La France pousse un projet de « Big data » européen à Bruxelles

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François Hollande va défendre devant le Conseil européen jeudi un plan d’action destiné à faire émerger des acteurs de rang mondial dans le marché prometteur du traitement massif des données, selon un document de travail que La Tribune a pu consulter.

C'est la proposition phare de la France en matière de numérique à Bruxelles. Lors du Conseil européen qui se réunit ce jeudi et ce vendredi, François Hollande va défendre le principe d'une initiative de l'Union en matière de « Big data », l'objectif étant de « faire émerger des acteurs européens de rang mondial » dans le marché prometteur du traitement massif des données, selon un document de travail que La Tribune a pu consulter. La France propose « un volet législatif et réglementaire harmonisé à l'échelle européenne favorable à l'émergence d'un marché unique des Big Data », marché estimé à 8% du PIB européen en 2020. « L'Europe doit adopter une attitude offensive pour conquérir des parts de marché » indique ce document joint en annexe à la « contribution française à l'Europe numérique » adressée aux participants du Conseil européen.

Financement européen et plan d'action « emblématique »

« Le monde crée aujourd'hui en deux jours autant de données que ce qui a été produit jusqu'à l'invention d'Internet » doit notamment souligner le Président de la République devant les autres chefs d'Etat et de gouvernement. Paris préconise de dédier aux Big data une partie du programme européen d'investissement dans la recherche et l'innovation Horizon 2020 : le Conseil européen déciderait ainsi d'un plan d'action « emblématique, mobilisant toutes les dimensions des politiques publiques, recherche, financement, formation, commandes publiques » sur ce marché, perçu comme l'une des « prochaines vagues d'innovation numérique. » L'exemple du « cloud computing » est également cité mais l'informatique en nuage (stockage et accès à distance) est jugée moins conciliable avec l'objectif d'une construction commune. La France souligne qu'il « ne faut pas céder à la tentation d'un protectionnisme européen » revenant à « fermer les frontières numériques en forçant la localisation des données », car cela pénaliserait à terme les acteurs européens eux-mêmes.

Un « réseau social » pour les startups européennes

François Hollande va également défendre l'idée d'une meilleure mobilisation de la commande publique pour « accélérer la croissance des startups européennes » en jouant sur l'effet de levier de l'ensemble des pays de l'Union. Il est envisagé de proposer la création d'un « réseau social de la première référence publique européenne » : l'idée est d'augmenter la visibilité des startups de l'Union auprès des acheteurs publics en leur permettant de mettre en avant, sur un portail dédié probablement, leur premier contrat avec un donneur d'ordre public d'un des Etats membres et ainsi faciliter la mise en relation. « Les acheteurs publics engagés dans cette démarche pourront être soutenus par la BEI », la banque européenne d'investissement, précise le document français.

Le numérique, vecteur d'un « agenda positif » et « enjeu de confiance »

A quelques mois des élections européennes, le numérique est perçu à l'Elysée comme faisant partie d'un « agenda positif », de nature à « remobiliser » les citoyens, confie un conseiller du Président. « Ce n'est pas facile de trouver les mots pour parler concrètement d'Europe. Or le numérique fait partie du quotidien des gens, les applications et la musique qu'ils téléchargent sur leur smartphone, etc. Ce n'est pas avec l'union bancaire que l'on fait voter les électeurs » constate-t-il. C'est aussi « un enjeu de confiance, si l'Europe retrouve de la fierté » en se redonnant une ambition commune, une stratégie industrielle dans un secteur d'avenir où elle n'a pas su faire émerger de géants pour l'instant.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2013 à 14:44 :
Et dire qu'onse plaint de l'espionnage americain....
a écrit le 24/10/2013 à 19:55 :
Pas d'accord, Le Big data c'est pour les US. Faite du tourisme et des BMW.
a écrit le 24/10/2013 à 16:02 :
Le "Big data" ou comment se passer du grand frère américain pour espionner ses propres citoyens...
Réponse de le 25/10/2013 à 14:50 :
Peu importe, car si l'Europe n'est pas présente dans le big data, les US ne nous attendront pas pour prendre le marché des consommateurs européens. Et pas sûr, dans ce cas là, que nos données soient mieux protégées de l'espionnage...
a écrit le 24/10/2013 à 13:18 :
"A quelques mois des élections européennes, le numérique est perçu à l'Elysée comme faisant partie d'un « agenda positif », de nature à « remobiliser » les citoyens, confie un conseiller du Président"

Donc le but n'est pas de faire avancer la France avec un thème important pour le pays, mais uniquement le parti en place...c'est cela?!
a écrit le 24/10/2013 à 13:15 :
Il est plus raisonnable, par sécurité, de répartir les données que de les centraliser si l'on veut vraiment une "concurrence libre et non faussée".
a écrit le 24/10/2013 à 10:21 :
Le big data n'est que le moyen d'industrialiser et de commercialiser la récolte des données personnelles. Mais n'est ce pas justement ce que nous sommes en train de reprocher à la NSA ? Et on veut en créer un marché ? Formidable, on devient de plus en plus intelligent...
Huawei commercialise (information publique) un équipement réseau qui permet, pour un call center, de déterminer automatiquement si à la fin de l'appel, l'appelant est satisfait ou non. C'est une offre "big data" de Huawei, mais j'imagine qu'ils ont trouvé le moyen de commercialiser quelque chose qu'ils ont déployé dans tous leurs équipements. Et cet équipementier équipe tous les opérateurs du monde grâce à ses couts imbattables (subventionnés par l'Etat chinois ? mais pourquoi donc ?...).
On se demande pourquoi Alcatel Lucent est si stratégique pour les US : évidemment que Lucent déploie aussi des équipements de ce type massivement et on ne se demande plus pour qui...
On vit une époque formidable comme disait Reizer
a écrit le 24/10/2013 à 10:12 :
ils sont curieux les commentateurs sur le site de la tribune, le gouvernement et l'Europe ne font ils hurlent, les gouvernements et l'Europe proposent quelques chose, ils hurlent, les gouvernements et l'Europe font quelques chose , ils hurlent encore... ils devraient se faire soigner, ça va les rendre gâteux à force...
a écrit le 24/10/2013 à 9:18 :
Si Hollande s'occupe d'informatique et de données, ça fait peur quand on voit comment il s'occupe du reste....qu'il reste sur son nuage (dans le "cloud" quoi).
a écrit le 23/10/2013 à 20:53 :
On a eu QUAERO avec l'administration Chirac qui nous promettait de créer un Google Européen avec Technicolor, Exalead (maintenant Dassault Systèmes), Inria et consorts, le tout suite au rapport sur l'innovation de l'inénarrable Mr Beffa. (St Gobain). On remet le couvert avec un projet big data, domaine ou les US notamment avec IBM ont développé des compétences de pointe depuis 10 ans.. Il n'est jamais trop tard pour se réveiller, mais la stratégie du "catch up" n'a jamais marché. Un jour, on trouvera des cours sur le sujet, même à l'ENA...
Réponse de le 23/10/2013 à 23:08 :
IBM est loin d'être le seul ...Déjà il y a l'infra open source Hadoop et au niveau des applications beaucoup de business potentiel avec de très nombreux acteurs y compris européens
Réponse de le 24/10/2013 à 8:05 :
Sur, mais c'est pas de la recherche, et donc pas la peine de taxer le budget R&D Européen de Horizon 2020 pour des business dans lesquels le marché va investir par lui même..Les politiques ne comprennent pas que lorsqu'un sujet devient visible au niveau des médias, la R&D de base a déjà été effectuée depuis au moins 5 ans et c'est trop tard.
a écrit le 23/10/2013 à 19:26 :
8% du PIB ? Vous êtes sérieux ? Ca fait en France environ 160 milliards d'euros dans un secteur comme celui-ci, ça me paraît tout de même beaucoup...
Réponse de le 23/10/2013 à 23:05 :
Non ce sont bien ces ordres de grandeur mais en développant surtout l'aspect monétisation; Un grand opérateur Telco américain projette un business model d'un milliard $ pour lui seul sur ce marché...D'ailleurs l'état lui-même ferait bien d'accélérer avec ses propres données qui ont une valeur considérable (ça allègerait nos impôts)
a écrit le 23/10/2013 à 19:22 :
hooo qu'elle est belle la comète ...
a écrit le 23/10/2013 à 19:13 :
Le seul sociopathe qui pense qu'un projet ne peut exister que mené par des capitaux publics, il est français. Mais c'est un détail. Il est surtout très mal informé du monde de l'entreprise, surtout dans les domaines où il prend des initiatives personnelles Va jouer aux billes, Hollande.
Réponse de le 23/10/2013 à 19:44 :
@ toccata ;
Et le projet ITER à Cadarache, les osselets c' est pas mal non plus.....
a écrit le 23/10/2013 à 17:18 :
Un Big Data Européen dans quel but? Centraliser pour traiter les données à la manière des USA, une NSA européenne?
Réponse de le 23/10/2013 à 17:34 :
Pancake C'est tout a fait ça,vous résumez la finalité de ce magnifique projet.
Réponse de le 23/10/2013 à 23:14 :
Les données ont beaucoup de valeur d'autant qu'on peut les analyser aussi rapidement qu'elles sont volumineuses. Ca peut se substituer tout à fait à un coûteux service commercial par exemple avec un taux de succès en CA décuplé (push d'offres, "next best action" sur le web ou le mobile,...). Le problème est de concilier respect des lois (patriot act, CNIL, ...) et développement du business...
