Languedoc-Roussillon : les 30 PME les plus innovantes

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Zéro chimie, zéro solvant, zéro polluant : c'est la définition des actifs huileux biocertifiés mis au point par Oléos, une start-up hébergée à l'incubateur Via Innova de Lunel (Hérault) basée sur une technique d'avant-garde d'éco-extractions huileuses intensifiées sous micro-ondes et ultrasons. Elle figure parmi les 30 PME les plus innovantes de Languedoc-Roussillon © Oléos
Zéro chimie, zéro solvant, zéro polluant : c'est la définition des actifs huileux biocertifiés mis au point par Oléos, une start-up hébergée à l'incubateur Via Innova de Lunel (Hérault) basée sur une technique d'avant-garde d'éco-extractions huileuses intensifiées sous micro-ondes et ultrasons. Elle figure parmi les 30 PME les plus innovantes de Languedoc-Roussillon © Oléos (Crédits : Oléos)
Faute d'un véritable passé industriel structuré et d'une orientation sectorielle forte, le Languedoc-Roussillon cultive la matière grise, se projette dans les technologies de l'information et de la communication, les sciences du vivant (santé, agronomie, environnement) et les énergies renouvelables. Ce travail sur l'industrie de l'intelligence semble la seule alternative crédible pour créer un développement économique dans une région qui ne manque pas d'atouts, avec ses PME, ses laboratoires publics de recherche (agronomie, santé) et ses universités, mais minée économiquement par le chômage (13,7 %) et la pauvreté de certains quartiers ou vallées.

En matière d'innovation, l'année 2012 a été fructueuse. Les financements publics et privés distribués avec le soutien d'Oseo (outil de financement de l'innovation et de la croissance des PME) ont progressé de 14 %, illustration de la vitalité du tissu économique régional en dépit d'un contexte général dégradé. « Nous sommes dans une dynamique de développement de l'innovation, davantage que dans la plupart des autres régions », indique Françoise Guétron-Gouazé, directrice régionale d'Oseo. « Nous avons accéléré dans le prolongement de la stratégie de Lisbonne sur l'économie de l'intelligence. Nous avons mis en place des systèmes d'accompagnement, de type « pépinières », pour favoriser l'émergence de ces nouvelles entreprises. Et nous travaillons par filière complète », souligne Anne-Yvonne Le Dain. La députée de l'Hérault et vice-présidente de la Région en charge de la recherche et de l'innovation s'est lancée dans une croisade dont l'objectif est de faire grossir les belles petites pépites régionales. « C'est une logique de rupture technologique, pour casser l'ordre établi. Il faut être capable d'envahir rapidement le marché mondial. Et pour cela, il faut des fonds propres. Sinon, les entreprises s'adaptent et finissent par se dimensionner à hauteur de leur capital », confirme Christophe Carniel, président de Transferts LR, qui encourage les transferts de technologie. Le PDG et fondateur de Nétia - revendue depuis à Orange - espère qu'un jour l'une de ces belles affaires dépassera le stade d'ETI (Entreprise de taille intermédiaire) pour devenir une major mondiale et ainsi créer des milliers d'emplois. En 2013, de nouveaux outils entrent également en jeu. La société d'accélération de transferts de technologies, AxLR, mise sur pied l'an dernier, travaille sur 58 fiches d'intention issues de 28 laboratoires. La nouvelle Banque publique d'investissement pourrait répondre aux besoins de financement. Enfin, la Région espère décrocher l'implantation de l'Agence nationale de la biodiversité, ce qui lui permettrait de doper sa prometteuse filière des biotechnologies.
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PREDICT SERVICES, LA MONTEE DES EAUX ANTICIPEE
Quand il pleut fort sur les berges, les ingénieurs de Predict services sont sur le pont, 24 heures sur 24, pour interpréter en temps réel les signaux collectés par tous les moyens modernes d'évaluation des précipitations : radars météo et satellites. Et préconiser des solutions. Les informations capitales sur la montée des eaux sont transmises aux élus, chefs d'entreprise et services de l'Etat pour éclairer l'action. Pluies verglaçantes, déferlantes, intempéries sont autant d'opportunités opérationnelles. Ce souci de la prévention est enfant de la grande catastrophe de septembre 2002. Malgré les moyens modernes, personne n'avait anticipé le scénario des terribles inondations dans le Gard, l'Hérault, le Vaucluse. Predict services a été créée quatre ans plus tard, portée par BRL, actionnaire à égalité avec les stratégiques Astrium-EADS et Météo France. Un septennat plus tard, la société a acquis une expertise mondialement reconnue grâce à l'optimisation des outils de pointe qu'elle a à sa disposition. « Nous sommes les seuls à pouvoir utiliser les deux technologies croisées de nos deux actionnaires Astrium-EADS et Météo France. Astrium nous permet de calculer en temps réel le cumul des pluies au kilomètre près et de prévoir la hauteur de la lame d'eau sur un bassin versant », explique Alix Roumagnac, le PDG et concepteur de Predict. Son groupe boucle actuellement la modélisation topographique de 20000 communes de France (sur 36000). Predict vient également de signer un contrat avec le GAN, après avoir finalisé avec Groupama et Générali, dont les adhérents bénéficient des alertes de Predict. SAS au capital de 300000 euros, Predict emploie 20 personnes, tous ingénieurs. Prestataire pour 20000 collectivités, elle a bouclé l'exercice 2012 avec un chiffre d'affaires à 2,8 M? et une prévision à + 25 % pour 2013. La société s'engage aujourd'hui dans un programme de coopération avec les Antilles et la Guyane sur les risques de tsunami et de houle cyclonique. Une expertise acquise après avoir supervisé les risques en Haïti et bouclé le plan anti-submersion de Saint-Tropez et de Fréjus, deux communes qui redoutent le raz-de-marée de Méditerranée.

