La Tribune

Lille au bord de la congestion

On ne grimpe plus dans l'Eurostar à Lille. Photo Reuters.
On ne grimpe plus dans l'Eurostar à Lille. Photo Reuters.
Geneviève Hermann, correspondante à Lille  |   -  498  mots
Suspension des arrêts de l'Eurostar à Lille et Calais, impossibilité d'embarquer à Lille sur l'Eurostar Bruxelles-Londres, la capitale du Nord est de plus en plus asphyxiée.

« Si l'engorgement des accès à Lille continue, notre région va finir par devenir un cul de sac au lieu d'être un carrefour d'échanges ! » Philippe Vasseur, président de la CCI du Nord de France, ne décolère plus. Et il n'est ni le seul ni le premier, le monde économique lillois tirant la sonnette d'alarme depuis des années. La goutte d'eau ? L'impossibilité de réserver des billets pour Lille ou Calais-Frethun sur l'Eurostar Bruxelles-Londres, pour des problèmes de contrôle d'immigration. «Cela menace la place de Lille comme hub entre les Eurostar et le réseau TGV inter-régions. Notre activité économique est déjà fortement pénalisée par l'engorgement de l'autoroute A1 Paris-Lille qui ne cesse de progresser. Nos handicaps s'accumulent. Attention à ne pas commettre l'irréparable», explique Philippe Vasseur. Accompagné des présidents des quatre CCI du territoire, il a dernièrement interpellé les pouvoirs publics. Le réseau consulaire veut accélérer le développement des activités de transport de marchandises et de logistique sur le territoire lillois en raison de son positionnement au c?ur d'un des bassins de consommation les plus riches au monde : plus de 100 millions d'habitants dans un rayon de 300 kilomètres.

Une perte de 1,4 milliard

Mais les problèmes de mobilité s'aggravant, cette ambition en prend un coup. D'après une étude commandée par la CCI de région Nord de France, plus de 1,4 milliards d'euros seraient inutilement perdus chaque année dans le Nord - Pas-de-Calais sous l'effet de la congestion. La thrombose de la métropole lilloise aurait déjà mis plusieurs projets au point mort. « Nous avons 140 hectares à aménager en zones d'activités au sud de Lille et nos projets sont bloqués. Nous envisageons la construction d'un parc contigu à l'A1, proche de l'aéroport de Lesquin et accessible au bassin minier. Mais la préfecture vient de nous refuser l'autorisation de lancer notre projet en raison de ce problème d'engorgement routier », se désole Philippe Hourdain, président de la CCI Grand Lille. L'échangeur de Seclin qui se trouve à proximité de cette zone en projet voit transiter plus de 42 000 véhicules par jour, soit 50 000 usagers, autant que la gare Lille Flandres. Sur cette portion d'autoroute, les deux tiers du trafic concernent les échanges à l'intérieur même de la métropole urbaine. La saturer davantage finirait de l'asphyxier. Le contournement Sud Est de Lille serait une solution pour les CCI. L'Etat a bien inscrit la réalisation de ce contournement au schéma national des infrastructures de transport. Mais il insiste dans le même temps sur la nécessité d'assurer l'équilibre entre l'usage de la route et celui des transports en commun sachant qu'aujourd'hui seuls 2 % des trajets sont effectués en transport en commun. Une position qui éclaire encore mieux la montée au créneau de la chambre de commerce suite à la suspension des accès à Lille de l'Eurostar Bruxelles-Londres.

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Commentaires

mariealbert  a écrit le 21/04/2012 à 16:46 :

résultat de la médiocre gouvernance socialiste depuis plus de trente ans:
1:Mauroy,
2:Aubry.