Le spécialiste du vêtement professionnel Mulliez-Flory sort ses griffes

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Le groupe Mulliez-Flory, leader français du vêtement professionnel sur-mesure, vient d'investir 5 millions d'euros dans une plateforme logistique de 6.000 m² à La Verrie, en Vendée. Cet outil, construit en moins d'un an, est destiné à pouvoir livrer ses clients en 24 heures et à accompagner le développement des marchés d'externalisation de l'habillement des grands groupes français.
Le groupe Mulliez-Flory, leader français du vêtement professionnel sur-mesure, vient d'investir 5 millions d'euros dans une plateforme logistique de 6.000 m² à La Verrie, en Vendée. Cet outil, construit en moins d'un an, est destiné à pouvoir livrer ses clients en 24 heures et à accompagner le développement des marchés d'externalisation de l'habillement des grands groupes français. (Crédits : E. Lizambard)
Le leader français du vêtement professionnel sur-mesure Mulliez-Flory vient d'investir dans une plateforme logistique de 6.000 m² en Vendée pour livrer l'ensemble de ses clients en 24 heures. Parallèlement, il multiplie les innovations autour du vêtement intelligent pour faire la course en tête.

Six mois après la discrète acquisition de la société vosgienne ALM, spécialisée dans le vêtement d'image, le groupe Mulliez-Flory, leader français du vêtement professionnel sur-mesure, vient d'investir 5 millions d'euros dans une plateforme logistique de 6.000 m² à La Verrie, en Vendée. Cet outil, construit en moins d'un an, est destiné à pouvoir livrer ses clients en 24 heures et à accompagner le développement des marchés d'externalisation de l'habillement des grands groupes français.

« De plus en plus, nos clients attendent une réactivité identique à celle du BtoC, malgré des spécificités complexes comme la livraison en dotation individuelle ou groupée, en cartons ou suspendue, au fil de l'eau ou à des dates précises », explique Jacques Gindre, Pdg du groupe Mulliez-Flory.

La première plateforme HQE

Capable de stocker jusqu'à 4 millions de pièces sur deux niveaux, la plateforme dispose d'un carrousel de 3.000 m², d'un système de convoyage et d'outillages pour remplir, trier, identifier, référencer, monter et descendre facilement les cartons. Dotée d'un bassin de rétention et d'un système de sprinklers pour intervenir automatiquement en cas d'incendie, elle serait la première unité de ce genre certifiée HQE (Haute Qualité Environnementale). Engagé depuis dix ans dans une démarche de développement durable, le groupe a investi 200.000 euros dans cette seule opération. Signe de l'appétit de Mulliez-Flory et des nouvelles batailles qui se dessinent autour de la fabrication et de la livraison des vêtements professionnels, la plateforme, construite sur un terrain de 35.000 m² a, d'emblée, été conçue pour doubler de volume, en moitié moins de temps que la première tranche.

« Ce sera le plus tôt possible. Dès qu'un contrat significatif nous le permettra. Nous sommes en négociation pour acquérir la logistique de la RATP pour laquelle nous assurons déjà la fabrication. Des projets devraient sortir pour la Police, la Gendarmerie, l'Armée... Il est donc essentiel de montrer notre capacité d'organisation et de réaction », assure Jacques Gindre qui se dit prêt à lancer l'extension du site dès 2017.

L'effectif du site pourrait alors passer de 35 à 55 personnes, pour un groupe qui emploie aujourd'hui 775 salariés dont 300 en France (220 dans l'Ouest), 20 en Espagne et près de 500 en Tunisie.

En ordre de bataille

« Nous passons ainsi de 5 lieux de stockage (Lille, Marseille et 3 dans l'Ouest) à 2 pour être beaucoup plus efficaces. Nous avons arrêté de travailler avec un prestataire extérieur et nous rationalisons l'exploitation par massification, ce qui devrait au moins nous permettre d'améliorer les flux et notre productivité de 20% à 25% », résume Jacques Gindre. Cet investissement a permis de réorganiser les flux de l'activité d'un groupe qui concentre 9,5 millions de pièces, dont 10% en Espagne.  Désormais, le site historique du groupe, né en 1824 au Longeron, dans le Maine-et-Loire (49), réunira l'ensemble de l'activité santé (blouses, sarrots, casaques de chirurgien, champs opératoires...), tandis que la nouvelle plateforme de La Verrie, plus réactive et en mesure de réaliser des contrôles spécifiques et du picking, sera spécialisée sur le vêtement d'image. Avec ses 2 millions de pièces, la société ALM, reprise au printemps dernier, a permis au groupe Mulliez-Flory de voir son chiffre d'affaires passer de 63 à 85 millions d'euros cette année. Il habille ainsi plus de 2,1 millions de salariés en France et à l'international.

