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Le PDG de la Fnac veut sauver le livre menacé par les "pure-players"

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Alexandre Bompard assure que le livre ne disparaîtra pas des rayons de la Fnac. Et se prépare à affronter le rouleau compresseur Amazon qui, avec l'arrivée d'autres supports numériques, met en branle l'industrie du livre.

Le PDG de la Fnac Alexandre Bompard affirme dans une interview au magazine Livres Hebdo, publiée ce vendredi, que le livre est central dans la stratégie de l'enseigne française, face à l'offensive du géant américain de la distribution en ligne Amazon. "Il faut absolument éviter qu'un "pure-player" (sur internet), pour qui le livre n'est qu'un produit d'appel, ne devienne un acteur hégémonique sur le marché", dit-il au magazine spécialisé.

A la Fnac, "la place du livre n'a pas vocation à diminuer", assure-t-il. Alexandre Bompard entend aussi convaincre la chaîne du livre de la nécessité de s'unir pour contrer la percée des "pure-players" internet. "Le moment est venu de mettre tout le monde autour d'une table pour trouver des solutions. Il faut repenser notre modèle collectif, rediscuter des prix, des marges, du portage des stocks, de leur financement", poursuit-il. "Le livre sera la prochaine industrie culturelle à devoir évoluer. Ce devrait même être l'un des chantiers prioritaires du prochain ministre de la Culture", assure-t-il.

Les libraires épargnés par les licenciements

La Fnac a annoncé récemment un plan de licenciement de 500 personnes mais Alexandre Bompard rappelle qu'aucune des suppressions de postes ne touche les libraires. "L'an passé nous avons même regagné des parts de marché, après en avoir perdu en 2009-2010", assure Alexandre Bompard, qui évalue à 16% la part actuelle de la Fnac sur le marché du livre. "Je suis très préoccupé par la baisse du secteur, qui décroche encore de plus de 7% depuis le début de l'année. Dans un tel contexte, la Fnac, filiale de Pinault-Printemps-Redoute (PPR), n'a pas d'autre choix que de renforcer son leadership", estime-t-il.

Dans le secteur du livre, ces évolutions inquiètent car elles touchent le premier vendeur en France avec, selon les estimations de Livres Hebdo, un chiffre d'affaires annuel d'environ 550 millions d'euros, dont 17% réalisés sur internet via Fnac.com. François-Henri Pinault, PDG de PPR, "nous a récemment déclaré qu'une vente de la Fnac n'était pas d'actualité", indique par ailleurs Alexandre Bompard.

S'ouvrir à de nouveaux univers

Pour la Fnac, l'avenir, assure-t-il, "c'est l'intégration de nouvelles familles de produits et le développement d'univers thématiques qui ne se feront pas au détriment du livre, même dans les magasins". "Nous trouverons les espaces nécessaires au déploiement des nouveaux univers en rationalisant l'organisation des lieux de vente et en réduisant la place des produits en déclin, qu'ils soient éditoriaux comme la musique qui occupe encore un vaste espace dans nos magasins, ou techniques, comme le GPS", souligne-t-il.

"La Fnac doit sortir de ses dogmes selon lesquels elle doit tout faire elle-même, avec des magasins exploités en interne, offrant exclusivement des produits éditoriaux et technologiques sur des surfaces d'au moins 2.000 m2". Désireuse d'ouvrir ses premiers établissements franchisés à la fin de l'année, la direction travaille actuellement à l'élaboration d'un cahier des charges et affirme que le livre y aura une place forte.

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Commentaires

pemmore  a écrit le 16/03/2012 à 17:25 :

Ils ont intérêt à garder les livres classiques car pour le numérique ça ne tient pas la route, des liseuses minables et chères ,le gars incapable d'expliquer comment ça marche ,accroché à l'idée d'une 7 pouces le client peut avoir envie d'une 8,9 ou10 pouces et pas remarqué(je peux me tromper) de livres numériques sur support fixe genre sdcard dans une boîte genre boîte à disquettes.
Ils sont incapables de suivre le mouvement du numérique.

Libre air  a écrit le 16/03/2012 à 16:58 :

Le discours est contradictoire... Salon du Livre oblige, Monsieur Bompard prétend que le livre revêt une importance stratégique pour la fnac mais il avoue aussi que "c'est l'intégration de nouvelles familles de produits"... Va-t-on bientôt pouvoir, comme chez amazon, s'abonner à des envois de couches culottes hebdomadaire ? (véridique !)
Pour défendre le livre, mieux vaut faire travailler les libraires indépendants locaux ou les enseignes de librairies en ligne spécialisées... Il y en a pléthore et il est dommage qu'elles n'aient pas plus de visibilité (decitre, furet, bdfugue, mollat, chapitre...)

toccata  a écrit le 16/03/2012 à 10:42 :

Il y a longtemps que je trouve sur amazon autre chose que la bouillie commerciale en tête de gondole des supermarchés de la culture. Et je me demande bien pour qui le livre est un produit d'appel. Pour celui qui permet d'acheter un livre directement depuis le support de lecture. Ou pour celui qui ne manque pas de faire passer ses acheteurs devant les rayons hi-fi vidéo etc...