La construction d’ITER à Cadarache : La route de la fusion verra passer 230 convois XXL

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Pour parvenir à Cadarache où seront elles seront assemblées, les pièces composant ITER auront dû traverser 16 communes dans les Bouches-du-Rhône. © Iter Organization
Pour parvenir à Cadarache où seront elles seront assemblées, les pièces composant ITER auront dû traverser 16 communes dans les Bouches-du-Rhône. © Iter Organization (Crédits : Iter Organization)
La construction du futur réacteur thermonucléaire va bientôt commencer et nécessiter l’assemblage de différents composants et pièces fabriqués par les sept pays membres du projet. Un itinéraire spécial a dû être aménagé entre Berre et Cadarache (Bouches-du-Rhône), s’inspirant de l’acheminement des pièces destinées à l’A380, à Toulouse. Cette route de la fusion sera testée du 16 au 20 septembre.

104 km de routes et de pistes ont été spécialement aménagés entre Berre l'Étang et Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, afin de transporter les éléments du futur réacteur d'ITER, construits par chacun des pays membres. La route de la fusion, qui traversera 16 communes du département, a été dimensionnée pour que la remorque autopropulsée spécialement conçue par le groupe Daher (qui a obtenu le contrat global de transport et logistique des éléments du tokamak, le réacteur) puisse assurer le transport d'un convoi dont les dimensions totales pourront atteindre 33 mètres de long, 11 m de haut, 9 m de large et 800 tonnes. Les travaux d'aménagement de l'itinéraire ont coûté 112 millions d'euros financés par huit collectivités territoriales.

Du 16 au 20 septembre dans la nuit, une première campagne de tests et de mesures de l'itinéraire est prévue de 22 heures à 5 heures du matin. À cette occasion, les ouvrages d'art (essentiellement des ponts) vont être instrumentés et testés par le CETE Méditerranée (Centre d'études techniques de l'équipement). La remorque autopropulsée sera chargée avec 360 blocs de béton et passera trois fois sur chacun des ouvrages. 260 km de déviations vont être mis en place et 41 communes seront concernées dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Var.

Les convois réels mettront, eux, entre une et trois nuits, pour relier Berre à Cadarache, en fonction de leur gabarit. Plusieurs milliers de composants sont attendus sur le site dans les années à venir : certains tiendront dans un simple colis, d'autres pourront utiliser les routes classiques et, enfin, 230 emprunteront l'itinéraire. Le premier convoi XXL est d'ores et déjà programmé pour le mois de juin 2014, en provenance des États-Unis.

ITER : un coût largement dépassé

 Par ailleurs,  le coût total du programme de construction d'ITER, réparti entre les sept partenaires (Europe, États-Unis, Russie, Inde, Chine, Corée du Sud et Japon, ndlr), était initialement estimé à 12,8 milliards d'euros pour les 10 années de la phase de construction de la machine et à 5,3 milliards d'euros pour l'exploitation sur 20 ans. Il atteint à ce jour 14,6 milliards d'euros. La facture pour l'Europe, la seule à participer aujourd'hui directement au financement et à hauteur de son engagement initial de 45 %, est passée de 2,7 à 6,6 milliards d'euros.

Les autres membres contribuent à hauteur de 9 %, mais en fournissant des prestations en nature : éléments de la machine fabriqués sur leur propre territoire. La France occupe toutefois une place particulière avec son implication à hauteur de 1,168 milliard,dont 467 millions d'euros assurés par huit collectivités territoriales de la région Paca, notamment pour les aménagements routiers (118 millions) et les équipements urbains.

 

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a écrit le 06/09/2013 à 16:28 :
Si je me souviens bien, le choix du site était très disputé entre le Japon et la France.... Heureusement, c'est la France qui a été retenue : l'accident de Fukushima aurait mis fin au programme si c'est le Japon qui avait été sélectionné. D'un autre côté, c'est peut être bien aussi le manque de rigueur coté Japonais qui a douché leurs espérances (des accidents nucléaires dus au manque de transparence avaient déjà eu lieu dans des labos ou des centrales)
Réponse de le 06/09/2013 à 17:10 :
Oui, les japonais, ce peuple inferieur, ne sont pas ouverts sur ses incidents nucleaire, contrairement à nous... Et il n'ont pas eu la chance d'avoir de nuages nucléaires qui s'arretent a leur frontieres, quoique Fukushima ne touche qu'un cer cle de 10kms...
Le risque surtout, c'est de depenser beaucoup de sous, pour encore du nucleaire. C'est du moins ce qu'en disent les critiques.
Réponse de le 06/09/2013 à 22:53 :
Pourquoi parlez vous de peuple inférieur ? Je rappelle simplement que des incidents nucléaires ont été camouflés ou ont tenté d'être camouflés plusieurs fois au Japon : c'est un fait. En France, malgré vos caricatures du discours du Pr Pellerin ("le nuage de Tchernobyl se serait arrété aux frontières" : vous ne devriez pas essayer de faire passer ce Pr pour un crétin, c'est pas crédible !) , donc en France, cela n'est jamais arrivé dans la production d'énergie (mais c'est arrivé dans le domaine de la santé moins rigoureux ...)

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