EQUIPHORIA, LA CAVALERIE THERAPEUTIQUE
Au domaine de Combo Besso de La Canourgue (Lozère), les huit chevaux sont de parfaits auxiliaires médicaux pour soigner et faire progresser les handicapés. C'est Equiphoria, formule thérapeutique unique en France, qui rassemble une équipe pluridisciplinaire (psychomotricien, neuropsychologue, kinésithérapeute) autour de patients qui viennent en stage ou en séance sur prescription médicale. Ce projet thérapeutique ambitieux a été mis en place en 2012 par Hélène Viruega et Erik Bogros. « J'ai dix ans d'expérience dans l'équithérapie aux Etats-Unis. C'est quelque chose qui marche », argumente Héléne Viruega qui prévoit une montée en puissance de la structure à partir de 2013 avec une vingtaine de chevaux soignants.

SYMETRIE, LA CHOREGRAPHIE DES ROBOTS
Les mouvements coordonnées de l'hexapode, un robot à multivérins, composent chez Symétrie de Nîmes (3 M?, 20 emplois) une grande chorégraphie scientifique. Ils peuvent inlassablement répéter le mouvement de la houle pour aguerrir, en laboratoire, les marins ou les sous-mariniers. La recherche (12 % de R&D) depuis 2002 a permis les réglages les plus fins pour des robots toujours plus impressionnants, désormais assemblés dans un nouvel atelier construit comme un gymnase avec un plafond à 9 mètres. Ou bien fignolés en salle blanche sous vide, pour de nouveaux marchés à développer dans le domaine de l'optique, les synchrotrons, les accélérateurs de particules. Astrium-EADS, DCNS, CEA , Ifremer, font partie des clients avec la perspective, en 2013, de doubler le CA à l'export.

TEADS, LES NANOPAIEMENTS SPONSORISES
L'entreprise Teads, créée en 2011, propose le produit « Get Content », un logiciel de nano-paiement sponsorisé, la solution miracle pour monétiser la consul-tation des contenus sur le web via l'insertion de pub vidéo que l'in-ternaute doit visualiser. Le sys-tème permet de contourner l'écueil des micro-paiements sur le net. « Personne ne sort sa carte bancaire pour 50 centimes sur le net », s'exclame Loïc Soubeyrand, co-fondateur à Montpellier de cette phénoménale réussite qui salarie une quarantaine de per-sonnes. La start-up prévoit de tri-pler son chiffre d'affaires après avoir épinglé de grands quotidiens comme Le Monde, Le Figaro, ou encore le New York Times.

