Grand Paris : l'est et l'ouest s'affrontent pour la présidence de la métropole

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Candidat à la présidence de la métropole du Grand Paris, Gilles Carrez souhaite une rééquilibrage à l'est de la région.
Candidat à la présidence de la métropole du Grand Paris, Gilles Carrez souhaite une "rééquilibrage à l'est" de la région. (Crédits : reuters.com)
La présidence de la métropole du Grand Paris va se jouer entre élus de la droite et du centre. Mais c'est en réalité les territoires de l'est et de l'ouest de la métropole qui vont s'affronter.

On y voit plus clair à un peu plus de deux semaines de l'élection du premier président de la métropole du Grand Paris, qui se tiendra le 22 janvier prochain. Il semble se dégager un duel entre les deux député-maires « LR » Patrick Ollier, élu à Reuil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine à l'ouest de Paris, et Gilles Carrez, maire de Perreux-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, à l'est de la capitale.

Des quatre candidats qui se sont plus ou moins directement déclarés, ils sont ceux qui ont les soutiens les plus importants : Nicolas Sarkozy pour le premier, et Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) pour le second. En cas de désistement de l'un ou de l'autre, deux candidats UDI sont en embuscade : le député-maire de la riche ville d'Issy-les-Moulineaux, André Santini, qui laisse pour l'instant son entourage parler pour lui, et le maire de Sceaux - au sud de Paris - Philippe Laurent, qui est pour sa part bien décidé à présider la métropole.

La métropole a basculé à droite en 2014

De son côté, la gauche ne présentera pas de candidat. Il faut dire que les dernières élections municipales de 2014 ont fait largement basculer la métropole - qui comprend Paris intramuros et 130 villes de la première couronne francilienne - à droite.
Ainsi, sur les 209 conseillers métropolitains qui désigneront leur président, environ 90 seront des élus du parti LR, 26 de l'UDI et un peu moins de 90 du bloc de gauche. Le parti de Nicolas Sarkozy est donc en position de force pour imposer l'un de ses candidats à la présidence de la métropole. D'autant que l'élection ne se fera pas au suffrage universel direct, et que la campagne électorale est donc quasi inexistante.

Les communes de l'est en quête de rééquilibrage

Concrètement, Patrick Ollier devrait être soutenu par une écrasante majorité des élus de droite des Hauts-de-Seine, qui sont nombreux, ce qui le place de fait en position de favori. Mais à l'est, Gilles Carrez pourrait toutefois bénéficier du soutien des maires de gauche qui le jugent capable de mettre en valeur les territoires de l'est et du nord de la métropole, moins riches qu'à l'ouest. « Notre région a besoin d'un rééquilibrage à l'est », expliquait ainsi Gilles Carrez au Parisien. Une incertitude plane toutefois autour de sa candidature : ira-t-il jusqu'au bout alors qu'il devra choisir en 2017 entre son poste de maire et de député, lui le "député technicien" reconnu par ses paires. Or, d'aucuns disent qu'il serait mal vu qu'un président de métropole ne soit pas en même temps maire d'une commune.

Si le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale venait à se désister, Philippe Laurent, qui à bonne réputation auprès des maires de la première couronne, tous bords confondus, pourrait se substituer à lui pour affronter un candidat de l'ouest. Président de la commission des Finances de l'association des maires de France, son profil est en fait assez similaire à celui de Gilles Carrez. Et comme son adversaire LR, il se prononce pour un rééquilibrage au sein de la métropole. Une de ses propositions vise à « réduire les inégalités entre les habitants du Grand Paris ». De quoi affirmer son positionnement pour le développement du nord et de l'est de la métropole.

Les intérêts d'Anne Hidalgo

L'élection des candidats de l'est dépendra aussi de l'intérêt des maires communistes et du Front de Gauche du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis pour ce scrutin, ainsi que du positionnement des élus LR de Paris, qui seront tout de même 19 à siéger au Conseil métropolitain.

Au total, 62 élus parisiens siégeront au conseil métropolitain. Le positionnement de la maire de la capitale Anne Hidalgo est donc scruté. Sur ce point, les tractations vont bon train. Alors qu'une première rumeur lui attribuait une alliance avec André Santini, il se dit désormais qu'elle aurait passé un accord avec Patrick Ollier, qui lui aurait promis la première vice-présidence de la métropole.

Une offre intéressante pour Anne Hidalgo qui a tout intérêt à être présente au sein des centres de décision pour cohabiter efficacement dans une métropole dont elle dirige le principal territoire (2,2 millions d'habitants sur 7 millions). D'autant qu'« avec la montée en puissance de la métropole, les transferts financiers entre territoires se feront, de fait, au détriment de Paris, qui va en outre perdre du pouvoir », explique un observateur avisé. On sait par exemple qu'à terme, la métropole pourra imposer sa vision aux villes en matière de logement et d'aménagement.

Horizon 2020

Mais l'on peut toutefois penser que d'ici à 2020, et les prochaines élections régionales, peu de choses concrètes se passeront du côté de la métropole. Celle-ci doit en effet monter tranquillement en puissance lors des prochaines années, que ce soit en matière de compétences, comme de moyens. Et la tenue en 2017 des élections présidentielles et législatives n'accélèrera certainement pas les choses...

C'est aussi pour cela que les poids lourds politiques se sont bien gardés de faire campagne pour la présidence de la métropole. Seule NKM a longtemps brigué le poste mais, en conflit avec Nicolas Sarkozy, elle s'est désistée au lendemain du second tour des élections régionales. Les poids lourds politiques attendent certainement le début de la prochaine décennie pour viser la présidence du Grand Paris, période à laquelle la métropole commencera à réellement influer sur le quotidien des sept millions d'habitants de Paris et de première couronne.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2016 à 8:32 :
aucun interet a un autre niveau on prend les meme et on recommence chacun se place s'en s'occupe particulierement de la region le nord en particulier 'transport,habitation....)et l'on est rtie pour des mois voir des annees de discution pendant ce temps les con tribuable paye mais ne voient rien venir

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