L’innovation, enjeu stratégique et arme anti-crise pour les PME des Pays de la Loire

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De gauche à droite, Jean-François Balducchi (Atlanpole), Christophe Clergeau, (Conseil régional), Geoffroy Chevalier (Cap Visio), Vincent Charpin (Bepublic et Medef44), Thierry Meignan (Green Park Solutions), Patrick Baudry (Bpifrance), Olivier Roland (ERDF), François Blua (Biodevas), Gaël Desgrées du Loû (DL Medias/La Tribune). © Frédéric Thual/La Tribunee Clergeau
De gauche à droite, Jean-François Balducchi (Atlanpole), Christophe Clergeau, (Conseil régional), Geoffroy Chevalier (Cap Visio), Vincent Charpin (Bepublic et Medef44), Thierry Meignan (Green Park Solutions), Patrick Baudry (Bpifrance), Olivier Roland (ERDF), François Blua (Biodevas), Gaël Desgrées du Loû (DL Medias/La Tribune). © Frédéric Thual/La Tribunee Clergeau (Crédits : Frédéric Thual/La Tribune)
Le Club La Tribune a réuni vendredi 4 octobre à Nantes plusieurs acteurs majeurs de l’innovation dans de la région des Pays de la Loire : Jean-François Balducchi, délégué général d'Atlanpole, Christophe Clergeau, premier vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire et président de la commission Economie-innovation-enseignement supérieur-recherche, Geoffroy Chevalier, PDG de Cap Visio, Vincent Charpin, PDG de Bepublic et président du Medef44, Thierry Meignan, président de Green Park Solutions, Patrick Baudry, délégué régional Innovation BPIFrance Pays de la Loire, Olivier Roland, directeur régional d’ERDF, François Blua, directeur général de Biodevas.

Bien que les Pays de la Loire soient « la troisième région par le nombre de salariés dans les secteurs innovants » comme la rappelé Patrick Baudry, délégué à l'Innovation de Bpifrance, il reste encore un écart à combler pour que la région s'affirme réellement comme un territoire pilote en matière d'innovation. « Nous nous garderons bien de crier cocorico », a voulu mettre en garde Christophe Clergeau, vice-président de la Région en charge de l'Innovation et des Activités économiques.

Aujourd'hui, on estime à 2 000 le nombre de PME bénéficiant d'aides pour porter un projet d'innovation. « Nous voulons passer à 30 000 », a-t-il affirmé. Longtemps à la traîne en matière de R&D, la Région a appuyé sur l'accélérateur de l'Innovation depuis 2008 en soutenant de nombreuses filières existantes ou émergentes : biothérapies, nouveaux matériaux, électronique, végétal… Il existe aujourd'hui 15 plateformes régionales d'innovation (PRI) en phase d'émergence.

Le financement au cœur des débats

Partout, des PME innovent, soutenues pour beaucoup d'entre elles par Bpifrance, qui a financé en 2012 l'innovation pour un montant global de 63 millions d'euros. Besoins en trésorerie, apport en fond propres : les financements peuvent prendre différentes formes mais, prévient son délégué à l'Innovation, « nous sommes aussi contraints par une réglementation bancaire très encadrée. Ce que l'on mesure d'abord, c'est la capacité de remboursement. Et pour ce faire, nous avons des machines qui calculent, mais aussi des hommes qui sont là avec les entreprises pour évaluer les risques ».

Dynamiser le capital risque

Le financement aura été au cœur des discussions entre ces acteurs de l'innovation. Financements publics mais également privés qui, à en croire Jean-François Balducchi, délégué général d'Atlantpole et membre du CESER (conseil économique, social et environnemental régional) manquent cruellement : « Il faut dynamiser le capital risque », a-t-il réclamé. Christophe Clergeau lui a aussitôt d'ailleurs emboîter le pas : « Il faut que les grandes fortunes sortent l'argent de leurs poches ! », a-t-il lancé.