PYRESCOM, LES DEFIBRILATEURS LUI TIENNENT A COEUR
Pyrescom, PME créée il y a 29 ans par Robert Guichet, a connu un fort développement à la mise en route des 35 heures en fournissant des pointeuses électroniques. L'entreprise est aujourd'hui leader européen pour la conception et la fabrication de support pour défibrillateurs en accès public, une campagne d'équipements initiée par le Conseil général des Pyrénées-Orientales. Pyrescom emploie 46 personnes et son chiffre d'affaires (7,19 M? en 2012) est en progression constante depuis dix ans avec une présence significative à l'export sur les marchés espagnol et algérien. En attendant d'attaquer le continent nord-américain en 2013...

HEXIS, LES FILMS EN VERSION ADHESIVE
La société Hexis, à Frontignan, s'apprête à déposer une demande de brevet conjoint avec la SNCF. il s'agit d'une fine pellicule d'adhésif de 25 microns destinée à protéger les wagons tgv soumis à forte abrasion par les poussières de l'air lorsque le train circule à très grande vitesse. Cette fine pellicule sera directement incluse dans le vernis. A terme, ce nouveau produit est appelé à habiller les empennages d'avion, les coques de bateaux, les carrosseries de voitures ou de camions, comme une protection supplémentaire. avant cette découverte, Hexis a sans cesse développé et mis sur le marché de nouveaux produits à base de films adhésifs, de protection contre les uv, les agressions, y compris contre les microbes (hexis health). Hexis, créée en 1989 par michel mateu, affiche une santé de fer : 67 m? de chiffre d'affaires en 2012 (59 m? en 2011) avec 40 % à l'export à destination d'une cinquantaine de pays.

ECA HYTEC ROBOTICS, ROBOTS EN PLONGEE A FUKUSHIMA
Dans quelques jours, un sous-marin équipé de caméras robotisées et de capteurs radiologiques, sorti des ateliers Hytec à Montpellier, va explorer les fonds marins proches de Fukushima. Il s'agit de déterminer précisément le degré de radioactivité des sédiments. L'équipe de Montpellier (37 personnes), qui fait aujourd'hui partie intégrante d'Eca Robotics, va fournir des solutions robotiques pour explorer les piscines de l'ancienne centrale nucléaire japonaise. Dans le même temps, deux robots sous-marins de type H800-300 guident la mise en place, au centimètre près, des monumentales portes du projet Mose, qui doit protéger Venise de la montée des eaux. Aujourd'hui, le savoir-faire du laboratoire de recherche et de production créé en 1981 par Jean-Jacques Promé, est mondialement reconnu. En moins de cinq ans, le volume d'activité du centre de Montpellier a doublé.

« On peut estimer que la R&D représente chez nous plus de 10 % de l'activité. Nous sommes dans un secteur où le stimuli technique est permanent. Il faut constamment intégrer les avancées technologiques », explique Pierre Emmanuel Gaillard, directeur du centre de Montpellier, à la pointe en matière d'exploration robotisée pour l'offshore pétrolier, le nucléaire, l'assainissement et les milieux hostiles. Les engins sans pilote, en totale autonomie, sont capables de progresser et de dévisager l'environnement aussi bien sur terre que sous les mers, même si les plus importantes commandes concernent toujours les sous-marins d'observation. Eca Hytec doit livrer cette année sept sous-marins de type H300 (plongée jusqu'à 300 mètres) à la marine nationale de l'Inde. Hytec, qui a rejoint le groupe Eca Robotics en 2008 lors d'une fusion, s'était fait connaître en 1987 lors de l'exploration de l'épave du Titanic. Un engin conçu et construit à Montpellier avait accom-pagné le Nautilus lors de la grande plongée d'exploration.

ECOBIOTIC, LA CAPSULE MIRACLE POUR L'AGROALIMENTAIRE
Cette très jeune société, créée en 2012 à Castelnaudary (Aude), portée par deux entrepreneurs seniors, va révolutionner la conservation des produits agroalimentaires. Le système déjà breveté promet une protection par la diffusion lente et régulière d'un principe actif, grâce à une capsule à très fine membrane. Le produit fini, actuellement en test chez plusieurs professionnels du marché viticole, sera commercialisé fin 2013. Marc Bonneau, l'inventeur de la capsule active, et Michel Degré, le président d'Ecobiotic, escomptent un chiffre d'affaires de 3 M? d'ici trois ans, avec la création d'une dizaine d'emplois. Leur atelier est en cours d'installation à Castelnaudary, au c?ur du plus grand vignoble du monde.

