Transformation numérique de l'entreprise  : le CES dessine le croisement des filières

 |   |  869  mots
Dans le domaine des nouveaux usages à destination des particuliers, La Poste innove avec le bouton connecté Domino, qui sera expérimenté sur une zone pilote au premier semestre. Complémentaire de Colissimo, ce service permet aux particuliers de déposer n'importe quel objet dans leur boîte aux lettres pourvue d'un Domino. Le facteur récupère l'objet, l'emballe et l'expédie.
Dans le domaine des nouveaux usages à destination des particuliers, La Poste innove avec le bouton connecté Domino, qui sera expérimenté sur une zone pilote au premier semestre. Complémentaire de Colissimo, ce service permet aux particuliers de déposer n'importe quel objet dans leur boîte aux lettres pourvue d'un Domino. Le facteur récupère l'objet, l'emballe et l'expédie. (Crédits : Niji)
Maison connectée, services ciblés, art de vivre à l'ère numérique, cybersécurité : le CES de la Vegas met en avant de nouvelles technologies pour un usage grand public. Il s'ouvre aussi de plus en plus à un univers de services logiciels et matériels qui dessine le futur de la transformation numérique des entreprises.

L'électronique grand public, comme les machines à laver dernier cri, les frigos connectés et transparents, les casques de réalité virtuelle ou les téléviseurs en ultra HD premium, font toujours le show au CES de Las Vegas. Mais cet événement mondial de la high-tech, qui se tient en janvier, se transforme un peu plus chaque année, en grand marché du numérique, alors qu'apparaît tout un univers de services logiciels et  matériels qui intéressent au premier plan les entreprises.

Habitué des allées du CES, Hugues Meili, président de Niji, société rennaise de conseil, de design et de technologies, a constaté cette année que « si les nouveaux usages restent tournés vers l'individu, leur mise en œuvre passe d'abord par les entreprises. Dans des domaines comme l'assurance, l'immobilier, l'énergie, la santé, les transports, le monde du B to B va servir de révélateur à ce potentiel d'usages. »

En clair, la transformation de l'entreprise passe par un renouvellement des modèles économiques et une gestion différente du couple produit/service. En s'emparant de cet inventaire de technologies, de ces objets, les entreprises vont pouvoir les agencer, les coordonner et déboucher à terme sur la création de services de bout en bout, fluides et adaptés à leur clientèle.

L'IOT au service de l'assurance, des transports, de l'énergie

« C'est toute une stratégie que le numérique oblige à remettre à plat.  En quoi les objets connectés, censés améliorer le bien-être, la santé, l'accompagnement, peuvent par exemple intéresser le secteur de l'assurance, de la prévoyance et des mutuelles ? Parce que, désormais, l'univers des services aux personnes, la gestion des risques d'accidents corporels doit s'envisager de manière différente » ajoute Hugues Meili, dont l'entreprise (CA +40 M€ prévu en 2016, 450 salariés), est active dans des secteurs comme la banque, les transports, l'énergie.

Il n'est donc plus étonnant de croiser au CES, à côté des Samsung, Netflix et LG, une marque, dite de la vieille économie, comme BNP Parisbas Real Estate (immobilier d'entreprise). Avec La Poste, acteur en pointe sur la filière IoT (objets connectés), Legrand (installations électriques), Atol les Opticiens, la mutuelle Malakoff Médéric et 15 jeunes entreprises innovantes, elle a participé au programme « French IoT » pour présenter, de façon immersive, sa vision de l'immeuble de demain (smart building), de la maison connectée (smart home). Les innovations technologiques présentées par ses partenaires seront connectées au Hub numérique de La Poste et qui permet de piloter et d'interconnecter entre eux les objets connectés et les services de proximité.

Dans le domaine des nouveaux usages à destination des particuliers, La Poste innove avec le bouton connecté Domino, qui sera expérimenté sur une zone pilote au premier semestre. Complémentaire de Colissimo, ce service permet aux particuliers de déposer n'importe quel objet dans leur boîte aux lettres pourvue d'un Domino. Le facteur récupère l'objet, l'emballe et l'expédie.

Sur le plan de l'énergie, le numérique promet de changer le quotidien des utilisateurs en maximisant leur confort et en répondant aux enjeux énergétiques  et climatiques de demain. Associé au Big Data, et aux enjeux de ville durable et de réseaux intelligents, il permet déjà d'améliorer la performance des bâtiments mais entre aussi dans la maison et le bureau connectés. Le groupe énergétique Engie, qui a investi quelque 20 M€ dans sept startups, a présenté plusieurs innovations à Las Vegas, dont le robot purificateur d'air Diya One et un thermostat intelligent.

Go to market et plates-formes de connectivité

« La question qui se pose aujourd'hui aux entreprises, c'est ce qu'elles peuvent faire de cette transformation numérique qui fonde les modèles économiques sur la notion d'usage estime Hugues Meili. Les entreprises n'ont pas encore la réponse, alors elles investissent dans des technologies unitaires avec l'objectif de les transformer en services. La question du Go to Market est une cruciale, et ceux qui ne pourront pas investir devront se tourner vers des acteurs appartenant à d'autres secteurs. »

Comme avec le Hub numérique mis en place par La Poste, le CES 2016 a d'ailleurs révélé l'importance des plates-formes qui gèrent la partie connectivité. Pour les entreprises capables d'investir dans ces supports coûteux, un marché se dessine. Avec en toile de fond, la question de la création d'emplois durables, notamment dans l'industrie où la robotique prend de l'ampleur,  la transformation numérique de l'entreprise concerne tous les écosystèmes. La transformation de l'automobile vers un monde connecté sous-entend, par exemple, la servicialisation complète du secteur. Entre conduite autonome, services au conducteur, lunettes bluetooth anti-éblouissement, l'équipementier Valéo innove pour rester à la pointe.

« Amazon n'était pas présent sur le CES, mais omniprésent. Les pure-players du numérique commencent s'intéresser à cet écosystème de l'automobile connectée. Or qui dit voiture intelligente, dit ville intelligente, route intelligente. Tous les secteurs sont concernés, et cela va modifier les relations entre leurs acteurs. »

Le numérique, c'est tout un monde à réinventer. Plus vertical ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/01/2016 à 16:31 :
Il me semble qu'un humain normalement constitué doit arriver à gérer le contenu de son frigo sans avoir recours à des assistants; qu'il est également capable d'emballer un colis tout seul, de comprendre que son véhicule a besoin de passer en maintenance tous les 20 000 km, et de tout un tas d'autres choses incroyables, comme baisser les volets en plein été et de s'habiller léger et de boire frais, de conduire un vélo, une voiture, de piloter un avion.

Tous ces liens plus ou moins immatériels qu'on veut nous passer autour du cou au prétexte de nous aider me semblent plus ressortir de la cyber-persécution que du bons sens.
Le fait que ces "services" sont toujours payants en révèle la vrai nature: ce sont des moyens d'asservissement économique et de contrôle sociétal.

Big brother is watching my fridge !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :