Île-de-France  : Valérie Pécresse veut reprendre la main sur l'emploi

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La région Île-de-France va signer une convention avec Pôle emploi
La région Île-de-France va signer une convention avec Pôle emploi (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse (LR) souhaite restructurer les dispositifs de formation et d'alternance proposés par la région. Une manière aussi de se réapproprier des compétences que la région a laissé ces dernières années à Pôle emploi.

Il est temps que la région reprenne sa position en matière de politique de formation et d'apprentissage afin de redynamiser l'emploi en Île-de-France, notamment pour les jeunes. Tel est en substance le message de Valérie Pécresse (LR) donné ce mardi lors d'une conférence. Elle y a présenté ses projets pour l'emploi et la formation des jeunes qu'elle soumettra au conseil régional en séance plénière cette semaine. Son but affiché : prendre la main sur la compétence "emploi" que la région possède certes en partie par le biais de la formation, de l'apprentissage et du développement économique, mais qui est principalement détenue par l'Etat. Première mesure allant dans ce sens : la région Île-de-France va signer une convention avec Pôle emploi afin notamment de récupérer la compétence sur la formation individuelle des demandeurs d'emploi, qu'elle avait déléguée depuis plusieurs années à l'organisme public.

Diviser par deux le temps de réponse aux chômeurs

Cette convention devrait aussi intégrer des mesures visant à permettre un retour à l'emploi plus rapide des Franciliens, soit concrètement en « divisant par deux le temps de réponse de pôle emploi aux chômeurs », explique Jérôme Chartier, premier vice-président à la région Île-de-France. Par ailleurs, Valérie Pécresse ne cache pas son envie d'élargir à terme le spectre de la région en matière d'emploi : « nous aimerions avoir la compétence de la mise en relation des demandeurs d'emploi avec les acteurs des territoires », avoue-t-elle.

L'ancienne ministre du Budget note d'ailleurs que le Premier ministre Manuel Valls lui a dans ce cadre prêté une oreille attentive lors d'une entrevue récente. Il faut dire que l'exécutif a ouvertement affiché son désir de donner aux régions françaises les moyens de concurrencer leurs homologues européennes, à la surface financière plus importante. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que l'Etat va entamer des discussions avec les présidents de région à la fin du mois sur la « régionalisation » de Pôle emploi.

Doubler le nombre d'apprentis avant le bac

En tant que présidente de la région la plus riche du pays, Valérie Pécresse souhaite donc surfer sur cette tendance pour reprendre la main sur l'emploi. Elle proposera d'adopter cette semaine en conseil régional plusieurs délibérations sur le thème de la formation, de l'apprentissage et de l'emploi, des compétences pour lesquelles la région dédie environ 700 millions d'euros par an sur son budget de 5 milliards d'euros. « Nous souhaitons être plus actifs dans le cadre des compétences territoriales », indique Valérie Pécresse.

Elle compte par exemple accroître le nombre de formations en apprentissage avant le bac pour les jeunes d'environ 32.000 aujourd'hui à 60.000 d'ici la fin de la mandature. La présidente de la région compte aussi augmenter le nombre total d'apprentis à 100.000 d'ici la fin de sa mandature, et promet un grand plan pour créer 100.000 nouveaux stages, « un tremplin indispensable pour les jeunes cherchant un emploi et une obligation dans de nombreux parcours de formation », juge-t-elle. Et d'ajouter que « l'objectif est de stopper le cercle vicieux suivant : pas de stage, pas de diplôme, pas d'expérience professionnelle, pas d'embauche ». Le public visé ira du certificat d'aptitude profesionnelle (CAP) au BAC + 5.

Conditionner les subventions

Pour financer ce plan, la nouvelle équipe à la tête de la région compte « conditionner l'octroi des 2 milliards d'euros de subventions annuelles versées par la région aux collectivités locales, aux associations et aux entreprises du privé, au recrutement d'au moins un jeune en stage, en apprentissage ou en formation ». Les exigences de la région dépendront du montant de subvention demandé par la personne morale. Ainsi « si celui-ci est inférieur à 23.000 euros, il sera demandé à la personne morale d'accueillir un stagiaire », détaille Valérie Pécresse. Et si le montant demandé est supérieur, une convention sera signé avec la région définissant le type de contrat et le nombre de jeunes engagés. Par ailleurs, pour inciter les patrons à prendre des apprentis, « la région soutiendra les 100 premières entreprises qui le feront », indique Valérie Pécresse.

