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Amiens lance son cluster e-santé au cœur de la ville

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(Crédits : Décideurs en région)
Décidée à améliorer son attractivité sur des axes de développement différenciants et innovants, la deuxième capitale des Hauts-de-France se dote d'un cluster spécialisé dans le parcours de soins personnalisé. Deux autres vont suivre. Le prochain sera dédié aux nouveaux usages du numérique. Le suivant à autonomie énergétique.

Qu'on les appelle clusters, pôles d'excellences ou technopoles, les écosystèmes réunissant au même endroit recherche, formation, entreprises, startups, incubés et pouvoirs publics sont en général implantés dans les périphéries urbaines. Les plus anciennes comme Sophia Antipolis ou le CEA ont même été créées au milieu des champs loin des habitations et des commerces. Mais rien de tout cela à Amiens.

Dans la deuxième capitale des Hauts-de-France, en dehors d'un dispositif d'accompagnement né de la loi Allègre et disparu depuis, il n'y avait aucun incubateur et encore moins d'accélérateur. Les startups étaient pour ainsi dire livrées à elles-mêmes. Cela va changer et Amiens compte bien tirer profit de son retard. Son cluster e-santé s'implante en plein cœur de la ville.

Dynamiser un territoire où le taux de chômage dépasse les 12%

D'après François Xavier Level, délégué au Pacte pour l'emploi et l'innovation auprès de la direction des services d'Amiens Métropole, cette implantation est la plus appropriée pour dynamiser ce territoire où le taux de chômage dépasse les 12%.

« De nombreuses études le prouvent, plus il y a de proximité entre la population, le monde de l'enseignement et celui des entreprises, plus il y a d'innovations. Pour s'en persuader, il n'y a qu'à prendre l'exemple du Quartier de l'Innovation de Montréal. Il est reconnu comme exemplaire dans son apport à la vie des citoyens.

Grâce au retour en centre-ville des universités engagé il y a une vingtaine d'année, nous nous retrouvons avec une concentration importante de chercheurs au cœur d'Amiens. C'est une opportunité dont va profiter notre cluster e-santé ».

Plus de cent personnes présentes au colloque de lancement

Dédié à la création et au développement de nouvelles solutions et activités liées au parcours de soins personnalisés, ce cluster va s'appuyer sur le big data. Il peut compter sur les compétences du CHU et de sa biobanque, du centre européen polyvalent de simulation en santé SimUSanté inauguré il y a six mois, de l'Institut Faire Faces et de sa chirurgie réparatrice, du Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) e-santé et de son Living Lab ainsi que de la structure de coopération interhospitalière MiPih (Midi Picardie Informatique Hospitalière). Toutes ses « partenaires » étaient présents au colloque de lancement de ce cluster qui a réuni plus d'une centaine de personnes le 29 juin après midi.

Trois startups y ont présenté leurs activités. Ubiquitus a parlé de ses solutions d'imagerie médicale. Pixo 3D est intervenue en tant que concepteur d'images numériques 3D et EBCI a expliqué son activité d'ingénierie logicielle dédiée à la gestion des maladies chroniques.

Ce cluster e-santé est le premier d'une série de trois. Dans un deuxième temps, il en sera lancé un deuxième dans le domaine des nouveaux usages du numérique et puis un autre dédié à l'autonomie énergétique. De quoi relancer l'attractivité du territoire.

Un Quai de l'Innovation, une Cantine Numérique et une zone d'activité dédiée

Ces clusters bénéficieront de plusieurs outils de soutien à l'innovation. Le Quai de l'Innovation, un nouveau lieu de 3.500 mètres carrés qui sera inauguré en décembre prochain, abritera les équipes d'animations, un incubateur et une Cantine Numérique. A 300 mètres de là, près de la gare d'Amiens, la pépinière Amiens Le Lab va doubler de surface. Près du CHU, une partie de la zone d'activité Intercampus sera dédiée aux entreprises dont l'activité est liée à la santé. Elle abrite déjà un Datacenter du Mipih et l'entreprise Ortho Robs, un spécialiste du matériel médical.

« J'ai souhaité que nous ayons une politique plus ciblée en matière économique pour reconquérir de l'attractivité sur des axes de développement différenciants. Je crois beaucoup à la spécialisation pour attirer les entreprises et les compétences. Nous souffrons d'une mauvaise image depuis l'affaire Goodyear. Début 2017, nous lancerons une campagne de communication  pour la changer. Nous y travaillons déjà », indique Alain Gest, président d'Amiens Métropole.

Récemment, il a rencontré Etienne Vervaecke, directeur général du pôle Eurasanté, l'agence de développement économique des activités de santé, nutrition et biotech de l'ancienne région Nord - Pas-de-Calais. Un pôle « spécialisé » qui accompagne depuis une vingtaine d'années les porteurs de projets innovants, les startups et les entreprises de la filière santé.

Pourquoi pas un partenariat avec Eurasanté ?

Pour Etienne Vervaecke, c'est une excellente nouvelle que la deuxième capitale des Hauts de France considère la santé comme prioritaire pour son développement économique.

« Les élus de la métropole d'Amiens sont conscients de l'intérêt que leur offrirait un partenariat étroit avec d'autres acteurs de la santé de la région dans le cadre d'une mutualisation intelligente. Eurasanté est une agence régionale qui aspire à être un outil d'appui au service des Hauts-de-France. Elle est prête à mettre ses compétences au service du cluster e-santé. Dans une grande région comme la nôtre, il y a beaucoup de  potentiel mais nous ne sommes pas assez riches pour dupliquer les expertises d'ingénierie et d'accompagnement de projets », souligne-t-il.

Mais encore faudrait-il que les acteurs des deux métropoles oublient qu'ils en sont plus en concurrence. Ce n'est pas gagné quand on sait que les élus locaux sont jugés en grande partie sur leur capacité à créer de l'emploi sur leur propre territoire.

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