La Tribune

Lex Google : Eric Schmidt sera à Paris lundi

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Sandrine Cassini  |   -  644  mots
Fleur Pellerin a révélé qu'Eric Schmidt serait à Paris lundi 29 octobre. Le patron de Google rencontrera François Hollande et la ministre de la culture Aurélie Filippetti. Une occasion d'aborder tous les sujets, et même ceux qui fâchent. D'ores et déjà, la ministre déléguée à l'Économie numérique souhaite une solution négociée avec les éditeurs, plutôt qu'une loi.

Lundi, Eric Schmidt, le président exécutif de Google sera à Paris. Une visite programmée dans le cadre d'une tournée européenne des bureaux de Google, et dont il va profiter pour rencontrer l'exécutif français. Ainsi, le président exécutif de Google a-t-il rendez-vous avec François Hollande, une réunion à laquelle Fleur Pellerin la ministre déléguée au numérique assistera également. Une rencontre en tête à tête est également prévue avec Aurélie Filippetti. L'occasion certainement d'évoquer la "Lex Google", le système de rémunération voulu par les éditeurs de presse.

Une chose est sûre, les dirigeants de Google ont peu apprécié que la ministre déléguée au numérique, Fleur Pellerin, actuellement en voyage aux États-Unis, se charge elle-même de dévoiler l'agenda d'Eric Schmidt au site d'information américain Quartz. Si la "Lex Google" fera bien partie des sujets, l'ensemble des problématiques (Internet, fiscalité) devrait être balayées. "En tant que Président Exécutif de Google, Eric Schmidt rencontre régulièrement des dirigeants nationaux et des membres de gouvernements. Cela fait partie intégrante de son travail", indique le communiqué officiel du moteur de recherche.

Fleur Pellerin souhaite une solution "négociée" entre éditeurs et Google

D'ores et déjà, Fleur Pellerin a sa proposition pour résoudre le problème spéficique de la Lex Google. "Je vais suggérer à Google et à la presse d'entamer des négociations (...) pour une durée qui pourrait être de trois mois, et d'essayer de trouver un accord négocié", a annoncé Fleur Pellerin à Quartz. La ministre juge que "les deux parties tirent avantage du trafic croisé" créé par l'indexation des informations, considèrant ainsi que la requête de la presse française est justifiée. L'objectif de la négociation: trouver une solution à l'amiable, qui ne nécessite aucune législation particulière. La ministre rejette d'un revers de la main la proposition des éditeurs de presse, qui nécessiterait la mise en place d'un "droit voisin", et donc une modification du droit de la propriété intellectuelle.

Calmer le jeu avec Google

Bien qu'elle ait coupé l'herbe sous le pied du service de communication du géant de Mountain View, la ministre de l'économie numérique a aussi expliqué qu'elle ne voulait pas que la France soit vue comme un pays anti-Google. "Google est un outil merveilleux et un acteur majeur de l'écosystème numérique", a-t-elle indiqué au site américain. 

La pression monte en Europe

Cette solution de compromis a comme but d'appaiser le conflit entre le moteur de recherche et le gouvernement français. La semaine dernière, Google avait menacé de désindexer toute la presse française, si le système d'une taxe, donnant lieu à une rémunération des éditeurs, était mis en place. Cette position avait été révélée à la suite d'une fuite dans la presse d'une note interne du moteur de recherche adressée au ministère de l'économie numérique. On voit mal comment Google pourrait accepter de manière négociée de rémunérer les éditeurs, alors qu'il ne le fait pour aucun contenu. Mais il est vrai que partout en Europe, la pression monte sur le sujet. Réunis à Rome cette semaine,  éditeurs français, allemands et maintenant italiens ont estimé que Google captait l'essentiel de la valeur des contenus, sans octroyer de contrepartie suffisante.

Divergences de vue avec Aurélie Filippetti

Reste à savoir ce que pense Aurélie Filippetti de la proposition de Fleur Pellerin. La ministre de la Culture a dit qu'elle considérait la création d'un "droit voisin " comme "extrêmement pertinente". Et sur le papier, la presse est une prérogative directe de son ministère.

Réagir

Commentaires

Boulu  a écrit le 28/10/2012 à 21:52 :

Ils publient leurs articles mais ils veulent pas que google les partage. Alors pourquoi ils les mettent sur internet sachan que tout ce qui est sur le net n'apartient a personne

Lopi  a écrit le 28/10/2012 à 17:24 :

Pas de contrepartie suffisante ? C'est une blague. Les éditeurs sont référencés sur le plus grand moteur de recherche du monde. Ils auraient énormément à perdre si Google décidait de les virer de son moteur ! Ces charognards veulent juste se faire du fric sur le dos de Google.

LolCat  a écrit le 28/10/2012 à 12:31 :

La pression monte en Europe ? Mais quelle pression ? La pression des presses allemande, française et italienne qui en choeur hurlent que 1 + 1 = 3 ? Ils peuvent se rouler par terre, hurler, agir de concert pour déployer des éléments de langage - "auxiliaire de démocratie" dixit Joffrin, "pilier de la démocratie" dixit Demorand -, activer leurs réseaux d'anciens de la rue Saint-Guillaume (l'élite des tocards), en appeler à Hollande ; un plus un ne sera jamais égal à trois. La vision qu'ont ces dirigeants de groupes de presse s'appelle un biais collectif. CQFD. Et effectivement, pourquoi dans ce cas seule la presse serait rémunérée ? Allons plus loin, pourquoi les développeurs qui ont codé la page web d'un article ne seraient pas rémunérés de la même façon que les journalistes dans ce cas ? Faîtes un Ctrl+U sur la page d'article, et constatez la part que représente l'article parmi le code HTML et le code JavaScript. Quantitativement, cette part est généralement plus importante que l'article ; qualitativement, le code est, pour le moins tout aussi important que l'article. Il faut mater ce nouveau lobby de la presse qui, lui aussi, après le lobby de l'industrie du divertissement, a décidé de se comporter en parasite d'Internet. Les sites de presses sont libres d'être indexés ou pas, libres de faire du payant ou du gratuit, mais il est hors de question qu'ils perçoivent un revenu, a fortiori produit d'un impôt, pour être indexés. Le microcosme médiatico-artistico-politique c'est la Cour du Roy des temps modernes, une noblesse de toc.