PHOTOCONTROL, SUR LA PISTE DES MYCOTOXINES
Le laboratoire Phytocontrol, créé en 2006 à Nîmes (Gard), n'en finit pas de croître. La PME vient d'ouvrir un bureau à Casablanca, au Maroc, et s'apprête à s'installer dans de nouveaux locaux. Phytocontrol est aujourd'hui considéré comme le laboratoire français leader sur le marché de l'analyse des contaminants, les mycotoxines (champignons microscopiques), les pesticides, les métaux lourds. Phytocontrol analyse les végétaux, les animaux, dans les domaines de l'alimentation, de la pharmacie et de la cosmétique. La société emploie 60 personnes, dont 45 à Nîmes. Elle attend d'un jour à l'autre l'officialisation de son agrément pour pister les OGM dans la chaîne alimentaire.

FRANCE RESILLE, DE LA DENTELLE AVEC LA TÔLE
Dans l'atelier France Résille de la petite ville du Malzieu (Lozère), les ouvriers font de la dentelle avec de la tôle pour habiller le nouveau stand lingerie des Galeries Lafayette, à Paris. Cette très jeune entreprise, dirigée par Michel Couderc, impose son savoir-faire dans le domaine de la résille. Il s'agit de la découpe industrielle à jet d'eau pour réaliser des habillages de façades ou de la décoration d'intérieur en thermolaqué. Une technique qui permet toutes les audaces de couleur et dont les architectes contemporains raffolent. Créée par un couple d'anciens salariés d'une entreprise de menuiserie, France Résille emploie déjà 8 personnes dans un contexte d'euphorie commerciale, neuf mois seulement après sa création.

DEINOVE, LA DEUXIEME GENERATION DU BIOTHENOL
Les bactéries « deinocoques » sont au travail au centre de recherche Deinove de Clapiers au nord de Montpellier (Hérault)... Il s'agit de boucler avant l'été la phase 3 du programme Deinol avant la préindutrialisation par le partenaire investisseur Terios. Deinol est un ambitieux programme de recherche (21,24 M? dont 8,9 M? d'Oseo) sur le bioéthanol de deuxième génération produit à partir de la dégradation de la biomasse non nutritive (paille, son...) . Trente chercheurs travaillent sur ce programme qui va révolutionner les biocarburants avec une industrialisation attendue à partir de 2015. Deinove vient aussi de lancer un programme de recherche sur de nouveaux antibiotiques via la création d'une nouvelle filiale (Deinobiotics SAS) en s'appuyant sur l'expertise initiale de ses chercheurs, qui s'installeront bientôt au centre Cap Sigma de Montpellier.

FONTALVIE, LA BONNE SANTE HAUT DE GAMME
Win Age ouvrira ses portes début 2014 dans le quartier Odysseum de Montpellier (Hérault). Cet établissement hors du commun, imaginé par le docteur Jacques Desplan, s'adresse aussi bien à des patients atteints de maladies chroniques (obésité, cholestérol etc.) qu'à des bien portants désireux de bien vieillir. Le pneumologue de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a révolutionné le secteur en créant les cliniques du souffle et en remettant à l'exercice physique des asthmatiques. Pour Win Age, l'investissement consenti par le groupe Fontalvie est conséquent : 13 M?. Win Age est aussi considéré comme le numéro 1 d'une longue série d'établissements à construire, tant le concept novateur répond à une forte demande du bien vivre. Des partenaires sont déjà en piste pour faire de même à Lyon, Toulouse et Bordeaux. En attendant le développement à l'international.

TECHNILIUM UNE PME EN LUMIERE
D'ici quelques semaines, la façade mythique du Musée d'art moderne de New York bénéficiera d'une mise en lumière de Technilum, société phare dans l'éclairage public. L'an dernier à la même époque, elle illuminait la porte de Jaffa de Jérusalem. Le projet doit se prolonger par une deuxième tranche d'équipement au c?ur même de la vieille ville. L'entreprise du domaine de Lézigno à Béziers (7,4 M? de CA en 2012, 45 emplois) révolutionne depuis dix ans les techniques de l'éclairage, le design et la fabrication des lampadaires, jouant l'acier contre l'aluminium. Le meilleur est à venir avec les lampadaires intelligents qui serviront de support à l'information dans le c?ur même des villes.

