La Tribune

Un météorologue à la tête de l'EM Lyon

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Diane Dupré la Tour. Acteurs de l'économie à Lyon  |   -  464  mots
Le nouveau directeur de la Business School va devoir préciser sérieusement la stratégie de l'école

Fera-t-il la pluie et le beau temps à l'EMLYON Business School ? La CCI de Lyon, administrateur et actionnaire majoritaire de l'école de commerce, vient d'annoncer la nomination de Philippe Courtier à la tête de l'établissement. Ancien chercheur en météorologie, polytechnicien et actuel directeur de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées, Philippe Courtier (53 ans) prendra en juillet la succession de Patrick Molle. Ce dernier avait en effet annoncé son départ anticipé au mois de mai 2011, suite à des tensions avec l'équipe pédagogique sur sa stratégie, après seize ans à la direction de l'école.

Le nouveau directeur affiche un profil d'ingénieur, sans doute propice au rapprochement avec l'Ecole centrale de Lyon dans le cadre du projet Yin Yang, l'un des chantiers engagés par l'EMLYON sur le campus d'Ecully. Par ailleurs son expérience de vice-président de Paris Tech pourrait relancer l'implication de l'école de commerce dans le PRES de Lyon, jusqu'ici jugée plutôt frileuse par l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur). « Les derniers résultats de l'Idex (Initiative d'excellence) ont été calamiteux, commente Philippe Grillot, président de la CCI de Lyon. Même si nous avons récupéré 6 millions d'euros, nous aurions pu récolter plus. Nous avons des investissements lourds à faire dans les locaux : entre 8 et 20 millions selon les degrés d'urgence ».

Parmi les autres chantiers qui attendent Philippe Courtier : poursuivre le développement à l'international (l'école a une stratégie basée sur la création de campus en Inde, en Asie, à Dubaï et aux Etats-Unis) en recentrant vraisemblablement les priorités sur la Chine ; développer le fundrising, l'un des enjeux clés de l'école, à travers le lancement d'une campagne commune Ecole Centrale Lyon/EMLYON. Le futur directeur pourrait par ailleurs profiter du décollage de l'activité « Executive Education », bénéficiaire depuis 2011, et source de hautes attentes financières d'après l'équipe dirigeante. Enfin, le mode de gouvernance interne de l'école devrait évoluer, et voir les enseignants siéger au conseil d'administration (comme c'est le cas aux Pont et Chaussées), répondant ainsi à une revendication forte du corps académique.

Que deviendra le World Entrepreneurship Forum, cet événement initié par l'EMLYON sous le mandat de Patrick Molle et qui réunit chaque année 200 entrepreneurs de 70 pays à Lyon ou à Singapour ? Des rumeurs laissaient entendre que l'événement pourrait quitter l'école dans les valises de Patrick Molle, information démentie par Philippe Marcel, président du conseil d'administration d'EMLYON : « Le WEF est l'un des éléments importants du positionnement de l'école autour de l'entrepreneuriat, et représente des années d'investissement, au total 1,3 million d'euros. Il n'est pas question de récupération ».

Réagir

Commentaires

Villeroy  a écrit le 03/05/2012 à 10:32 :

Une école de management devrait pouvoir trouver parmi ses anciens ou dans le monde des entreprises son directeur. A défaut, elle décrédibilise les formations qu'elle dispense.