« Avec Bpifrance Inno Génération, nous servons l’avenir en soutenant l’innovation »

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Paul-François Fournier, Directeur exécutif en charge de l’innovation chez Bpifrance.
Paul-François Fournier, Directeur exécutif en charge de l’innovation chez Bpifrance. (Crédits : N. Goutier)
Les 25 et 26 mai prochains, se tiendra la deuxième édition de Bpifrance Inno Génération, le plus grand rassemblement d’entrepreneurs en France. L’occasion de faire le point sur l’avenir de l’entreprenariat français avec Paul-François Fournier, Directeur exécutif en charge de l’innovation chez Bpifrance.

Comment améliorer le soutien aux entreprises françaises innovantes ?

Il faut créer encore plus de business angels, comme ceux qui ont déjà réussi et qui investissent de l'argent en France tout en apportant leurs compétences en matière de financement. Ce sont des exemples, des role model comme on dit en anglais, de par leur succès et leur expérience. Une des réussites majeures de la Silicon Valley, ce sont ces entrepreneurs à succès qui ont ensuite aidé et accompagné de jeunes start-up. Deuxième action : faire venir plus de fonds de financement étrangers en France, en particulier pour les levées importantes. Bpifrance est financeur de plus de cent fonds de capital risque. Il faut développer la culture internationale des fonds français. Il s'agit également de valoriser les success story françaises. La French Tech est sur ce point très importante, car c'est une marque qui représente la France innovante dans le monde.

Les start-up créent-elles des emplois ?

Les deux moteurs de création d'emploi sont les PME et les start-up et autres entreprises de croissance. Elles amènent aussi une valeur indirecte dans le secteur du BtoB, en améliorant l'efficacité des groupes avec lesquels elles travaillent. Évidemment, c'est un écosystème en devenir, qui grossit. Nous sommes actuellement dans cette phrase d'élargissement. Bpifrance a également la volonté de développer le maillon manquant du cercle vertueux de l'innovation : la sortie du statut de start-up. Certaines vont devenir des Criteo ou des BlaBlaCar, mais la majorité d'entre elles vont atteindre un palier. Il faudrait que ces petites structures aient accès à des marchés plus massifs pour se développer. Aux États-Unis, Google a racheté 70 start-ups ces dernières années, contre seulement 40 pour l'ensemble des entreprises du SBF 120 ! Or, en intégrant ces start-ups, les grands groupes français peuvent acquérir des technologies, mais aussi des compétences, des savoir-faire d'entrepreneurs qu'ils n'arrivent pas à trouver en interne, de l'agilité. Ils peuvent renouveler leurs gammes de produits et services, leurs équipes et même leur vision du monde. Pour le système financier, c'est une manière de faire revenir l'argent dans les fonds qui ont investit au départ, un moyen de boucler la boucle.  Pour remplir ces missions, Bpifrance a créé le Hub. Nous disposons d'une base de données de 40 000 entreprises innovantes que nous finançons depuis quinze ans, et une équipe qui va voir les grands groupes - une trentaine pour l'instant, un chiffre que nous voulons tripler en 2016 - pour les mettre en contact avec dix ou quinze start-ups. Nous disons à ces grandes entreprises : commencez à travailler avec elles, et pourquoi pas, demain, investissez dans ces structures innovantes, ou rachetez les.

Comment rassurer ces grands groupes qui ont peur de se faire « ubériser » par les start-up du numérique ?

Il vaut mieux s'injecter un virus à petites doses dans son système immunitaire plutôt que d'être attaqué par un virus externe. Nous sommes favorables à cette idée d'internaliser la question le plus tôt possible. Surtout que dans une grande structure, on a toujours tendance à minimiser les dangers qui viennent de l'extérieur. Or, introduire la stimulation à l'intérieur de l'entreprise, c'est une formidable opportunité pour créer de la tension positive et du mouvement. C'est aussi un moyen d'intégrer de nouvelles compétences. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes diplômés issus des grandes écoles veulent créer leur start-up ou travailler pour ces entreprises innovantes. Les intégrer permet d'accueillir dans son entreprise les cadres dirigeants de demain.

Bien sûr, ce n'est pas simple, mais les groupes sont conscients que le monde change : beaucoup d'entre eux mettent en place des incubateurs internes ou externes. De plus, les programmes de R&D (recherche et développement) ne débouchent pas tous sur des succès. Donc pourquoi ne pas investir une partie de cet argent dans des start-ups ? Pourquoi accepter de prendre des risques dans votre R&D et pas avec des éléments extérieurs ? Nous savons que beaucoup de ces start-ups ne deviendront pas des groupes du CAC 40. Et inversement, certains groupes dont nous sommes actionnaires ne possèdent pas les gènes pour répondre aux défis du monde de demain.

Quelle est la place de la France sur la carte mondiale de l'innovation ?

La France est en train de mettre en place une dynamique positive, Les levées de fonds significatives sont de plus en plus nombreuses : en 2013, il y a eu une seule levée de plus de 100 millions d'euros, contre six en 2015 ! Des entreprises innovantes comme Parrot ou BlaBlaCar ont pris une dimension mondiale. Au premier quadrimestre 2016, le site Tech.eu, qui recense les levées de fonds, met la France en tête en Europe. Bien sûr, c'est une course de fonds, les concurrents sont nombreux. En Europe, nous voulons développer des fonds pan européens. Des fonds français comme Partech, Iris ou Sofinova ont d'ailleurs déjà une dimension européenne.

Quelles sont les autres initiatives de Bpifrance pour favoriser ces start-up et PME innovantes ?

Nous venons de lancer la troisième édition de l'initiative ubi/io du HUB Bpifrance, en partenariat avec Business France. Il s'agit d'un programme d'accélération intensif de 10 semaines pour 18 start-up du numérique. 10 à San Fransisco et 8 à New York. L'objectif est qu'elles s'implantent aux Etats-Unis dans l'année comme l'ont déjà fait 14 des 16 start-up qui ont participé aux deux premières éditions de ce programme. Nous avons développé en 2015 un programme similaire en Chine. Et les 25 et 26 mai prochains, se tiendra la deuxième édition de BIG (Bpifrance Inno Génération) à l'AccorHotels Arena, où nous attendons 20 000 personnes. Durant 24 heures, start-up, PME, ETI et grands groupes vont se rencontrer, dialoguer, échanger et se mélanger. Des speakers de renoms viendront partager leurs expériences, des ateliers aborderont les dernières tendances en matière d'innovation, de l'intelligence artificielle au magasin du futur en passant par la transition digitale. À Bpifrance, notre slogan, c'est « servir l'avenir ». Bpifrance Inno Génération est le point culminant de cette démarche.

Pour rejoindre Bpifrance Inno Génération les 25 & 26 mai prochains à l'HotelsAccor Arena (Paris-Bercy), inscrivez-vous sur www.bpifrance.fr/innogeneration

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