SDTECH, LES LETTRES DE NOBLESSE DES MICROPARTICULES
Les fondateurs de SDtech à Alès (Gard) sont en route pour une vraie success story. ils sont devenus en moins de dix ans les spécialistes français des microparticules. ce créneau industriel exclusif de poudres ultrafines est décliné sous toutes les formes, du fard à paupières de l'oréal au ciment de Lafarge, des principes actifs pour Arkopharma à la gomme des pneus de Michelin. Les fondateurs, Jalil Benabdillah (PDG) et Aziz Aït Ameur (DG) sont ingénieurs en sciences des matériaux, docteurs en sciences et technologies des poudres. ils ont créé SDtech en 2006. Leurs nouveaux clients, basés principalement en france (80 %), se nomment Glaxo, Pierre Fabre, Rhodia, Royal Canin... La progression de leur chiffre d'affaires est explosive?: + 50 % chaque année depuis trois exercices (l'objectif est d'atteindre 1,8 m? en 2013). SDtech emploie 20 personnes pour réussir à « cuisiner les microparticules », dont 50 % sont ingénieurs ou docteurs.

INTRASENSE, A L'HEURE DU DEFI AMERICAIN
Intrasense, spécialiste des solutions logiciel de lecture de l'imagerie médicale, avance simultanément sur deux fronts: l'Asie et l'Amérique du Nord. La firme, fondée en 2004 à la pépinière Cap Omega de Montpellier (Hérault), s'installera avant l'été sur la côte Est des Etats-Unis. Boston, selon toute vraisemblance, voire Philadelphie ou New York après que le module Myrian® a été récemment retenu dans quinze hôpitaux et cliniques américaines. Cette solution d'interprétation des radios, scanners ou IRM équipe déjà 400 centres médicaux répartis dans 40 pays.


« Ouvrir un bureau outre-Atlantique est la seule solution pour investir le marché nord-américain, qui réclame une grande réactivité et une disponibilité totale pour répondre aux demandes des praticiens tout en assurant une maintenance et un conseil en temps réel, explique Stéphane Chemouny, le PDG et cofondateur d'Intrasense, qui prévoit d'installer une demi-douzaine de personnes aux Etats-Unis. Nous avons aussi de nombreux projets de recherche clinique avec différents services hospitaliers américains. » Pour investir le marché mondial, Intrasense a fait le pari de miser sur la forte croissance du parc des appareils à IRM, notamment dans les pays émergents. C'est ce qui lui permet aujourd'hui de renforcer singulièrement sa présence sur le front asiatique avec des implantations complémentaires au Japon, en Inde et en Malaisie. Intrasense lance deux nouvelles solutions dédiées au cancer du sein et de la prostate. L'entreprise qui emploie actuellement 63 personnes dont 50 à Montpellier, attend beaucoup de la transposition de son savoir-faire dans le domaine des essais cliniques. Intrasense espère la rentabilité en 2014 après un chiffre d'affaires en forte hausse (+ 58 %) au premier semestre 2012 (2,5 millions d'euros en 2011). Cotée à Paris sur le marché Alternext, Intrasense a levé 5,5 millions d'euros de fonds en deux fois pour financer d'importants investissements en R&D. A noter que la société a été lauréate, en nombre 2012, du « prix NYSE Euronext » du palmarès « Méditerranée » du Deloitte Technology Fast 50, qui distingue les entreprises technologiques les plus performantes, au niveau national et régional. Un palmarès établi sur le taux de croissance du chiffre d'affaires au cours des cinq exercices précédents. Au cours de cette période, le chiffre d'affaires d'Intrasense a progressé de 326 %.

OLEOS, LES BELLES PROMESSES DES HUILES
Zéro chimie, zéro solvant, zéro polluant, c'est la définition des actifs huileux biocertifiés mis au point par Anne Rossignol-Castera. En 2010, elle crée Oléos, une start-up hébergée à l'incubateur Via Innova de Lunel (Hérault) basée sur une technique d'avant-garde d'éco-extractions huileuses intensifiées sous micro-ondes et ultrasons. Dans les Oléoactifs® d' Oléos, la concentration en molécules actives est dix fois supérieure à d'autres produits. A Lunel, Oléos produit des oléoactifs® sur mesure et exclusifs pour de grandes marques de la parfumerie et de la cosmétique: LVMH, Nuxe, Alorée... Oléos emploie 8 personnes et vient de signer son premier exercice béné-ficiaire en 2012.

NEOTIC-MA FERME, LES LOGICIELS DES CHAMPS
C'est la «tablette des champs ». Une version française du couteau suisse appliquée à l'agriculture. Agreo est un logiciel adopté par 35000 agriculteurs, 75 % des coopératives, 65 % du négoce et des majors de l'alimentation (Bonduelle, Danone, Andros...). Douze ans après sa création par quatre étudiants, la start-up est leader du marché qu'elle a elle-même engendré. La firme a épousé Ma Ferme de Châlons-en-Champagne en mai dernier avant d'absorber S2Bvisio, le principal concurrent, en maintenant une croissance soutenue à 40 % l'an, adossée à une fidélisation absolue aux solutions « Agreo » de gestion du troupeau, de la production et des préconisations de traitement.

AQUAFADAS, STAR DE LA MICRO-EDITION
Aquafadas a lancé ses nouveaux outils (Storylab) pour créer, sans savoir coder, son livre ou son magazine. En version numérique, avec la gestion du son et des animations, y compris à 360°. Deux ans plus tôt, Aquafadas avait déjà généré la formidable explosion du lectorat des journaux sur les tablettes. En octobre, la pépite a été rachetée par Kobo, géant canadien de la lecture numérique (10 millions de clients) pour que ses solu-tions atteignent une envergure mondiale. Lancée en 2006 par Claudia Zimmer et Matthieu Kopp, bichonnée par les structures du BIC (Business & innovation center) de Montpellier, cette start-up est la plus belle réussite de Montpellier depuis Genesys Conférencing. Le groupe de R&D d'une cinquantaine de personnes travaille toujours sur place.

TECSOL, COMMENT SE FAIRE UNE PLACE AU SOLEIL
André Joffre, président du pôle de compétitivité DERBI et PDG de Tecsol, a toujours un temps d'avance. Il vient de lancer Tecsol one, un petit boîtier qui permettra aux particuliers ou aux gestionnaires professionnels de petites installations solaires de contrôler en temps réel leur production. Et surtout d'éviter la panne silencieuse. Cette innovation peu coûteuse (50 ? par an) s'installe sur un marché important et prometteur: plusieurs millions de micro-installations d'ici dix ans. Trente ans après sa création, Tecsol (40 emplois dont 80 % d'ingénieurs, 4 M? de CA en 2012) est toujours en religion d'innovation. « C'est 30 % de notre chiffre d'affaires » s'exclame André Joffre, qui prévoit pour 2013 la sortie du purgatoire du solaire et une embellie sérieuse.

MEDTECH, DES ROBOTS AU SERVICE DE LA CHIRURGIE
Bertin Nahum, inventeur du robot rosa, a atteint le sommet de la médiatisation internationale après avoir été classé par la revue discovery series comme l'un des hommes capables de révolutionner la science dans le monde. Rosa est un robot chirurgical exceptionnel qui accompagne le bras du neurochirurgien dans de délicates opérations du cerveau. Dans quelques mois, sans doute fin 2013, les chercheurs de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier (Hérault), lanceront sur la scène chirurgicale mondiale un deuxième robot, guidé par laser, capable d'opérer la colonne vertébrale avec la même précision. Pour faire face au grand défi mondial, Medtech, fondé en 2002, a bouclé un tour de table fin décembre à hauteur de 4,5 m? (midi capital, Soridec, fonds Jérémie Lr ...) et s'apprête à lancer une nouvelle levée de fonds dans le courant de cette année alors que le chiffre d'affaires est attendu en forte progression à 3 m? (2 m? en 2012).

