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Toulouse veut créer le premier cluster français du tourisme d'affaires

"Toulouse, future capitale du tourisme d'affaires ?" était le thème de la conférence-débat organisée cette semaine par So Toulouse et ObjectifNews © Rémi Benoit
"Toulouse, future capitale du tourisme d'affaires ?" était le thème de la conférence-débat organisée cette semaine par So Toulouse et ObjectifNews © Rémi Benoit (Crédits : Rémi Benoît)
Sophie Arutunian, à Toulouse (Objectif news)  |   -  866  mots
"Toulouse, future capitale du tourisme d'affaires ?" C'est l'ambition portée par Pierre Cohen et par les acteurs du tourisme d'affaires dans la Ville rose, professionnels, élus ou chercheurs. L'idée de la création d'un cluster a été longuement exposée lors d'une conférence-débat organisée cette semaine So Toulouse et Objectif News.

Le tourisme d'affaires représente aujourd'hui à Toulouse 27 000 emplois, 150 millions d'euros de chiffre d'affaires et 5,6 millions de touristes d'affaires et d'agrément par an. Sachant qu'un congressiste représente environ 150 euros de retombées économiques par jour, Toulouse, "métropole de la connaissance », selon Pierre Cohen le maire de la Ville rose, "doit utiliser son identité, surfer sur la réussite de l'industrie, du numérique, de la santé, de l'innovation, pour développer ce secteur". Objectif du président de Toulouse Métropole : faire passer Toulouse dans les 40 premières destinations européennes en termes de congrès scientifiques. Elle est actuellement à la 51e place.

Première étape, le futur Parc des expositions

"Des efforts ont été faits pour rendre Toulouse attractive, mais cela prend du temps et nécessite de faire des choix parfois difficiles. Le futur Parc des expositions coûte beaucoup d'argent (300 millions d'euros d'investissements, ndlr), mais nous serons au rendez-vous en 2016", affirme Pierre Cohen. La future structure de 600 m de long, 320 m de large et 21 m de haut comportera notamment une grande halle couverte et modulaire pouvant accueillir 15 000 personnes dans 40 000 m2 répartis sur plusieurs halls. Un lieu adapté aux ambitions de la 4e métropole de France, réalisé par l'agence néerlandaise OMA de Rem Koolhaas et très attendu des professionnels.
Anouk Déqué, présidente de la CGPME 31 reconnaît que l'"on manque d'un véritable Parc des expositions ; les entreprises s'organisent déjà pour travailler avec cette structure quand elle sera livrée". Pour mettre en valeur le site, Pierre Cohen envisage de créer un événement "pour identifier la Cité de la connaissance et créer un grand moment pour Toulouse". Le président de Toulouse Métropole exclut un congrès autour de l'aéronautique ou du spatial, pour privilégier les créneaux émergents comme les TIC ou les biotechnologies.

So Toulouse, premiers résultats

Lancée à Paris il y a quelques mois, la Sem So Toulouse-Convention bureau est un outil de rayonnement qui permet d'affirmer une image forte "par une identité commune à tous les professionnels du tourisme", assure Bernard Keller, son président, qui en tire un premier bilan positif : "C'est un outil de marketing international qui donne à Toulouse la dimension d'une métropole, un outil qui fédère 170 professionnels qui participent à la dynamique économique de la ville et qui partagent la fierté d'être toulousain. Un outil qui deviendra, petit à petit, un véritable label de qualité."
La Sem a permis "la connectivité" entre les différentes entreprises du secteur, selon Anouk Déqué, "les hôteliers-restaurateurs, les agences de communication, les transports mais aussi les fleuristes, imprimeurs, décorateurs, etc. Toulouse a des compétences. Les PME-PMI ont besoin d'une volonté politique et économique. So Toulouse va dans la bonne direction", estime la présidente de la CGPME 31.

Pôle d'excellence

C'est Éric Olmedo, directeur de l'Isthia (Institut supérieur du tourisme de l'hôtellerie et de l'alimentation de l'Université de Toulouse Le Mirail) qui a évoqué le premier l'idée d'un cluster qui regrouperait tous les prestataires du tourisme d'affaires, les structures de formation, les laboratoires de recherche, et créateurs d'événements. "Toulouse a définitivement sa place comme organisatrice d'événements. Il faut réfléchir à un pôle d'excellence basé sur un écosystème. Cela existe déjà à Marne-la-Vallée." Aujourd'hui, Toulouse est en concurrence avec Bordeaux, Nantes, Rennes ou encore Montpellier. "Un cluster est indispensable", affirme Anouk Déqué.

L'innovation dans le cluster

Un cluster oui, admet Pierre Cohen, mais un cluster "innovant". Le maire de Toulouse souhaiterait "organiser quelque chose d'original, qui implique les nouvelles technologies, les nouveaux usages". Des études existent déjà selon Jean Arlat, directeur de recherche au LAAS, qui suggère d'équiper des congressistes volontaires pour analyser leurs comportements, leurs déplacements : "Cela pourrait être une ambition intéressante et novatrice. Il faut compter avec l'importance des nouvelles technologies."

Améliorer l'organisation

Pour ce cluster réussisse, "Toulouse doit mettre en valeur ses points forts, selon Jean Arlat, habitué des congrès scientifiques. Le centre des Congrès Pierre Baudis, en plein centre-ville, est un point fort, de même que le futur Parc des expositions. Il faut aussi compter sur le fort sentiment d'appartenance à la ville, très ancré dans les laboratoires toulousains, et qui pousse les chercheurs à faire découvrir Toulouse aux congressistes de passage. Organiser un colloque fait partie de l'activité des scientifiques." Autres avantages de Toulouse : une offre hôtelière suffisante (11 000 chambres au total), et un patrimoine culturel et architectural à visiter avec la proximité d'Albi et Carcassonne.
Dans les points à améliorer, Jean Arlat place l'organisation amont d'un congrès, "très lourde", et qui comprend l'hébergement, l'accompagnement, l'accueil. "En 2017, Toulouse accueille la communauté internationale dans le domaine de l'automatique. Un très gros congrès dont le dossier a été déposé...en 2009 !" « Rendez-vous en France », premier salon professionnel international de l'offre touristique française, sera l'occasion pour Toulouse de prouver qu'elle peut accueillir de gros événements. 900 voyagistes de plus de 60 pays, et plus de 700 exposants se donnent rendez-vous dans la Ville rose les 26 et 27 mars prochains.
 

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Commentaires

Le Tarnais  a écrit le 12/04/2013 à 12:01 :

Pas un train correct - des lignes aériennes internationales très limitées - pas de metro à l'aéroport (avec des chariots à pièce pour les étrangers qui arrivent)... c'est mal parti pour le "cluster"

Bertrand  a écrit le 15/03/2013 à 16:32 :

Toulouse n'est pas la 4e métropole de France, mais la 6e. Sauf à considérer que Marseille, Lille, Bordeaux ou Lyon ne sont pas des métropoles françaises. C'est important de recadrer les choses, et ce serait bien que La Tribune soit un peu plus objective dans ses articles et soit un peu plus neutre dans ses choix d'articles en une.

ultor  a répondu le 15/03/2013 à 23:45:

C'est vrai qu'il faut recadrer..Toulouse est vraiment 4ème ..Il suffit de consulter les chiffres sur le web.

Thomas  a répondu le 21/03/2013 à 18:16:

Toulouse 4ème derrière Paris, Lyon et Marseille. Je ne comprends pas vraiment votre raisonnement ???