La Tribune

Dans le Gers, le Nogaropôle inaugure un centre d'essai contesté par les Verts

Le Nogaropôle a inauguré son Laboscope vendredi 6 avril / © photo DR
Le Nogaropôle a inauguré son Laboscope vendredi 6 avril / © photo DR
Sophie Arutunian, pour Objectif News  |   -  514  mots
Le site Nogaro (Gers) a inauguré vendredi son Laboscope : un centre d'essai à haute valeur ajoutée technologique destiné aux écuries de course, aux pilotes, aux constructeurs et aux équipementiers. Le centre est notamment doté d'un simulateur de conduite, et d'un système de géo-positionnement unique en France, le Nogarotrack. La nouvelle ne réjouit pas les Verts, qui dénoncent « 1 M€ investi dans un jeu vidéo ».

25 M? ont été investis par la région Midi-Pyrénées, le département du Gers et l'Etat dans le Nogaropôle, un ensemble regroupant le célèbre circuit Paul Armagnac, une zone d'activité, une pépinière d'entreprises, l'aérodrome et des centres de formation spécialisés dans l'automobile et les sports mécaniques.
« Un pari sur l'avenir, mais qui n'a aucune raison d'être perdu » selon Fabrice Lemaréchal, directeur financier du site. En effet, miser sur l'automobile à l'heure du tout « développement durable » peut être vu comme un pari. Pour Europe Écologie Les Verts, c'est une gageure. Les élus Verts à la région dénoncent une allocation d'1 M? versée au Laboscope « pour un jeu vidéo » selon eux. Ils font allusion au simulateur de course, unique en France, développé par la société toulousaine Tech 1. Un outil qui permet au pilote, assis dans sa coque, de ressentir les mêmes impressions que s'il pilotait sa voiture de course sur le circuit.

Pour Fabrice Lemaréchal, cette allocation n'est pas destinée au simulateur « mais aux murs du Laboscope, qui abritent également le Nogarotrack », précisant que « Tech 1 finance le simulateur et paye un loyer ». Par ailleurs, les gérants du site ont également dans leurs besace un argument écologique : « Quand on teste le véhicule dans un simulateur, on n'est pas sur la piste et on diminue les émissions de CO2 » explique le directeur financier.

Investissement d'avenir

Enthousiasme de Fabrice Lemaréchal également quand il évoque Nogarotrack, un outil de géolocalisation de grande précision. « Entre le simulateur et la géolocalisation, nous travaillons déjà sur la voiture de demain. La société Helem, qui a longtemps été basée sur notre site, commercialise bien le Colibus (un véhicule électrique, ndlr). »

L'objectif du Nogaropôle est avant tout d'attirer des entreprises. 120 à 200 créations d'emplois sont espérées sur le site d'ici à 2020, particulièrement dans le secteur automobile. Pour le moment, entre le circuit et les entreprises environnantes, il y a 25 salariés. « La zone d'activité s'étend 10 hectares et se compose de 26 lots, et le prochain raccordement du Gers à l'A65 nous mettra à 1 heure et quart de Bordeaux. Il n'y a pas de raison d'avoir peur de s'installer dans le Gers » commente le directeur financier. Selon lui, si l'Est du département est « happé » par Toulouse, l'Ouest a besoin de se développer « en misant sur le patrimoine existant ». Le circuit Paul Armagnac existe depuis 1960.

En savoir plus :
- Louer le simulateur de course coûtera environ 4.000 ? la journée. Le système de géolocalisation se facture à environ 1.500 ? la journée.
- L'association GUIDE a choisi de s'installer au centre d'essais du Nogaropôle, pour développer, mettre en ?uvre et exploiter une plateforme d'innovation dédiée aux applications de la navigation par satellite.
- La filière automobile représente 250 entreprises et 17 000 emplois en Midi-Pyrénées et Aquitaine.
- Le circuit Paul Armagnac a enregistré 96 000 spectateurs payants en 2011. 

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