RADIOSHOP, LES PAPES DU DESIGN SONORE
Ils ont assassiné les musiques d'ascenseur. Puis ils ont liquidé les sonos guimauve d'ambiance pour imposer un nouveau standard: le design sonore. Le son et les musiques sont taillés sur mesure, adaptables à tout moment au gré de l'actualité du magasin. En cinq ans, depuis Montpellier, Radioshop a tissé un réseau de diffusion de 7000 points de vente, dont l'orchestration complète des 500 magasins du groupe de prêt-à-porter Orchestra dans le monde entier. Aujourd'hui, la holding Morris & Maurice, opérateur de Radioshop, se porte bien: + 91 % d'augmentation du chiffre d'affaires en 2012 (1,67 M?) avec ouverture d'un bureau à Shanghai pour accompagner les clients qui veulent ouvrir des succursales en Chine. Pour parvenir à ce bon résultat, Radioshop a totalement repensé l'offre sonore et musicale. Dans un ancien entrepôt industriel reconditionné à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, les deux cofondateurs Stanislas Thiry, l'homme de la radio, et Thomas Bergerot, ingénieur en informatique, font travailler ensemble des acousticiens de l'université de Montpellier, des musiciens, des animateurs de radio... Rien n'est laissé au hasard, ni la fréquence des sons, ni l'intensité musicale. « Pour parvenir à un bon résultat, parfaitement en adéquation avec la clientèle, il faut d'abord extraire l'ADN de l'établissement, comprendre ce qui le caractérise, puis ensuite interpréter ces informations en puisant dans notre base de données musicales », explique Stanislas Thiry. Chez un caviste, la musique classique est là pour valoriser les belles bouteilles. Chez Subway, en restauration rapide, le rythme est soutenu. En ce printemps 2013, Morris & Maurice réalise un coup de maître: le design sonore des galeries Lafayette à Paris. Ils ont également travaillé dur pour une grande enseigne de bricolage et sur le programme de musique qui pourraient adoucir les m?urs des usagers d'une grande entreprise publique. En attendant de proposer la radio des collectivités et de développer le filon de la télévision.

BIOTOPE, SAUVEUR DE CHAUVES-SOURIS
Frédéric Melki, président fondateur de Biotope, est un homme de consensus et de diplomatie. En mettant au point Chirotech, il assure la cohabitation entre les chauves-souris et les éoliennes! Le boîtier automatisé stoppe la rotation des pales lorsque le mammifère est en approche. Pionnier de l'expertise écologique et environnementale, Biotope, installé à Mèze (Hérault), est solide financièrement (16,5 M? en 2012 et 20 M? attendus en 2013, 240 emplois). Les chercheurs de Biotope travaillent actuellement sur SIMEO, station instrumentale de monitoring écologique dans l'océan pour restituer des données sur les animaux marins et leurs conditions de vie. Dans le même esprit, Biotope s'apprête à commercialiser Aviscan 3D, pour effectuer le comptage des oiseaux migratoires.

ITK, LE PRINTEMPS DE LA VIGNE
Pour ITK, le temps est venu de lancer sur le marché américain notamment un nouveau logiciel breveté très attendu: Vintel. Il promet un pilotage hydrique de précision de chacune des parcelles de vignes voire une différenciation intra-parcellaire, sans capteur ni relevés quotidiens fastidieux. Son utilisation permet d'économiser la ressource en eau. Il a été mis au point par la jeune entreprise installée à la pépinière d'entreprises Cap Alpha de Clapiers (Hérault) en partenariat avec des vignerons du groupe Foncalieu. ITK annonce un doublement de son chiffre d'affaires (1,2 M? en 2012) et de ses effectifs (30 personnes) d'ici la fin de l'année. ITK a été créée par Eric Jallas, docteur en modélisation agronomique, diplômé de l'université du Mississippi et ancien directeur de recherches au CIRAD de Montpellier.

OREKA SUD, LA DECONSTRUCTION EN 3D
Dem + est une application qui s'appuie sur des données scientifiques et techniques très pointues. Le logiciel d'Oreka Sud modélise en 3D une opération de déconstruction. La première version sera opérationnelle en octobre prochain, appliquée à l'univers du nucléaire, développée en collaboration avec le CEA de Marcoule. De nouvelles applications promettent l'optimisation de la déconstruction d'un site industriel ou d'un avion en prenant en compte tous les paramètres de sécurité, d'environnement et de budget. « Nous sommes les seuls à avoir réuni toutes les fonctionnalités dans un outil », explique Luc Ardellier, fondateur en 2010, d'Oreka Sud à Bagnols-sur-Cèze qui emploie 7 personnes.

CYTOSIAL BIOMEDIC, PLUS VITE QUE LES RIDES
Les pattes d'oie n'ont plus de secret pour les cinq docteurs chercheurs de Cytosial Biomédic, start-up hébergée par Innov'Up à Nîmes (Gard). Après deux ans de recherches, en liaison avec le CNRS, ils ont mis au point un « dermal filler » (un produit de comblement) révolutionnaire. Le produit promet une sécurité sanitaire inégalée et la régénération du collagène au bout d'un mois. Frédéric Bertaïna a aussi lancé une première gamme de cosmétique (Cytosial Paris) mise au point dans les labos nîmois et vendue dans les boutiques de l'avenue Montaigne, à Paris. Créée en 2010, Cytosial Biomédic impressionne par la rapidité de sa montée en puissance. Labellisée JEI (Jeune entreprise innovante), elle a bouclé une première levée de fonds en 2012 (600000 ?).

