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Malengé et le CTP inventent les emballages de demain dans leur LabCom

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Stefan Kirstetter, le dirigeant de Mallengé, en pleine présentation du labcom.
Stefan Kirstetter, le dirigeant de Mallengé, en pleine présentation du labcom. (Crédits : JM André)
Grâce à leur LabCom (laboratoire commun) créé avec l'aide de l'Agence nationale de la recherche (ANR), la PME nordiste et le Centre technique du papier (CTP) développent ensemble de nouveaux matériaux barrières à partir de produits bio-sourcés pour des emballages 100% recyclables. Déjà cinq nouvelles solutions sont à l'étude et devraient sortir avant l'été prochain.

Après avoir adapté aux besoins du packaging son savoir-faire d'imprimeur offset de documents de gestion, cette activité étant en perte de vitesse, la PME Malengé n'a cessé de faire évoluer son offre en réponse aux nouvelles attentes de ses clients. Le tout en étant réactif sur des petites et moyennes séries. Habituée à travailler avec l'équipe du Centre Technique du Papier (CTP), basée à Douai, sur des essais machines, l'imprimeur a tout de suite compris l'intérêt de disposer d'un laboratoire de recherche commun avec ce centre. En 2013, l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) lançait le programme LabCom avec comme objectif d'inciter les acteurs de la recherche académique à lancer de nouveaux partenariats structurés avec une PME ou une ETI à travers la création de « Laboratoires Communs ». Paul Piette, responsable de recherche au CTP dans le domaine de l'impression graphique, en a fait part à Stefan Kirstetter, le dirigeant de Malengé.

« Nous avons de plus de plus de demandes spécifiques de fabricants de produits bio. Ils veulent des emballages recyclables qui respectent l'environnement tout en offrant des propriétés barrières capables de protéger leurs aliments des contaminants extérieurs. Or l'aluminium qui donne aux films plastiques ses propriétés barrières n'est pas recyclable car il est pris en sandwich avec d'autres matériaux. Il est accroché aux fibres. Ce LabCom allait nous aider à trouver des solutions adaptées », explique Stefan Kirstetter.

Produits thermoscellables bio-sourcés

Trois ans plus tard et après avoir été retenu à l'appel à projets LabCom 2016 de l'ANR, le Lab3P (Laboratoire of Printable Protective Package) est sur les rails. Sa mission est de réaliser par voie d'impression la propriété barrière sur des supports cellulosiques uniquement aux endroits où elle est nécessaire et avec des produits thermoscellables bio-sourcés. Les matériaux ainsi obtenus pourront être transformés en emballages souples thermoscellés et convenir pour le conditionnement des produits alimentaires comme des crudités, des plats cuisinés ou des bonbons. Le consommateur pourra ensuite les mettre dans sa poubelle réservée aux produits recyclables.

D'après Stefan Kirstetter, le Lab3P travaille déjà sur 6 projets répondant à des demandes précises de clients. Parmi ces derniers, il y en a un qui fabrique des biscuits et un autre des friandises. Les premières solutions devraient sortir avant l'été 2017. Une d'entre elles permettra de fabriquer un emballage qui sera à la fois compatible alimentaire, barrière et compostable. C'est encore mieux que recyclable.

« Avec les solutions à l'étude nous économiserons en plus 30 à 40 % de matière par rapport au procédé utilisant le polyéthylène issu du pétrole. Il s'agit de déposer en couches les plus minces possibles un additif par flexographie, offset ou autre traitement de surface. Les prototypes existent déjà. Reste maintenant à les valider en milieu industriel », précise Paul Piette.

Un budget de 900.000 euros sur 3 ans

Composé d'équipes mixtes du CTP et de Malengé, le Lab3P bénéficie des compétences de15 ingénieurs et 8 techniciens sur une période de 3 ans. Son budget est de 900 000 euros sur toute cette période financé à part égale par l'ANR, le Centre technique et l'entreprise. Le contrat convenu entre les deux parties prévoit une répartition de la propriété industrielle. Il est reconductible. Le Lab3P pourra donc poursuivre ses travaux si nécessaire et dans la mesure où il trouvera un financement.

Malengé qui emploie aujourd'hui un vingtaine de salariés pense pouvoir accroitre ses effectifs dès l'année prochaine grâce aux produits qui sortiront de ces travaux de recherche. Son initiative est exemplaire en Hauts de France où ils ne sont que deux pmes à avoir créé un LabCom, d'après Anne Puech, responsable du programme LabCom à l'ANR.

« J'ai été contacté par le Conseil Régional des Hauts de France qui s'inquiétait du manque de LabCom sur son territoire. L'appels à projets qu'il a lancé pour soutenir la collaboration entre les universités, les centres de recherche et les entreprises vont dans le bon sens », indique Anne Puech.

Invité lors de l'inauguration du LabCom dans les locaux de Malengé la semaine dernière, Philippe Suisse de la direction de la recherche, de l'enseignement supérieur, de la santé et des technologies de l'information et des communications (DRESSTIC) du Conseil Régional a dit que l'appel à projets lancé par la Région dans le cadre du programme opérationnel des fonds européens visait en effet soutenir la collaboration entre les universités, les centres de recherche et les entreprises.

En 2005, il y a plus de dix ans, les pôles de compétitivité avaient été créés par le gouvernement dans ce but. Auraient-ils loupé leur objectif ? Pour monter son dossier de financement, Mallengé est passé par Matikem, le pôle régional spécialiste en matériau et chimie verte. Il aurait pu s'en passer, d'après l'ANR, les projets LabCom n'ayant pas à être labellisés par les pôles de compétitivité.

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