Grand Paris Express  : montée en puissance attendue

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Le Grand Paris Express constitue la base de la future métropole capitale
Le Grand Paris Express constitue la base de la future métropole capitale (Crédits : Décideurs en région)
Très attendue, la montée en puissance du méga projet de métro « Grand Paris Express » pourrait permettre de désenclaver certaines zones de la petite couronne francilienne qui en ont grand besoin.

Lancé le 4 juin dernier, à Clamart, où passera la nouvelle ligne 15 du métro, le chantier du « Grand Paris Express », qui doit doubler la longueur du métro parisien et s'étaler sur une grande partie de l'agglomération parisienne, est scruté. Avec 68 nouvelles gares et 200 kilomètres de lignes de métro en plus, GPE est, il faut dire, l'un des principaux projets d'investissement - plus de 25 milliards d'euros - en France.

On attend de ce « chantier du siècle » qu'il génère dans les quinze prochaines années 60 milliards d'euros de PIB supplémentaires à long terme pour la région Île-de-France, voire plus de 100 milliards d'euros selon des hypothèses plus optimistes de la société du Grand Paris (SGP), qui pilote le projet. De quoi augmenter à terme le PIB francilien de 10 à 15 points, et le PIB national de 3 à 5 points.

15.000 emplois mobilisés

Lors de la phase de conception du Grand Paris Express, 15.000 emplois pourraient ainsi être mobilisés, dont les deux tiers dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, et un tiers dans la réalisation du réseau. Pour financer ce projet, la société du Grand Paris s'appuiera sur des ressources propres provenant de la fiscalité.

Elle perçoit une partie des recettes de trois taxes franciliennes, pour un total de 500 millions d'euros par an : la taxe sur les surfaces de bureaux, locaux commerciaux, stockage et stationnement ; la taxe spéciale d'équipement (TSE) « Grand Paris », à laquelle les Franciliens contribuent ; et l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). Une fois ce réseau mis en service, la SGP percevra également des redevances, soit environ 200 millions d'euros par an. Le secteur privé pourrait aussi financer certaines gares si une part substantielle, si ce n'est totale, de leur activité dépendrait de l'arrivée d'une nouvelle ligne de métro à proximité.

Travers l'agglomération en un temps réduit

Bref, dans la période actuelle caractérisée par un chômage élevé et des investissements insuffisants par rapport aux attentes, ce méga projet insufflé par la puissance publique ne peut qu'attirer l'attention. Concrètement, il est prévu que la ligne 14 du métro qui ne va pour l'instant pas au-delà de Paris intramuros, soit prolongée de la gare Saint-Lazare à Saint-Denis-Pleyel au nord, et d'Olympiades (13e arrondissement) à l'aéroport d'Orly au sud.

Par ailleurs, quatre nouvelles lignes seront créées : la 15 et la 16 qui relieront Saint-Denis Pleyel et Noisy-Champs par deux pôles différents, mais aussi la ligne 17 qui s'étendra du Mesnil-Amelot à Saint-Denis Pleyel en passant par l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Enfin la ligne 18 reliera Orly à Versailles dans un premier temps, et à Nanterre après 2030. Les nombreuses ruptures de charge prévues devraient permettre aux franciliens vivants dans le périmètre du GPE, de traverser l'agglomération en un temps significativement réduit.

Une métropole plus égalitaire et compétitive

De la réussite de ce projet dépendra en fait le succès de la métropole du Grand Paris. En effet, le Grand Paris Express a été érigé en fondement de la future métropole. De la création des 68 nouvelles gares dépendront nombre de nouvelles opérations d'aménagement sur le territoire francilien. En outre, l'objectif de la métropole d'être à la fois plus égalitaire et en même temps plus compétitive au niveau international semble dans l'absolu inaccessible sans une amélioration significative du système de transports franciliens, permettant notamment de relier rapidement l'est et l'ouest et le nord et le sud de l'agglomération.

La nouvelle ligne 16 devrait dans ce cadre « jouer un rôle majeur dans le désenclavement des territoires de l'est de la métropole », indique-t-on à la Société du Grand Paris. Par exemple, à partir de 2024, les lignes 16 et 15 devraient permettre de se déplacer du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), situé au nord-est de Paris, à Créteil l'Echat (Val-de-Marne), dans le sud-est de la capitale, en seulement 31 minutes contre un peu plus d'une heure aujourd'hui. Le tout est d'espérer que le trafic sera au rendez-vous.

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a écrit le 16/09/2016 à 1:22 :
C'est beau de claquer 25 milliards en infrastructure, 2000 euros par habitant, + de 100 millions d'euros / km, hors dépassement bien sur, pour faire en métro dans 10 ans, ce que l'on pouvait faire il n'y a pas si longtemps en transport individuel, gratos pour le contribuable ! Et l'article nous dit que dans 10 ans ceci permettra de gagner du pib (celui perdu donc) : l'apothéose !
Réponse de le 20/09/2016 à 9:48 :
@Citoyen
"pour faire en métro dans 10 ans, ce que l'on pouvait faire il n'y a pas si longtemps en transport individuel, gratos pour le contribuable !"
Vous parlez du tout-bagnole sorti tout droit des années 70, dont TOUTES les grandes villes du monde s'éloignent à coups de péages urbains et piétonnisations de quartiers (Paris un peu moins, parce qu'à la moindre évolution, le beauf vient beugler contre les "ayatollahs verts socialo bobos archaïques" tout en se plaignant qu' "on ne peut pas interdire la voiture alors que les transports publics ne sont pas assez performants" tout en réclamant comme vous de geler les investissements et évolutions dans lesdits transports publics) ?

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