La rentrée littéraire pourrait faire décoller les ventes de livres numériques

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Les éditeurs français misent sur le numérique avec des prix plus attractifs et de larges extraits gratuits. En parallèle, ils ont maîtrisé leur production « papier » cette année avec 654 romans français et étrangers contre 700 en 2010.

Pour les possesseurs d'une tablette numérique, la rentrée littéraire s'est faite très en avance. Dès le mois de juillet, ils ont pu découvrir gratuitement de larges extraits (entre 30 et 40 pages) du dernier roman de leur écrivain préféré sur les différents sites de téléchargement de livres électroniques. De quoi aiguiser l'appétit avant la ruée dans les librairies...

Car cette année, les éditeurs ont misé plus largement sur le numérique pour promouvoir leurs poulains, avec la sortie simultanée de nombreux romans en version papier et au format électronique. Avec un autre argument fort, le prix : les éditions électroniques sont vendues de 15 à 20 % moins chères. Ainsi « Tuer le père », le dernier opus d'Amélie Nothomb (Albin Michel) est proposé à 11,99 euros au format numérique contre 16 euros pour la version papier.

Même l'iBook Store la librairie en ligne d'Apple - qui stagnait depuis son lancement en 2010 - s'étoffe. Elle s'enrichit de 500 titres du groupe La Martinière (Le Seuil, L'Olivier) qui viennent s'ajouter au catalogue du groupe Hachette (Grasset, Stock, Fayard), d'Albin Michel et d'Eyrolles. Si certains éditeurs refusent toujours d'entrer dans le magasin en ligne d'Apple, tous mènent activement une politique d'édition numérique : chez Gallimard ou Robert Laffont la quasi totalité des ouvrages de cette rentrée seront disponibles au format électronique, vendus sur les plate-formes en ligne de la Fnac, ou de Chapitre.com Le marché américain sert de modèle aux éditeurs français. Une étude du centre de recherche Pew montre que la part des possesseurs de liseuses électroniques (comme le Kindle d'Amazon) a doublé en six mois, passant de 6 % en novembre 2010 à 12 % en mai dernier. A cela s'ajoute les 8 % d'Américains qui ont investi dans une tablette multi-usage comme l'iPad ou la Galaxy Tab de Samsung. Les éditeurs français sont d'ailleurs alléchés par les prévisions des analystes qui estiment qu'il se vendra bientôt plus de tablettes que d'ordinateurs. Cependant si la consommation de livres numériques augmente, 27 % des ouvrages téléchargés le sont depuis un site illégal, selon une étude du cabinet GfK. La majorité des lecteurs utilisent néanmoins les sites Internet des fonds de bibliothèque comme Google Books ou Gallica (52 %) et des librairies en ligne comme la Fnac ou Chapitre.com (41 %). A noter enfin que la majorité des ouvrages téléchargés (77 %) est constituée de livres gratuits.

Une affaire de papier !

Reste que la rentrée littéraire demeure encore cette année une affaire de papier ! Le magazine professionnel «Livres Hebdos » a recensé 654 nouveaux romans français et étrangers à paraître entre septembre et octobre. Une production resserrée loin des excès des années passées (700 ouvrages en 2010 !). Ce sont les premiers romans qui font les frais : ils ne sont que 74 contre 85 en 2010. A l'opposé, l'offre de romans étrangers progresse avec 219 titres contre 204 l'an passé. Autre signe de prudence : seuls deux ouvrages ont été imprimés à plus de 100.000 exemplaires, «la femme au miroir» d'Éric-Emmanuel Schmitt (120.000) et « Tuer le père » d'Amélie Nothomb (200.000).

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a écrit le 28/08/2011 à 11:00 :
En dehors des romans, il ne faut pas oublier tous les petits éditeurs sur des niches particulières comme nous sur le droit du travail qui font un travail de qualité pour permettre l'accès à l'information à un public qui par ailleurs, n'iraient pas forcément acheter des livres papiers. A notre façon, nous contribuons à ce que les personnes continuent de lire et pas seulement des textes de 5 lignes.

Notre site www.editionscmg.com propose ainsi le téléchargement de livres électroniques sur des problématiques précises en droit du travail. Loin des légendes urbaines qui circulent sur le net dans nombre d'articles gratuits fait à la va vite, nous proposons une analyse poussée...

Et pourtant on parle pratiquement toujours des romans pour les livres numériques et rarement de tous les guides pratiques existants ou des livres avec contenu augmenté...
a écrit le 24/08/2011 à 9:47 :
je suis totalement contre,le livre numerique,car il peut etre effaçable,a distance,selon les interets,de l'auteur,editeur,ou censure,donc ce n'est qu'une excroquerie,de plus dans notre epoque pourrie jusqu'a la moelle....
a écrit le 23/08/2011 à 11:11 :
Les livres sont-ils devenus consommables ?
Un fichier acheté, téléchargé sur la liseuse (protégé par DRM normalement), si l'appareil tombe en panne, se casse, devient obsolète, on le rachète ?
Qu'a-t-il été prévu pour bénéficier du téléchargement à vie (celle de l'acheteur) du fichier "livre" en cas de changement d'appareil, .. ?
Dans 30 ans, pourra-t-on encore lire le livre électronique acheté en 2011 ? Est-ce du "Je lis et jette ?". Quid des bibliothèques électroniques ?

Les fichiers sont attachés à l'acheteur, donc non transmissibles par succession. Pour faire lire un livre qui a plu, soit la personne l'achète pour voir, soit on lui prête notre liseuse.

D'après les chiffres, 20% du prix du bouquin papier, c'est le support physique + l'impression + le transport.

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