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La bioinformatique de demain s'inventera à Lille

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Le partenariat entre l'Institut Pasteur de Lille et l'Inria est nécessaire pour rester dans la course mondiale au séquençage de l'ADN.
Le partenariat entre l'Institut Pasteur de Lille et l'Inria est nécessaire pour rester dans la course mondiale au séquençage de l'ADN. (Crédits : © Handout . / Reuters)
En s'engageant dans un partenariat transdisciplinaire alliant la recherche sur le numérique et celle sur les sciences du vivant, l'Inria et l'Institut Pasteur de Lille espèrent créer à Lille des solutions médicales uniques au monde.

L'accord cadre de collaboration qu'ont signé l'Inria et l'Institut Pasteur de Lille pourrait faire de la métropole lilloise un pôle d'excellence dans le domaine de la bioinformatique grâce à l'alliance de deux savoir-faire complémentaires en numérique et dans le médical. Spécialiste des sciences informatiques et mathématiques, le premier emploie 2 700 collaborateurs issus des meilleures universités mondiales. Il compte 8 centres de recherche en France dont un créé à Lille en 2008. Le second a axé ses recherches sur les maladies infectieuses, l'amélioration de la santé des personnes âgées et les maladies chroniques, en particulier celles liées aux problèmes cardiovasculaires et à la dégénérescence des neurones.

Le numérique accélère le processus de recherche dans le médical

« L'accumulation de nos données, notamment génomiques, est telle qu'il nous faut l'appui des informaticiens pour pouvoir les traiter. Les modèles algorithmiques et l'analyse informatique d'images nous font gagner énormément de temps. Sans ces outils numériques nous n'arriverions plus à progresser dans nos recherches. »

Patrick Berche, directeur général de l'Institut Pasteur de Lille, en est convaincu. Ce rapprochement va permettre à ses équipes de répondre aux nouveaux enjeux de santé liés à l'allongement de l'espérance de vie et à l'explosion démographique qui entraîne de nouveaux problèmes épidémiologiques et environnementales. Les informaticiens de l'Inria vont les aider à réduire le champ des possibles pour accélérer le processus de recherche.

C'est indispensable pour rester dans la course au niveau mondial face à des géants comme BGI, l'un des plus grands centres de séquençage de l'ADN au monde. Dans cet institut chinois, les chercheurs traitent jusqu'à 10 téraoctets de données par jour. D'après Benoît Desprez, professeur des Universités Droit et Santé, le champ du numérique en biologie est extrêmement vaste, « bien plus que ceux de Google, Facebook et Apple réunis ».

Déjà 25 % des équipes de l'Inria travaillent sur des projets de recherche en lien avec le médical.

Trouver de nouveaux traitements et créer des startups

« Nous intervenons déjà avec des chercheurs de l'Institut Pasteur de Lille dans le domaine du séquençage et de la classification génomique. Avec cet accord, nous allons passer à la vitesse supérieure. Faire que Lille soit reconnue au niveau mondial dans le domaine de la recherche sur le génome en interaction avec le numérique », indique Antoine Petit, président directeur général de l'Inria.

Il s'agit aussi que la recherche menée dans le cadre de cette collaboration profite aux industriels du secteur médical et donne lieu à la création d'entreprises. Car c'est une des principales missions de l'Inria.

« Sur les 34 startups créées chaque année par les membres du réseau des Instituts Carnot impliqué dans le rapprochement entre le monde de la recherche et celui des entreprises, 10 % le sont à l'initiative de nos équipes », précise Antoine Petit.

Avec 6 startups déjà à son actif dont Genfit, Imabiotech et Genoscreen, l'Institut Pasteur de Lille n'est pas en reste.

Une corde de plus à son arc pour enfin décrocher le label Idex

Maintenant que cet accord est signé, il va falloir monter des sujets de recherche croisée qui bénéficieront d'un financement commun. Mais les informaticiens ne comprennent pas toujours les biologistes. Et vice et versa. D'où l'idée de les faire se rencontrer lors de Workshop. Il y s'en est déjà tenu deux à Lille l'année dernière. D'autres vont suivre.

Ce rapprochement aidera-t-il les Hauts-de-France à enfin obtenir le label Idex et à doter la région des 750 millions de financement qui vont avec pour les besoins de l'enseignement supérieur ? En janvier dernier, le Nord - Pas-de-Calais avait été retoqué pour la troisième fois.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2016 à 22:21 :
Encore une annonce bidon pour bénéficier de 750 millions € de subvention, mais peu de résultats concrets seront obtenus.

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