La Tribune

Oxialive révolutionne l'affichage digital urbain avec sa nouvelle colonne Morris

Trois écrans animés sur quatre sont destinés à la communication culturelle et citoyenne en diffusant des spots sur la qualité de l'air, les alertes enlèvement, la sensibilisation au handicap ou l'aide aux femmes battues, etc.  Le quatrième écran, tactile, fournit des informations pratiques. © Oxialive
Trois écrans animés sur quatre sont destinés à la communication culturelle et citoyenne en diffusant des spots sur la qualité de l'air, les alertes enlèvement, la sensibilisation au handicap ou l'aide aux femmes battues, etc. Le quatrième écran, tactile, fournit des informations pratiques. © Oxialive (Crédits : Oxialive)
Geneviève Hermann, à Lille  |   -  539  mots
Répondant à un appel à projets de Paris Région Lab, la PME a créé une colonne Morris revisitée grâce aux toutes dernières technologies de l'information et de communication, avec écran tactile, connexion wifi ou transmission du fil Twitter de la ville... En expérimentation devant la Gare du Nord, cet affichage numérique installe le paysage urbain dans le XXIème siècle.

Qu'on se le dise : la fameuse colonne Morris dessinée au XIXème qui a vu passer des générations de pubs est entrée de plain pied dans le XXIème siècle. Sur le parvis de la Gare du Nord de Paris, la société Oxialive a installé une nouvelle colonne, baptisée «Manu », pour répondre à un appel à projets, « Mobilier Urbain Intelligent », piloté par le Paris Région Lab. Cette colonne qui reprend la forme de son auguste ancêtre comporte trois écrans LED animés, ainsi qu'un écran tactile.

Les trois premiers sont destinés à la communication culturelle et citoyenne en diffusant des spots sur la qualité de l'air, les alertes enlèvement, la sensibilisation au handicap ou l'aide aux femmes battues. Ils transmettent également des informations municipales et relayent le fil Twitter officiel de la ville en temps réel. Le dernier écran, tactile donc, est destiné à aider les Parisiens, mais aussi les visiteurs, à organiser leurs sorties puisqu'il permet d'accéder à des billetteries en ligne, aux plans des transports dans la ville, avec calcul des itinéraires, etc. Il leur transmet aussi des « offres commerciales » de proximité.

« Couteau suisse » du mobilier urbain

Et ce n'est pas tout. Véritable « couteau suisse » du mobilier urbain, la colonne, accessible aux personnes à mobilité réduite, et voit son écran tactile se modifier en fonction de la hauteur de lecture et de son utilisation. Elle intègre aussi un défibrillateur, un interphone raccordé aux services d'urgence, aux sapeurs pompiers et au commissariat ainsi qu'une connexion wifi gratuit disponible 24 heures sur 24. Et pourrait même être équipées d'une borne de recharge pour les véhicules électriques. L'expérimentation doit durer jusqu'en avril prochain.

« Nous avons installé nos premiers écrans LED pour nos propres besoins commerciaux. Nous exercions nos activités dans le secteur immobilier et n'étions ni des professionnels de l'affichage, ni des experts du numérique. Nous avons abordé la question avec un regard neuf propice à l'innovation », explique Christophe Pawleta, co-gérant d'Oxialive avec son père, lui même dirigeant de la holding Oxial à la tête de plusieurs activités immobilières.

Concurrence acharnée des majors

Créée en 2007 à Arras, Oxialive (CA 2012 : 1,7 million d'euros) emploie 30 personnes et a déjà installé une centaine d'écrans dans une trentaine de villes en France. La PME conçoit elle-même ses mobiliers urbains, programme la diffusion des messages numériques et s'occupe des installations. La fabrication est sous-traitée au fabricant belge Q-Lite de panneaux à diode.

Tout semble aujourd'hui réuni, avec en plus la vitrine qu'offre la colonne parisienne, pour qu'Oxialive connaisse un essor fulgurant. Mais plusieurs freins à son développement subsistent. A partir du moment où elle a décroché une commande, il lui faut entre 8 et 12 mois de délais pour obtenir les autorisations administratives et le branchement au réseau électrique. Et elle doit faire face à une concurrence acharnée des majors de l'affichage comme JCDecaux, Clear Channel et CBS Outdoor.
De grosses entreprises qui font feu de tout bois pour garder l'exclusivité de l'affichage sur l'espace public urbain. Quitte à consentit aux villes plusieurs millions d'euros de redevances financières annuelles. Des montants inabordables pour une PME comme Oxialive.

 

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