La mue architecturale de Rennes (2/4) : un conservatoire design en plein quartier populaire

 |   |  631  mots
Déjà, sur le papier, l'ébauche du projet imaginé par le cabinet d'architectes nantais Tetrarc met en avant un style épuré mais imposant. Incontestablement, le futur Conservatoire à rayonnement régional de Rennes (CRR) doit « faire repère ».
Déjà, sur le papier, l'ébauche du projet imaginé par le cabinet d'architectes nantais Tetrarc met en avant un style épuré mais imposant. Incontestablement, le futur Conservatoire à rayonnement régional de Rennes (CRR) doit « faire repère ». (Crédits : Tetrarc)
[ Série d'été ] Engagée dans un certain nombre de grands projets structurants (nouvelle gare et LGV, 2e ligne de métro...), Rennes Métropole poursuit, à cette occasion, sa tradition d'une politique d'innovation architecturale, entamée dans les années 1970 - et dans la controverse, avec les tours Les Horizons de George Maillols. La Tribune a sélectionné quatre chantiers emblématiques de ce renouvellement urbain porté par des architectes français et internationaux. Visite du futur conservatoire du Blosne.

Imaginez un édifice à plan carré d'environ 50 mètres de côté et haut de quatre étages. « Compact et unitaire », ce « volume franc » est « taillé dans une matière scintillante, luminescente le soir ». Mais lorsqu'on s'en approche, on s'aperçoit que le volume « presque cubique est entamé par des découpes en courbes qui lui donnent une élégance, une présence sculpturale que l'on reconnaît aux grands édifices culturels ».

Déjà, sur le papier, l'ébauche du projet imaginé par le cabinet d'architectes nantais Tetrarc met en avant un style épuré mais imposant. Incontestablement, le futur Conservatoire à rayonnement régional de Rennes (CRR) doit « faire repère ». Et quand Tétrarc ajoute que son « faux air de Philarmonie de Berlin dans le profil du toit crée une filiation sensible », l'on devine que cet ensemble du XXIe siècle, tout en courbes et en transparence, porte en lui une ambition.

Construit dans le quartier populaire du Blosne, au sud de Rennes, le bâtiment public de 4.400 m2 sera ouvert sur le quartier pour mieux démocratiser l'accès à la culture.

Espaces de partage et d'ouverture

En grande partie vitré, il laissera voir ce qui s'y déroule : la danse, la musique, le théâtre. Dans le hall, un café sera ouvert aux habitants et des salles de répétitions pourront être utilisées indépendamment du reste du lieu. L'auditorium de 300 places, habillé de panneaux de bois et de rideaux tissés épais permettant de modifier rapidement les caractéristiques acoustiques de la salle, pourra aussi accueillir une programmation extérieure.

« Notre bâtiment sera comme partagé en deux. Les deux premiers niveaux offrent au regard les espaces qu'ils contiennent: ce sont les espaces du partage, de l'ouverture et de la communication musicale. Au-dessus, tout est plus réservé et discret, recentré sur l'étude » explique  Tetrarc, mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre également composé de Grontmij-Isateg, du cabinet Lemonnier, de Soderef Développement, de l'Atelier Rouch et Architecture et Technique. Cette association de professionnels a été sélectionnée parmi quatre autres équipes candidates.

Mixité sociale

Approuvé fin mai par le conseil municipal, le projet de Tetrarc entrera au deuxième trimestre 2018 dans sa phase de construction pour un achèvement mi-2020. 
Son budget total s'élève à 19,8 millions d'euros dont 14,2 millions d'euros pour les travaux et 2,3 millions d'euros pour les honoraires de maîtrise d'œuvre. Des aides financières ont été demandées à l'État, à la Région Bretagne et à l'Agence nationale de renouvellement urbain (ANRU). Le budget est contraint car, pour limiter les dépenses, la Ville a décidé que seule une partie des enseignements soit 600 élèves sur 1.100 seront localisées sur ce site. Le reste continuera en centre-ville.

Pour autant, malgré la limitation financière, ce projet a su « largement répondre à la commande de la Ville » assure la municipalité. « Cet équipement majeur de la place de Zagreb donnera une nouvelle identité au quartier » souligne Sébastien Sémeril, 1er adjoint en charge de l'urbanisme. Dans ce quartier très cubique et rectiligne en pleine requalification, ce projet, dont le toit en courbe doit apporter de la douceur, « est la pierre angulaire de la nouvelle reconfiguration urbaine du quartier », ajoutent les architectes.

En devenant le bâtiment phare du Blosne, le futur conservatoire signale qu'à Rennes, où le prix moyen au m2 s'élève à 3.800 euros, le motif architectural a aussi une valeur de mixité sociale. « Qu'il s'agisse de bâtiments publics ou de logements à prix modérés en ville, l'architecture est un levier de la mutation de la ville, elle permet de redonner de la fierté aux habitants. Maîtriser la ville dans son développement, c'est éviter d'en faire une machine à exclure », estime Sébastien Sémeril.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/08/2016 à 15:28 :
Encore un bon ex. de pompage ! :)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :