà aux commandes de l'aéroport de Brest. Par cet engagement de long terme, Reiñ Lusk, dont le nom  en breton signifie donner de l'élan, promet de pérenniser les deux sites et de mettre en oeuvre les complémentarités. Pour sauver Quimper, l'union était quasi indispensable, dit-on en Finistère.

« Ce choix est une marque de confiance apportée par la Région Bretagne qui reconnaît les qualités de gestionnaire de grands équipements publics de la CCI métropolitaine de Brest et sa capacité à évoluer et à innover, s'est félicité le président de la CCI, Frank Bellion, dans un communiqué. Le groupement de professionnels qu'elle a constitué pour répondre à l'appel d'offres est en effet peut-être unique en France. »

Plus de 1,5 million de passagers par an sur Brest

Le consortium associe les trois CCI finistériennes (Brest, Morlaix, Quimper),  aux groupes industriels Aéroport de Lyon Management & Services et Egis, Transdev, aux établissements bancaires  Crédit Agricole du Finistère et Crédit Mutuel Arkéa, et aux acteurs publics locaux Brest Aim et Quimper Evénements. Avec ses partenaires, la CCIMB prévoit un investissement total de 46 M€. D'emblée, elle s'inscrit dans les objectifs fixés par la Région : une augmentation de la capacité envisagée pour l'aéroport de Brest, avec un dépassement du seuil des 1,5 million de passagers par an, soit  1,1 million à horizon 2017, plus de 2 millions en 2036.

A Quimper la donne est différente. Sauver l'aéroport, c'est d'abord stabiliser son trafic passager. Pour le nouvel opérateur, la feuille de route est moins exigeante, mais l'équation n'est pas si simple en raison de la menace venue du rail.

« Il faut tenir compte de l'effet LGV » admet le Conseil régional.

A partir du 1er juillet prochain, Quimper se trouvera à 3h31 en train de Paris, soit 45 minutes de mieux qu'aujourd'hui.

Maintien a minima de la ligne Quimper-Paris

En termes de chiffres, la Région joue la prudence et le réalisme avec un objectif de 87.000 passagers en 2017, soit moins qu'en 2015. Et pour 2036, seulement 152.000 passagers : c'est, peu ou prou, l'objectif qui avait été fixé à Vinci lorsque le groupe avait remporté l'appel d'offres pour la gestion de l'aéroport en 2009.

« Le contrat engage le consortium dans la pérennisation et le développement de Quimper avec, au minimum, le maintien de la ligne vers Paris, nécessaire au développement local et à l'attractivité de la Cornouaille », précise le Conseil régional.

Alors que les liaisons estivales vers Londres et Figari ont plutôt bien fonctionné cet été, le point noir vient de cette unique liaison régulière, assurée par Hop !, la filiale low cost d'Air France.

Accueil des passagers et outils numériques

Pour la CCIMB, qui se regroupera d'ici à la fin de l'année avec les deux autres CCI finistériennes sous la dénomination CCI métropolitaine Bretagne Ouest, cela sonne comme un défi. En remportant cet appel d'offres, elle entend d'ailleurs confirmer « son rôle central d'acteur économique au service du territoire. »

Si le consortium est attendu sur la  mise en œuvre de synergies et une recherche de mutualisation entre les deux aéroports, le contrat signé avec la Région se présente plus largement comme une réponse à une somme d'objectifs économiques (développement et aménagement du territoire, mobilité), sociaux et environnementaux. Dans son projet, Reiñ Lusk a notamment prévu de montrer une attention particulière à l'accueil des passagers, et à son amélioration via des outils numériques innovants. Le consortium entend aussi apporter une plus-value au développement des activités extra aéronautiques et à la valorisation des disponibilités foncières, sur Brest et autour de l'aéroport.

« L'exploitation des deux concessions aéroportuaires de Brest et de Quimper s'effectuera par la société ABO (Aéroports de Bretagne ouest) et par sa filiale quimpéroise dont les différents partenaires seront actionnaires » précise la CCIMB.

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Rennes : 350.000 passagers depuis le début 2016

Avec l'annonce du lancement cet hiver d'une nouvelle ligne vers Londres-Gatwick, opérée par Vueling, qui assure déjà depuis 2013, 6 vols hebdomadaires vers Barcelone, l'aéroport de Rennes confirme son ouverture à l'international. La plate-forme, qui dessert toute l'année 120 destinations dont 25 (12 en France) en vols directs, a d'ailleurs battu en juillet des records de trafic  avec plus de 75.000 passagers mensuels. C'est 24,1% de mieux qu'en juillet 2015. Suite à  l'ouverture de six nouvelles lignes aériennes, le trafic a augmenté de 17,8% depuis le début de l'année. Plus de 358 623 passagers ont été accueillis, soit un gain de 50.000 passagers par rapport à 2015. C'est le plus haut niveau de trafic jamais enregistré par l'aéroport. Le trafic vers l'Europe (hors France) s'envole, enregistrant une croissance record de 37,7% depuis le début 2016. Madrid, Amsterdam et Rome en sont les principaux pôles d'attraction.

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Commentaires
a écrit le 06/10/2016 à 11:16 :
Sur le site de l'aéroport de Quimper aujourd'hui, 3 vols au départ et 3 autres à l'arrivée. Quel est le coût des frais fixes pour six vols par jour??? Avec l'aéroport de Brest situé à moins de 100km, c'est sûr il faut maintenir son activité!
a écrit le 06/10/2016 à 11:11 :
Brest-Quimper, 72 kms selon Viamichelin. Quel est l'intérêt de maintenir deux aéroports en activité si proches l'un de l'autre? Soit l'art de scinder les moyens et perdre en efficacité.
a écrit le 06/10/2016 à 10:21 :
On sait que l'économie aérienne stagne voir régresse, quel est l'intérêt d'acheter un aéroport ? Avoir son mot à dire au sein des institutions locales ? Un atout diplomatique ?

L'économie est donc si incertaine que les investissement touchent des secteurs qui prospéraient il y a 10 ans ?

Si des sociétés françaises achètent des aéroports c'est seulement pour ne pas tous les voir partir aux mains des investisseurs étrangers qui eux ont des intérêts politiques réels à cela ?

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