a écrit le 23/10/2013 à 17:00 :
Les masses de données, plutôt ?
a écrit le 23/10/2013 à 16:41 :
Une fois de plus avec les français, socialistes en particulier, on se dirige vers des "propositions" de grand plan technocratique donc très coûteux, totalement inefficace et surtout orchestré par des fonctionnaires "amis" avec aides publiques financées par le pauvre contribuable bien sûr....!!!. En matière de big data il suffit pourtant d'aller voir ce qui se passe dans le silicon valley où la tendance va vers la déconcentration et non plus les usines à gaz avec les flash memories. Pépère comme toujours a tout faux...!!! une seconde nature...!!! On peut heureusement compter sur les autres européens pour, comme sur tous les sujets, le renvoyer à ses franchouillardises et autres fins de soirées de congrès SFIO....son seul niveau de compétence.
Réponse de le 23/10/2013 à 19:25 :
"grand plan technocratique donc très coûteux, totalement inefficace"
Vous parlez des trains, du réseau électrique, des télécoms, des routes, ou bien des fusées ? Je suis pas sûr d'avoir tout à fait compris, vous pourriez m'éclairer ?
a écrit le 23/10/2013 à 15:44 :
j' comprends rien au cloud, big data et autre.. suis-je devenu has been ?
Réponse de le 23/10/2013 à 16:11 :
Mais non, ce sont les nouvelles marottes des éditeurs/constructeurs informatiques et divers vendeurs de savonnettes. Comme le plan calcul de l'époque, le client-serveur, le mainframe, l'offshore, l'externalisation... D'autres mots, anglicisés always, pour tenter de faire du beurre. Et je peux le dire sans problème, je suis informaticien. Seul le big data pourrait être sympa (les données en ligne pour extraction ciblée) mais pas gagné au vu de la myriade de schémas et de nettoyage pas souvent bien fait. Et puis, si c'est pour se faire revendre ses propres informations...
Réponse de le 23/10/2013 à 16:34 :
Le cloud computing est une manière de fournir et d'utiliser les aptitudes des systèmes informatiques, qui est basée sur les nuages (cloud en anglais) : un parc de machines, d'équipement de réseau et de logiciels maintenu par un fournisseur, que les consommateurs peuvent utiliser en libre service via un réseau informatique, le plus souvent Internet.Vous n'avez plus qu'a vous préoccupez de vos données ,ils vont pas tout faire non plus:).Tiens on revient au terminal passif,non je dois dire une connerie là,c'est retour vers le passé.Je crois qu'IBM à inventé cela il y a de nombreuses années en interne,les inspecteurs de maintenance se connectaient à un ordinateur,c'était le premier qui répondait prét qui fournissait les infos .Cette ordinateur pouvait se trouvait n'importe ou dans le monde.Ce principe d'ordinateur partagé c'est pas nouveau,on va revenir au mainframes que ça m'étonnerais qu'à moité,si ce n'ai déjà fait.Camarades informaticiens à vos clavecins.
Réponse de le 23/10/2013 à 16:59 :
faudrait pas que vos machines dans les nuages nous tombent sur la tête :))))
Réponse de le 23/10/2013 à 17:27 :
si j' vous comprends bien, si ce n' était déjà fait on galope vers big brother à brides abattues..
Réponse de le 23/10/2013 à 23:19 :
Pour l'instant Big Data ne fonctionne pas très bien sur le cloud (Hadoop tourne sur de bons vieux mainframes et supporte assez mal la virtualisation). Par contre quand on traite de l'information il est préférable de ne pas faire l'impasse sur cette évolution.
Réponse de le 24/10/2013 à 9:02 :
docteur Pour Big brother adressez vous directement à la NSA Fort George G. Meade, Maryland,pour plus d'informations.
Un petit coucou cordiale à tous les opérateurs de Fort Meade en passant.
a écrit le 23/10/2013 à 15:37 :
La France propose, Bruxelles dispose, les USA imposent; que l'on ne nous parle plus de souveraineté!
Réponse de le 23/10/2013 à 16:53 :
Et l'Europe explose !
Réponse de le 23/10/2013 à 19:52 :
@ columbo ;
Oui, et les élections approchent Les députés Européens doivent se sortir le doigt d' ou tu sais . Le raz de marée
extrême droite fonce sur Strasbourg, et ça ils le savent .
a écrit le 23/10/2013 à 15:30 :
Test
Réponse de le 23/10/2013 à 18:36 :
mon test
a écrit le 23/10/2013 à 15:03 :
y a tres peu de boites qui savent utiliser leurs donnees en les dataminant, alors le big data, ca fait sourire ...
Réponse de le 23/10/2013 à 17:08 :
par contre il y en a bcp qui se préocccupent de récupérer nos données dans nos ordis et téléphones...... pour les revendre...
a écrit le 23/10/2013 à 14:51 :
Test
Réponse de le 23/10/2013 à 15:03 :
Intéressant ce commentaire
Réponse de le 23/10/2013 à 15:42 :
Oui, mais c'est un commentaire "depuis un iphone" ! Au moins, il est succinct et ne contient aucun terme injurieux. Il est conforme, je suppose, à la charte.
Réponse de le 23/10/2013 à 17:01 :
de plus il permettra d'alimenter le big data

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