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Nantes et Saint-Nazaire dans le jeu de l'alliance des territoires

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Les six projets du programme « Eaux et paysages » lancé par le Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire visent à replanifier les surfaces d'un territoire de 1.872 km² (5 intercommunalités, 61 communes) et 840.000 habitants où sont attendus 150.000 habitants supplémentaires à l'horizon 2030.
Les six projets du programme « Eaux et paysages » lancé par le Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire visent à replanifier les surfaces d'un territoire de 1.872 km² (5 intercommunalités, 61 communes) et 840.000 habitants où sont attendus 150.000 habitants supplémentaires à l'horizon 2030. (Crédits : Décideurs en région)
A travers onze actions d'aménagement touristique et de développement durable engagées autour de la Loire, le Pôle Métropolitain Nantes-Nazaire veut favoriser la solidarité entre les territoires et juguler le déséquilibre entre les zones rurales et urbaines. Une logique amorcée par le plan « Eau et paysages» qui devrait émerger à partir de 2018.

«Il est clair que, sans l'accompagnement du pôle, nous n'avions ni les moyens humains ni les moyens financiers pour porter de tels projets », reconnaît Yvon Lerat, président de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, située au nord de la métropole nantaise, où, courant 2018, doit être mise en valeur et révélée la vallée du Gesvres. Les 10 hectares du parc du château du Haut-Gesvres, à Treillières (44), seront transformés en parc à l'anglaise, au profit d'usages mixtes associant loisirs, détente, aires de jeux, espaces sportifs, etc., et même une œuvre artistique... Le fond de la vallée sera mis en perspective pour inviter les promeneurs à déambuler jusqu'à l'étang, source de la rivière, qui sera lui aussi réaménagé.

C'est là un des six projets du programme « Eaux et paysages » lancé par le Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire, décidé à replanifier les surfaces d'un territoire de 1.872 km² (5 intercommunalités, 61 communes) et 840.000 habitants où sont attendus 150.000 habitants supplémentaires à l'horizon 2030. Sur cet espace traversé par la Loire, composé à 80% d'espaces naturels et agricoles, l'enjeu vise à préserver la qualité de vie et accompagner un environnement économique en croissance.

« Au lendemain de la révision du Scot [schéma de cohérence territorial, Ndlr], le pôle a trouvé son rythme de croisière. La croisière va s'accélérer. Nous sommes dans l'action. Et cette nouvelle manière d'accélérer passe par la Loire », indique Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole et du Pôle Métropolitain Nantes-Saint-Nazaire qui se présente comme un espace de dialogue et de coopération entre cinq intercommunalités et 61 communes.

Pour une lecture paysagère du territoire

A l'horizon 2020, le Pôle métropolitain devrait avoir mis de l'ordre sur cinq autres sites dit « stratégiques » pour le territoire où devraient être centralisés des offres et dessertes touristiques: l'entrée de ville de Saint-Malo de Guersac, porte des marais de Brière ; l'aménagement d'une piste cyclable vers Saint-Nazaire ; des itinéraires piétons et vélos le long de l'estuaire au niveau de Savenay ; la création d'un plateau piétonnier autour du port de Cordemais sur la Loire ; ou encore, le réaménagement des berges du canal de Nantes à Brest sur la commune de Blain.

Aux quatre équipes pluridisciplinaires mandatées, il a été au préalable demandé d'avoir une lecture paysagère d'ensemble sur le territoire. La singularité de la démarche aurait ainsi permis de décrocher des subventions européennes (600.000 euros) dans le cadre du plan Loire et 900.000 euros attribués par le fonds « Ville de demain », programme des investissements d'avenir géré par la Caisse des dépôts et consignation (CDC), dans le cadre d'un label écocité, décerné par l'Etat en 2009. Au total, 5 millions d'euros seront alloués à cette opération d'aménagement touristico-économique.

Cinq belvédères sur la Loire

Au-delà de cette revitalisation rurale, il s'agit de « reconstruire la ville autour du fleuve », à l'instar des propositions faites à l'occasion du Grand débat sur la Loire où les intervenants avaient souhaité une réappropriation du fleuve.  Dans la foulée du plan « Eau et paysage » qui amorce un programme plus large établi pour 2017-2020 autour des questions d'accueil d'entreprises, de télétravail, de pépinières, de mobilité, d'habitat, d'environnement, etc., Nantes métropole a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait lancer un appel à projet artistique pour la construction de cinq belvédères sur la Loire, qui jalonneront, entre Nantes et Saint-Nazaire, la rive droite d'un itinéraire vélo - connecté aux tracés de "La Loire à vélo" et de la Vélodyssée - actuellement étudié par le conseil départemental de Loire-Atlantique. Un moyen aussi de se greffer sur le parcours d'art contemporain Estuaire, de découvrir l'espace naturel et industrialo-portuaire de l'Estuaire.

Une nouvelle façade Atlantique

Cette réflexion est poussée jusqu'aux espaces littoraux de la baie de Saint-Nazaire et Pornichet où un appel à regroupement est lancé aux architectes, urbanistes, paysagistes... pour proposer un nouveau dessin de la façade Atlantique et amorcer la mutation de sites fonciers. Ils devraient rendre leur copie début 2018 de manière à donner les premiers coups de pioche en 2020.

« Au regard des activités balnéaires, touristiques, urbaines, industrielles, portuaires et agricoles, ces territoires, dans leurs grandes diversités d'usages et de fonctions sont indissociables du développement de l'éco-métropole Nantes-Saint-Nazaire, économe en espace et structuré par son armature urbaine », prévient le pôle métropolitain.

Autrement dit, « l'estuaire est un lieu dont il faut, à la fois, prendre soin et rationnaliser les fonciers. A l'instar de ce que nous avons pu faire pour déployer les activités d'EMR sur le port », explique David Samzun, maire de Saint-Nazaire, qui n'aurait, à ses dires, « jamais connu une telle visibilité ». « On ne prépare la ville pour les dix ans à venir mais bien au-delà. Saint-Nazaire n'a pas vocation à construire essentiellement des logements sociaux. On doit pouvoir faire des habitations plus haut-de-gamme », dit le maire de la ville « aux vingt plages » qui ne veut pas devenir une simple station balnéaire, mais plutôt une destination balnéaire où l'on construit les plus gros paquebots du monde.

Par Frédéric Thual, 
correspondant Pays de la Loire pour La Tribune

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