Acte de survie

Bien que la crise puisse être un frein à l'innovation, les chefs d'entreprises présents ont martelé que c'était également dans des périodes économiquement tendues qu'il fallait innover. « La crise est une opportunité, ceux qui innovent gagneront demain », a prévenu Vincent Churpin, président du Medef 44 et lui-même patron de PME. Tous les débateurs se sont accordés pour rappeler l'impératif d'innover, dans les produits certes, mais aussi « dans les organisations et le management », comme l'a souligné Olivier Roland, le directeur régional d'ERDF.

Innover pour la transition énergétique

Son entreprise, acteur unique sur le marché de la distribution d'électricité, n'ayant pas de concurrent, doit néanmoins innover pour accompagner la transition énergétique, véritable rupture des usages en matière de production et de consommation d'énergie. Par ailleurs, a-t-il rappelé, ERDF développe actuellement ses nouveaux compteurs Linky, qui seront installés dans 35 millions de foyers à partir de 2015.

Que les pouvoirs publics suivent !

Innover reste donc un impératif pour les PME, mais encore faut-il que « les pouvoirs publics nous suivent », a expliqué François Blua, directeur général de Biodevas qui produit des solutions naturelles pour les animaux et les plantes, alternative aux pesticides et aux antibiotiques. Son laboratoire, basé dans la Sarthe à Savigné-L'Evêque, doit aujourd'hui se battre pour que la législation française accompagne ses innovations. « Dans d'autres pays, a-t-il observé, le législateur suit les entreprises innovantes afin d'éviter tout blocage juridique ».

Sortir de l'isolement : une nécessité pour innover

Etre accompagné, sortir de l'isolement : tous les participants ont convenu que le danger d'une entreprise est de rester seule dans son coin. Une bonne idée ne vaut qui si elle est soutenue par différents acteurs. Trop de chefs d'entreprises inventent ou veulent inventer mais restent trop isolés pour innover. Thierry Meignan, PDG de Green Park Solution, entreprise qui a développé une carte de paiement pour les stations de recharge des véhicules électriques, ne souffre pas d'isolement mais souhaiterait plus de solidarité.

Tradition humaniste et chrétienne

Alors que Green Park Solution, installée à Laval, multiplie les innovations et collabore avec de grands gestionnaires d'infrastructures (Spie, Vinci, etc.) et de grandes marques automobiles, Thierry Meignan regrette du bout des lèvres : « Trop peu de personnes sont venues me voir en Mayenne ».

La solidarité n'est pas un vain mot sur cette terre ligérienne de tradition humaniste et chrétienne. D'ailleurs, Christophe Clergeau a rappelé que les Pays de Loire sont la seule région avec le Nord-Pas-de-Calais à reconnaître que l'innovation porte aussi sur la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises.

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Commentaires
a écrit le 10/11/2013 à 14:50 :
Ce dont les PME ont besoin pour innover, ce sont des innovateurs DANS les entreprises. Beaucoup de ressources sont déployées aujourd'hui à l'extérieur des PME (conseil régional, état, technopôles, syndicats, pôle compétitivité, IRT, CRITT, ANR, DGCIS...). Ce "millefeuille" est devenu compliqué et les acteurs de l'innovation comme moi ont du mal à se retrouver dans cet environnement. Simplifions l'environnement français de l'innovation et intégrons des ressources dans les entreprises là ou se crée la valeur ajoutée (PIB).
a écrit le 07/10/2013 à 15:49 :
Contrairement à ce que déclare M. Clergeau les Pays de Loire ne sont pas la seule région avec le Nord-Pas-de-Calais à reconnaître que l'innovation porte aussi sur la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises.
Dès le 27 juin 2011, dans son Schéma Régional de Développement Ecologique, Social et Solidaire (SDREESS) pour les années 2011 à 2015, la Région Poitou-Charentes considérait que le financement de l'innovation sous toutes ses formes, c'est-à-dire aussi bien sociale et managériale que technologique, était une priorité de son action. Or, dans ce champ des innovations sociales entre bien la RSE.
Raté !
Réponse de le 09/10/2013 à 12:31 :
Ouais, enfin tout ça ce ne sont que des mots. Pour ma part je préfère le concret plutôt que les grandes considérations inscrites dans les schémas directeurs de telle ou telle collectivité.

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