Une cellule pour éviter les délocalisation

Enfin, pour éviter les délocalisations des entreprises d'Île-de-France, « une cellule dédiée va être créée au sein du Conseil régional », ajoute Jérôme Chartier, premier vice-président de la région. Elle fera jouer ses réseaux pour convaincre les chefs d'entreprise de maintenir leur activité dans la région capitale. Et si tel n'était pas le cas, la cellule régionale fera tout « pour les personnes victimes d'un plan de sauvegarde de l'emploi soi protégées le mieux possible », ajoute-t-il. Elle prendra notamment des mesures pour la formation et un retour rapide vers l'emploi des personnes licenciées.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2016 à 4:47 :
Une bataille pas comme les autres : un homme n'est vraiment
un homme que s'il est libre. Il n'est libre que si il travaille !
Ce qu'il faut, c'est empêcher les "responsables" de cette
destruction par le chomâge, de dormir ou de poursuivre
lâchement leurs petites sieste bien pensantes.
Mme PECRESSE, l'important n'est pas ce que vous êtes mais
ce que vous offrez de concret avec autant de crédit et ensuite
le promouvoir pour le reste des régions qui n'ont pas le même
portefeuille en raison de "l'égalité et de la fraternité" républicaine.
a écrit le 19/02/2016 à 15:32 :
Depuis plus de trente ans que l'on sait à quel point les stages se sont substitués aux emplois réels, voici que Valérie Pécresse compte les promouvoir. Réduire par 2 le temps de réponse de pôle emploi vers les chômeurs ? Mais c'est la formation de ses salariés et la restructuration de ce barnum qu'il faudrait envisager. Bref, quelques pansements, usagés de surcroît, que l'on nomme "mesures", pour justifier ce qui n'est jamais qu'un carriérisme bon teint. Faut-il que l'on soit si bête pour ne pas prendre la peine de le dissimuler, même un peu ?
a écrit le 18/02/2016 à 15:23 :
Des personnalités parfois se révèlent en prenant un poste de commandement. Les nouvelles régions vont certainement offrir quand elles auront acquis un régime d'autonomie financière, le poste de la présidence de la République. Les régions deviendront le bon niveau de préparation. La mairie de Paris, maintenant, s'y prête déjà.
a écrit le 17/02/2016 à 15:42 :
"pour éviter les délocalisation" délocalisationS
a écrit le 17/02/2016 à 10:54 :
Voila plus de 30 ans,que d'anciens cadres,regroupés dans des associations de bénévoles,agissaient pour valoriser l'emploi,quel-qu’il soit,alternance comprise,et cela pendant plus de 15 ans sous l’égide du ministère de l'Industrie.
Depuis toutes ces bonnes volontés sans adossement significatif,le dernier en date étant les CCi,qui ont réduit elles aussi les interventions,végètent!!!et ne sont même plus présent au salon Entreprendre;
Alors quand plus de 5000 compétences sont ainsi isolées,il ne faut pas attendre,des solutions efficaces.
a écrit le 17/02/2016 à 10:45 :
Il faut ne faut pas se demander pourquoi les chômeurs ont du mal a trouver un emploi quand les recruteurs en sont toujours restés aux critères de sélection du XXème siècle. Un recruteur souhaite avant tout quelqu'un de "motivé". Je connais des personnes très motivées, mais incompétentes. Il faudrait que les DRH mettent en priorité les compétences avant la motivation, car si on est compétent, on est forcément motivé par son travail. J'ai travaillé pendant des années dans une société internationale qui avait une méthode de management moderne américaine, en totale contradiction avec le management français. Je suis donc aujourd'hui disqualifié d'entrée pour un recrutement en France car je suis adapté à une méthode de travail incompatible.
Réponse de le 17/02/2016 à 13:41 :
Entièrement d'accord .
Réponse de le 17/02/2016 à 21:50 :
Vous avez découvert l'efficacité dans le sens rationnel ?
a écrit le 17/02/2016 à 10:05 :
BTP, travail à temps partiel et formation, voilà les trois idées rincées que les politiciens nous proposent et imposent tous les 6 mois depuis 20 ans et nous sommes passés de 1 million à 5 millions de chômeurs, bravo les gars ! Et les filles donc...
a écrit le 16/02/2016 à 20:40 :
Si on pouvais faire baisser la délinquance aussi !!!
a écrit le 16/02/2016 à 18:45 :
C'est une bonne idée que les régions se réapproprient la formation.
Pour une formation de qualité, il y en a bien 10 de pipeau. En local, il est assez facile de savoir quels sont les bonnes , et les autres.
J'ai pu tester ça pendant une de mes période de chômage.

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