Stilla fait entrer un laboratoire d'analyses biologiques... dans une puce

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Les gouttelettes de sang migrent naturellement dans les canaux bidimensionnels de la puce microfluidique mise au point par la jeune pousse. © Stilla
Les gouttelettes de sang migrent naturellement dans les canaux bidimensionnels de la puce microfluidique mise au point par la jeune pousse. © Stilla (Crédits : © Stilla)
Portée par le chercheur Rémi Dangla, la jeune start-up Stilla automatise et miniaturise les processus d'analyse biologique avec sa puce ''microfluidique''. Dépourvue d'électronique ou de système pneumatique, cette plate-forme diminue drastiquement les coûts d'analyse. Elle sera commercialisée dans les trois ans.

A elle seule, une simple goutte de sang transporte des milliards d'informations. Dans certains cas, il peut être vital d'y détecter et de caractériser rapidement la présence d'une bactérie mortelle ou d'un ADN cancéreux. D'où l'intérêt de la puce ''microfluidique'', conçue par deux chercheurs français spécialisés dans la mécanique des fluides. « Notre plate-forme d'analyse permet de produire entre 50 000 et 100 000 réactions chimiques simultanément afin de détecter d'infimes traces dans un échantillon », indique Rémi Dangla, un jeune polytechnicien actuellement post-doctorant au LadHyX (Laboratoire d'Hydrodynamique de l'École polytechnique), installé à Palaiseau (Essonne). Avec la complicité de son directeur de thèse, Charles Baroud, ce futur chef d'entreprise exploite les technologies développées dans le cadre de sa thèse consacrée, à l'origine, à la manipulation de gouttes dans des canaux bidimensionnels.

Jusqu'à 1 000 fois moins cher

Grande comme une carte de crédit, la puce microfluidique est conçue de sorte que, lorsqu'on y injecte une goutte de sang, elle se fragmente en des dizaines de milliers de gouttelettes. Point fort, ces dernières migrent naturellement au travers des micros canaux gravés dans la puce vers leurs lieux de stockage. Les gouttelettes sont ensuite passées au crible d'un lecteur dédié, de la taille d'un ordinateur, qui peut être pourvu d'un système d'analyse par spectrométrie, fluorescence ou luminance.
Destinée aux secteurs médical et agroalimentaire, la plate-forme d'analyse automatique permet ainsi d'observer et de détecter plus facilement et plus précisément les molécules ou bactéries recherchées. « En résumé, nous intégrons sur une même puce différents procédés qui sont en général séparés », fait valoir Rémi Dangla. Et ce, à des coûts jusqu'à 1 000 fois moins élevés que les techniques concurrentes, sachant notamment que la puce microfluidique ne contient pas d'éléments pneumatiques ou électroniques - à la différence de ses systèmes actuels.

Prix et subventions

Pour l'heure, la plate-forme d'analyse en est encore au stade académique. Il faudra attendre au moins trois ans pour qu'elle soit commercialisée. D'abord auprès des laboratoires de recherche en biologie ou en médecine puis, à plus long terme (10 ans), dans les hôpitaux et les laboratoires d'analyse...
Pour l'heure, les prix et subventions recueillis pour un montant de 300 000 euros devraient permettre aux deux chercheurs de l'X d'accélérer les développements afin de créer leur start-up sous le nom de Stilla Technologies ou de Stilla Diagnostics. Le choix n'est pas encore totalement arrêté.

 

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a écrit le 10/01/2013 à 5:22 :
S'il s'agit d'une puce destinee a l'analyse de sequence (ARN ADN), la microfluidique est tres presente ca fait au moins un an que j'ai vu des resultats de puce separant les chromosomes (bien plus precis que separer des cellules) fonctionnant par capillarite, et les options deja commercialisees pour ADN extrait existent comme Fluidigm etc... Mais vu le flou necessaire a un article de vulgarisation, il est possible que leur projet soit bien plus innovant que je ne le percois, et le reste a l'echeance de 3 ans. Le cout a plutot interet a etre extremement faible par echantillon, vu la chute de celui du sequencage, l'augmentation de sa vitesse et de son rendement en sequence (on est passe de la semaine a quelques jours voire heures), et les possibilites offertes pour multiplexer les echantillons/enrichir en ADN cible (WGS, RRL, Sequence Capture, etc...).
Réponse de le 17/01/2015 à 19:16 :
les syndicats devraient faire leur métier et arrêter de demander toujours plus. Les boîtes française delocalisent après on s'étonne et on pleure. mais c'est pas grave les roumains seront content de bosser pour le tiers de leurs salaire. mare dès syndicats dès Leupaon et autres qui ne pensent qu'à leurs intérêts mais absolument pas à ceux dès ouvriers. et si on aretait de réclamer et qu'on bossais .
a écrit le 10/01/2013 à 0:33 :
C'est une invention sublime , un superbe "travai" ; vivement qu'elle se démocratise et se répande rapidement dans tous les domaines.Je me vois bien dans quelques années analyser tout et n'importe quoi (salive ,sang ,nourriture ,eau ) via une "carte de crédit" connectée à mon ordinateur.Je rêve ; vite , Le Progrés......
a écrit le 09/01/2013 à 14:49 :
Attention, futurs riches en vue, faites mander goudron, plumes & taxes.
Réponse de le 09/01/2013 à 23:12 :
A moins de vite partir à l'étranger !
Réponse de le 19/01/2015 à 8:40 :
Encore faudrait il que le mode sans contact soit activé par défaut sur les cartes bancaires.

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