IRRIFRANCE, L'IRRIGATION REINVENTEE
A Paulhan (Hérault), l'immense domaine d'Irrifrance est envahi par les mythiques enrouleurs orange qui ont fait sa réputation en Europe. C'est aussi une usine à réinventer l'irrigation. Trois brevets ont été déposés ces dernières années, notamment pour la télégestion de stations d'irrigation. Un autre est en préparation ainsi que deux conventions de solutions développées avec les chercheurs de l'Irstea (Institut national de recherche des sciences et des technologies pour l'environnement et l'agriculture) de Montpellier. Irrifrance est le numéro 1 de l'irrigation en France (60 % de parts de marché) et emploie 147 personnes.

BIO-UV, UNIQUE EN FRANCE
En obtenant la certification internationale BWTS (Ballast water treatment system), Bio-UV ouvre les portes d'un chantier mondial de portée exceptionnelle : 12 Mds $ pour équiper 45 000 navires de la marine marchande d'un système de filtration et de désinfection des eaux de ballast que les bateaux relâchent en arrivant au port. Bio-UV, 45 salariés, 8,2 M? de CA (2012) est la seule entreprise française sur ce créneau porteur avec seulement 28 sociétés concurrentes dans le monde. Pour arriver en tête de file, le PDG Benoit Gillmann a anticipé et investi 3M? en R&D, notamment soutenu par Oseo, avant de lancer les travaux d'une nouvelle usine à Lunel (Hérault). D'ici 2015, Bio-UV devrait multiplier par 2,5 son chiffre d'affaires.

AWOX, L'AMPOULE MUSICA
LeLa technologie communicante à la norme DLNA mise au point par Awox est partout : dans 60 millions de mobiles, PC, tablettes...Depuis ce printemps, Awox envahit aussi les salons des geeks du monde entier avec sa nouvelle gamme de solutions « Striim » dont Striim Light, une ampoule qui diffuse aussi de la musique ou la radio. Après avoir développé depuis Montpellier pour Palm, puis Intel, Alain Molinié, le fondateur a choisi en 2003 d'orienter les travaux de son équipe vers la norme communicante DLNA. Awox est considéré comme le leader mondial et siège au board représentatif des 270 sociétés (Microsoft, Intel, Samsung) qui font le monde high-tech d'aujourd'hui (sauf Apple). La PME de Montpellier (50 personnes dont 25 à Montpellier) discrète et ultra-innovante, est aussi installée à Taïwan, Shentzen, Singapour et Palo Alto.

ABYSS INTERNATIONAL, L'EXPORT EN GRANDE PROFONDEUR
En sept ans, Abyss International, fondée par le plongeur professionnel Jean-Marc Moro, s'est glissée dans le sillage des grands acteurs de la prospection et des forages pétroliers et gaziers. Elle construit son développement sur la maîtrise des engins robotisés téléguidés (ROV, Remotely operated véhicule) par 2000 mètres de fond. En 2012, cette PME de Jacou (Hérault) a doublé son chiffre d'affaires (3 M?) dans un marché euphorique de la prospection en grande profondeur pour exploiter de nouvelles poches d'énergie fossile. Abyss International emploie 15 personnes. Elle a reçu en 2012 le trophée de l'Export avec 100 % de son chiffre d'affaires à l'international.

BEDYCASA, L'HEBERGEMENT FACON 2.0
Depuis Montpellier, Magali Boisseau, 33 ans, fondatrice de Bedycasa (13 emplois) entend révolutionner l'hébergement des voyageurs. Le site propose des chambres chez l'habitant à prix ajusté dans le monde entier. globetrotteuse diplômée (DESS commerce international et marketing) dans le Dakota du Sud, à Murcia et à Bristol, Magali boisseau avait elle-même testé cette formule d'hébergement à la fois économique et conviviale, y compris lorsqu'elle était manager chez Pink Lady. Elle a validé un business-model dans le sillage de son grand concurrent américain Airbnb et la croissance est au rendez-vous. En mars, elle a offert un tour du monde logé chez l'habitant pour deux personnes, suivies par un caméraman pendant deux mois. un bon coup marketing

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