La Tribune

Les comptes des départements de Rhône-Alpes plombés par le RSA

En Rhône-Alpes, le nombre de bénéficiaires du RSA socle (ex RMI) a augmenté entre juin 2011 et juin 2012. Copyright Reuters
En Rhône-Alpes, le nombre de bénéficiaires du RSA socle (ex RMI) a augmenté entre juin 2011 et juin 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Agnès Thouvenot, à Lyon (Acteurs de l'économie)  |   -  550  mots
Les rangs des bénéficiaires du RSA ne cessent de grossir en France comme ont pu le constater une nouvelle fois les participants à la Conférence nationale de lutte contre la pauvreté qui s'est tenue lundi à Paris. La région Rhône-Alpes n'échappe pas à la règle. Les moins de 30 ans sont particulièrement touchés.

A l'instar des derniers chiffres du chômage, ceux relatifs au revenu de solidarité active (RSA) sont en forte progression dans toute la région Rhône-Alpes. Et, sans surprise, ils devraient continuer leur pente ascendante dans les prochaines semaines. « Les demandes de RSA connaissent toujours un décalage de quelques mois, le temps que les personnes aient épuisé leurs allocations chômage », insiste Bruno Lachnitt, le directeur de la Mission régionale d'information sur l'exclusion (MRIE). Si les ménages peinent à boucler leurs fins de mois, les finances des collectivités locales sont, elles aussi, en grande difficulté : le conseil général du Rhône, par exemple, doit abonder, d'ici la fin de l'année, de près de cinq millions d'euros son budget initial dédié au RSA afin de verser les allocations en temps et en heure.
Partout en Rhône-Alpes, le nombre de bénéficiaires du RSA socle (ex RMI), a augmenté entre juin 2011 et juin 2012, mais les réalités par départements sont très contrastées : + 6% dans l'Ain, + 4,41% en Isère, mais -1% dans la Drôme. « Cette disparité tient à la structure régionale de l'économie, certains territoires ayant connu, comme la Drôme et l'Ardèche, une forte déprise économique ». Même écho dans la Loire où « nous ne nous attendons pas dans les prochains mois à une hausse massive du RSA », précise Jean-François Barnier, le vice-président du conseil général de la Loire. Les différences infra-départementales sont aussi très fortes notamment en Savoie et Haute-Savoie où la saisonnalité de l'emploi impacte directement le nombre de bénéficiaires du RSA. « Nous sommes moins inquiets dans les vallées où la saison de ski crée un nombre important d'emplois que pour des villes comme Chambéry ou Aix-les-Bains », souligne-t-on au conseil général de la Savoie.

Evolutions inquiétantes

Toutefois, les moyennes annuelles cachent les évolutions inquiétantes de ces dernières semaines. « Après une légère baisse du nombre de bénéficiaires du RSA de juillet à septembre 2011, le département connaît une nouvelle hausse significative à partir d'octobre 2011. Un nouveau pic a été atteint en mai 2012 », observe-t-on dans l'Ain. Dans le Rhône, les services du conseil général rendent compte également d'une augmentation de 3% depuis le mois de juin.
Certes, l'état des carnets de commande dans le secteur privé explique la hausse du chômage, mais « la baisse vertigineuse des contrats aidés » est aussi une explication importante, comme le note le rapport annuel de la MRIE. « Entre 2010 et 2011, le nombre d'entrées en contrats aidés non marchands (Contrats d'Accompagnement dans l'Emploi) a diminué de 3,4 % en Rhône-Alpes, et de 36% dans le secteur marchand (Contrats Initiative Emploi).
Mais si Pôle Emploi confirme bien la progression du chômage de longue durée, l'organisme public n'observe pas pour autant une augmentation massive des bénéficiaires de l'association spécifique de solidarité (ASS). L'explication résiderait plutôt dans l'entrée massive d'un public jeune, touchant le RSA à partir de leur 25ème année, sans être passé par la case chômage. Dans le Rhône, en juin 2011, les moins de 30 ans représentait 18,7% des allocataires. Un an plus tard, ils sont 21,2%.
 

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Commentaires

villeroy  a écrit le 21/02/2013 à 21:32 :

Si la conférence nationale de lutte contre la pauvreté ne sert qu'à produire de pauvres statistiques, autant la clore de suite.

pemmore  a écrit le 12/02/2013 à 14:47 :

Dans un sens c'est bien le rsa, ça va obliger les conseils généraux à se battre pour l'emploi au lieu de subventionner des choses bien peu utiles, honnêtement chez-moi ils se donnent du mal et ça paye.

saratoga  a écrit le 11/12/2012 à 13:19 :

Avec l'augmentation du chômage, et du RSA, çà va pas s'améliorer !!