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Denis Masseglia, président du comité olympique français

"20.000 emplois pourraient être créés dans les clubs"

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Elu président du Comité national olympique français en mai dernier, Denis Masseglia s'est attelé à la préservation des revenus du mouvement sportif et espère avoir une chaîne de télévision.

NEW YORK - SEPTEMBER 08: Jo-Wilfried Tsonga of France serves against Fernando Gonzalez of Chile during day nine of the 2009 U.S. Open at the USTA Billie Jean King National Tennis Center on September 8, 2009 in the Flushing neighborhood of the Queens borough of New York City.   Matthew Stockman/Getty Images/AFP

Dans l'hypothèse où Annecy ne serait pas choisi pour les Jeux d'hiver 2018, la candidature de la France peut-elle remettre en cause ses chances pour les JO d'été ?

Il faut montrer que la France a une ambition olympique. Le CIO est sensible à cet aspect. Cette ambition ne peut pas concerner uniquement les Jeux d'été. Ce n'est pas à la carte. Avoir les Jeux, cela permet de remplir trois objectifs : rendre la France plus sportive, sensibiliser le public au développement durable et montrer que le sport à un rôle sociétal.

Vous allez vous porter candidat à l'obtention d'une chaîne de télévision sur la télévision numérique terrestre ?

Oui, celle-ci proposerait des retransmissions en direct, des magazines, des débats et des jeux. Elle diffuserait uniquement des événements libres de droit. Cette chaîne correspond à un véritable manque pour le mouvement sportif, qui a besoin d'une autre forme d'exposition. Nous avons estimé son budget à 15 millions d'euros. Pour le financement, nous avons plusieurs pistes. Les ressources doivent provenir à la fois de l'Etat, des collectivités, du monde économique et du mouvement sportif.

Quels sont vos principaux projets pour le sport ?

Premier gros chantier, la réforme des collectivités territoriales. Elles sont le premier financeur public du sport avec 9 milliards d'euros investis, loin devant les 400 millions d'euros que le ministère injecte dans le sport. Les communes apportent 8 milliards d'euros, et les conseils généraux et régionaux 1 milliard ? la moitié allant vers les équipements, l'autre moitié dans le fonctionnement. Que se passera-t-il si, demain, la région et le département ne peuvent plus librement investir dans le sport ? Ce sont 500 millions d'euros qui sont en jeu. La ministre est au courant. Elle est mobilisée à 100%.

Autre chantier ?

Le second chantier concerne les 20.000 emplois qui pourraient être créés dans les clubs. Est-ce qu'un club de foot de banlieue peut former et obtenir pour un jeune qu'elle a envie d'embaucher les diplômes nécessaires ? Non. Il faut simplifier le dispositif actuel. Aujourd'hui, un jeune peut mettre deux, trois ou quatre ans pour obtenir le certificat de qualification professionnelle dont il a besoin. Cette durée doit être réduite. Pour cela, il faut mutualiser les demandes venant des différents sports pour qu'il n'y ait pas d'engorgement administratif. Je suis optimiste car la volonté est là.

Du côté des paris sportifs, qu'attendez-vous du droit de propriété des compétitions qui permet de toucher des revenus supplémentaires ?

Il est légitime car c'est une reconnaissance du patrimoine. Mais il faut être prudent sur l'aspect commercial. L'offre ne doit pas aboutir à une forme de déséquilibre. Ainsi, tous les opérateurs, ou presque, de paris doivent avoir accès à la Ligue 1. C'est pourquoi les sports doivent être solidaires entre eux. Nous allons tenter d'être le plus régulateur possible.

Les sportives françaises obtiennent peu de résultats ces dernières années. Comment l'expliquez-vous ?

Peut-être est-ce un problème cyclique. Aux Jeux olympiques d'Athènes 2004 par exemple, il y a eu des médailles féminines mais uniquement dans certaines disciplines. Nous avons un potentiel féminin qui n'est pas suffisamment axé sur plusieurs sports. On se heurte peut-être également à un problème de communication. Il faut expliquer que c'est épanouissant pour une femme de faire du sport. Chez les Anglo-Saxons, toutes les filles font du sport. Nous ne sommes pas dans cette situation. C'est un problème de société. Mais c'est un travail de longue haleine.

Notre ambition olympique ne peut pas concerner uniquement les Jeux d'été.

Propos recueillis par Sandrine Cassini et Alexandre Jaquin

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