Tradition et... innovation tous azimuts

Pilier du groupe familial HDM Finances (157 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014), leader dans le linge de maison haut de gamme (Garnier-Thiebaut, Denantes, Hilden, De Witte Lietaer) fabriqué en France, le groupe Mulliez-Flory multiplie depuis une quinzaine d'années les opérations de croissance externe, dont la dernière en date avec ALM qui représente 30% de l'activité du groupe. Sur le marché très concurrentiel du vêtement de travail où il est devenu vital d'atteindre une taille critique pour peser dans des appels d'offres internationaux, Mulliez-Flory mise aussi sur l'innovation pour se démarquer. Chef de file du programme de recherche Autonex, qui réunit trois centres de recherches (ENSAIT, Armines, IEMN), deux plateformes d'innovation et de transfert technologique (CETI, CANOE), trois grands groupes industriels (Mulliez-Flory, Eminence, Arkema) et trois PME innovantes (TDV, Percall et Nicomatic), Mulliez-Flory, associé à Eminence, dévoile cette semaine à Tourcoing les premiers prototypes de vêtements connectés, lavables, sans fil, autonomes en énergie pour sécuriser les professionnels de métiers à risques et les patients médicalisés.

Du textile connecté pour lutter contre la pénibilité et le stress au travail

Déjà, les applications se dessinent pour les pompiers dont une montée excessive de température corporelle pourrait déclencher une alarme sonore ou visuelle. Ses nouvelles fibres en composite associant un savoir-faire propre au textile et à l'électronique pourrait mesurer le degré de stress d'un militaire en patrouille, le niveau de fatigue d'un grutier, d'un conducteur de train ou d'avion, ou encore les données physiologiques d'un travailleur isolé. Emergent, le marché du textile connecté qu'il soit pour le milieu professionnel ou pour le secteur médical avec l'arrivée de textiles sensibles  à l'horizon 2019 pour les malade d'Alzheimer laisse augurer de très fortes perspectives de croissance. A l'instar, de Mulliez-Flory qui table déjà sur un chiffre d'affaires de 3,8 millions d'euros cette année-là grâce aux vêtements et sous-vêtements connectés et près du double en 2020. Pour les acteurs du programme Autonotex, doté d'un budget de 9 millions d'euros, l'industrialisation des premiers vêtements connectés devraient aboutir d'ici trois ans. « Ce que représente véritablement le marché, honnêtement, je n'en sais rien, mais l'humanité a toujours été intéressée par l'information. Le législateur devra sans doute se positionner sur la gestion des données, mais on va enfin pouvoir sortir du prédictif », se réjouit Jacques Gindre.

L'enjeu de la prise de mesure autonome

Sans plus attendre, Mulliez-Flory devrait commercialiser, dès 2017, une tenue, mise au point avec le groupe Altran, spécialiste du conseil en innovation, et la société grenobloise Idosens, et capable de mesurer la pénibilité au travail. Le vêtement comprend 10 capteurs intégrés, qui transmettent des données à une interface intuitive, développée spécifiquement, où peuvent être lues les informations sous forme de silhouette ou de graphiques.  Le système reconstitue la posture en 3D en temps réel. Peuvent aussi être mesurés la pression atmosphérique (en altitude, par exemple), le rythme cardiaque, la température, le bruit, la perte de verticalité ou l'absence de mouvement.  «Pour nous, professionnel de l'habillement, l'autre grand sujet, c'est la prise de mesure. L'enjeu est considérable. Aujourd'hui, la prise de mesure est manuelle et, pour tout un tas de raison, il est difficile de rassembler tout l'effectif d'un groupe sur deux ou trois jours. En général, vous avez du mal à capter plus de 70% à 80% des personnes », indique Jacques Gindre qui vise la mise en œuvre, courant 2017, d'une solution souple et fiabilisée pour que chacun puisse prendre ses propres mesures et les transmettre aux fabricants.

Par Frédéric Thual,
correspondant de La Tribune pour les Pays de la Loire

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