Grand Paris : le Medef veut préserver les entreprises de la guerre des élus

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Pour le Medef Ile-de-France, la sous dotation budgétaire dont est victime la Métropole du Grand Paris ne doit pas donner prétexte à de nouvelles taxes sur les entreprises
Pour le Medef Ile-de-France, la sous dotation budgétaire dont est victime la Métropole du Grand Paris ne doit pas donner prétexte à de nouvelles taxes sur les entreprises (Crédits : Décideurs en région)
Le Medef-Ile-de-France veut veiller à ce que les entreprises et les projet de grands travaux ne soient pas les perdants dans la potentielle bataille de la répartition des compétences que pourraient se livrer la Métropole du Grand Paris et la région Ile-de-France

Surtout ne pas mêler les entreprises au potentiel conflit qui va opposer la toute nouvelle présidente "Les Républicains "(LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse et ... le tout nouveau président de la métropole du Grand Paris (MGP), Patrick Ollier, LR également.

Tel est le crédo d'Eric Berger, le président du Medef Ile-de-France qui vient d'être élu. Son seul objectif: "défendre les entreprises et relancer l'attractivité de l'Ile-de-France pour développer l'emploi". Le Medef IDF est d'autant plus attentif à cette possible "guerre des élus" qu'il ne voudrait pas qu'elle vienne obscurcir ce qu'il appelle "le petit coin de ciel bleu" qui se lève sur la métropole en 2016. C'est en effet cette année que va réellement se lancer l'énorme chantier du Grand Paris Express, avec ses 200 kilomètres de nouvelles lignes et ses 68 nouvelles gares, prévu pour durer jusqu'en 2030. C'est en juillet que l'on connaîtra l'attribution des premiers appels d'offre. Une énorme bouffée d'air frais pour le secteur du BTP qui en a bien besoin.

Pour le Medef, donc, il ne faudrait surtout pas que les problèmes de répartition des compétences entre la MGP et la région Ile-de-France vienne ralentir ce projet... et d'autres favorables au développement . Quelles sont les données du problème?

Depuis le 1er janvier 2016, 131 communes forment la métropole:  Paris, toutes les communes de trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), six communes de l'Essonne et une du Val-d'Oise. Au total, la MGP rassemble 7 millions d'habitants.

La MGP aura à  terme en charge les questions liées au logement, au développement économique, à la protection de l'environnement. Elle sera aussi compétente pour l'aménagement du territoire.

 Une coquille vide?

Reste que, pour l'instant, la MGP fait davantage penser à une coquille quasi vide. Car ce n'est pas avant le 1er janvier 2017 qu'elle pourra commencer à statuer en matière d'aménagement du territoire et de logement. Et elle ne disposera pas de l'intégralité de ses compétences avant 2020. Reste aussi que la cohabitation avec la région Île-de-France - qui garde la compétence des transports - s'annonce difficile.

Surtout que, à peine élue en décembre à la tête de la région, Valérie Pécresse (LR) a réaffirmé son hostilité à la création de la MGP. Pour elle, la MGP et la région Île-de-France ne font qu'une, il est donc aberrant que des territoires de la région restent en dehors de la MGP. Elle compte s'appuyer sur la loi "Nouvelle organisation territoriale de la République" NOTRe, qui donne aux régions la totalité des compétences économiques.

De quoi entrer en choc frontal avec la MGP...

"je ne le crois pas, affirme Eric Berger, Valérie Pécresse et Patrick Ollier ont affirmé vouloir travailler ensemble. En outre, Valérie Pécresse ne peut pas revenir  sur le schéma de développement économique de la région, signé par son prédécesseur Jean-Paul Huchon et qui donnait un certain nombre de compétences à la MGP. Laissons aux politiques le soin de régler la question du périmètre. Nous, nous veillerons surtout à ce que les problèmes liés au tourisme , aux transports, etc. soient réglés".

Pour Eric Berger, qui a rendez-vous la semaine prochaine avec Valérie Pécresse afin d'aborder toutes ces questions, la métropole du grand Paris, telle qu'elle existe, a été voulue par le législateur, "il convient donc de respecter le suffrage universel, même si à titre personnel je crois qu'il faudrait mieux une métropole au niveau de l'ensemble de l'Île-de-France, ce serait plus cohérent".

Peur de nouvelles taxes sur les entreprises

Par exemple, ce qui agace le président du Medef Ile-de-France c'est que Anne Hidalgo, la maire de Paris, puisse décider seule de fermer à la circulation les voies sur berges de la Seine de la rive droite de Paris "et ainsi couper le trafic entre les Hauts-de-Seine à l'Ouest et le Val-de-Marne à l'Est, alors que le 92, Paris et le 94 font partie de la même métropole, c'est aberrant".

Un dernier point pose problème, souligné par le Medef Ile-de-France. A ce stade, la MGP ne dispose que d'un budget annuel de fonctionnement de 65 millions d'euros, alors que grâce à des transferts de compétences, elle va gérer environ 3 milliards de dépenses d'équipements... Comment faire avec un budget de fonctionnement aussi faible. "Ceci nous inquiète, avance Eric Berger, il ne faudrait pas que cette sous dotation soit le prétexte à la création de nouvelles taxes pesant sur les entreprises. Nous serons très vigilants."

Vigilance certes, mais le Medef Île-de-France regrette aussi que  la "voix" des acteurs économiques au sein de la MGP soit aussi peu audible, du fait de la sous représentation des organisations professionnelle dans les instances consultatives. Un point que le Medef veut aussi voir évoluer.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2016 à 11:17 :
Le Grand Paris!!!
Une coquille vide,qui va encore aggravée,l'essor économique,car pour obtenir un consensus ,la lenteur légendaire des politiques,va s'étaler au grand jour.
Nous en avons un exemple avec cette ville du val d'Oise Argenteuil,qui a déjà été rejetée par les membres de son territoire T5!!!
Il faut dire aussi ,que cette ville rattachée d'autorité par le préfet,présente un endettement catastrophe financière,pour les autres villes de ce territoire,qui n'ont aucune envie de combler le déficit dont Ils ne sont pas les auteurs;
Voila un cas pratique,vérifiable et qui démontre que ce schéma n'est pas le mieux adapté,ce qui peut expliquer la position négative de la Région.
a écrit le 03/02/2016 à 9:49 :
Elles ne risquent absolument rien les entreprises, ça fait belle lurette que les politiciens n'ont absolument aucune conséquence sur le fonctionnement de ces premières.

C'est seulement que le MEDEF doit montrer de temps en temps qu'ils ne sont pas là que pour diriger l'économie française... Vu la banqueroute actuelle de notre économie, on comprend qu'ils ne veulent pas assumer.

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