Le CSA veut raccourcir le délai de diffusion des films en vidéo à la demande

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Les chiffres de 2013 de diffusion en VoD montrent une stagnation de l'audience. Les trois principaux acteurs de la VoD en France sont Orange, Canal+ et SFR.
Les chiffres de 2013 de diffusion en VoD montrent une stagnation de l'audience. Les trois principaux acteurs de la VoD en France sont Orange, Canal+ et SFR.
Un rapport du CSA vise à étendre son pouvoir sur les plateformes de vidéos en ligne. L'enjeu est aussi de réformer la chronologie des médias afin de raccourcir les délais de mise en ligne des films de VoD. .

La bataille est lancée pour réguler les services de vidéo en ligne. Le CSA dont le pouvoir s'étend aussi à ce secteur, a proposé dans un rapport paru ce lundi 23 décembre de raccourcir les délais de mise à disposition des films dans le cadre des services de vidéo à la demande (VoD). C'est ainsi qu'il souhaite d'abord ramener de 4 à 3 mois le délai minimum entre la sortie d'un film en salle et sa sortie en VoD, pour les achats à l'unité.

La très rigide "chronologie des médias" est dans le viseur de l'institution. Celle-ci veut modifier ce calendrier qui fixe en France la date des sorties en salle, en DVD et VoD. L'enjeu est donner un coup de pouce à leur audience en raison de la forte concurrence de l'offre gratuite de la télévision de rattrapage, les plateformes de partage de vidéos comme YouTube et Dailymotion, et les sites de piratage.

Stagnation de l'audience en 2013

Dans le détail, les chiffres de 2013 montrent une stagnation de leur audience. Les trois principaux acteurs de la VoD en France sont Orange, Canal+ et SFR, dont le chiffre d'affaires cumulé est passé de 86,5 millions d'euros en 2011 à 102,4 en 2012.

Le rapport de 55 pages remis aujourd'hui à la ministre de la Culture et au Premier ministre s'attaque frontalement aux sociétés tels Youtube et Dailymotion ou encore au service iTunes d'Apple, en cherchant à étendre le pouvoir du CSA sur ces derniers.

Bientôt Netflix en France ?

Dans ce document, il est aussi question de modifier la législation qui concerne cette fois les services de vidéo à la demande par abonnement, encore peu développés en France mais très populaires aux Etats-Unis par exemple, avec Netflix. Le CSA recommande de raccourcir le délai de l'entrée d'un film dans leur catalogue à 24 mois après la sortie en salle, contre 36 mois actuellement, sauf exceptions.

Déception du public

Enfin, pour les films rediffusés à la télé, jusqu'ici les chaînes pouvaient demander qu'ils soient sortis pendant plusieurs mois des catalogues de vidéos à la demande, d'où ils disparaissaient sans explication. D'où une grande déception du public, explique le rapport. C'est une des raisons pour lesquelles seuls 63% des films en salle sont proposés en VoD moins de 6 mois après leur sortie.

Par conséquence, le CSA propose de limiter ce "gel des droits" à deux semaines avant et deux semaines après le passage à la télévision, ou la dernière date de mise à disposition du film en télévision de rattrapage. Et les utilisateurs des services de VoD seraient avertis de cette indisponibilité temporaire.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2013 à 0:37 :
Pourquoi ce ne sont pas les ayants droits qui décideraient des sorties quelque soit le canal de diffusion? Ce n'est pas le rôle du CSA d'organiser le marché audiovisuel. Si les ventes ne suivent pas, les ayants droit bénéficient-ils d'une indemnité de la part du CSA?
a écrit le 23/12/2013 à 22:25 :
Le sujet de m'intéresse guère, mais je remarque qu'une fois de plus on aménage nos lois et règlements afin de les rendre compatibles avec les US... comme si on connaissait déjà les résultats de nos négociations pour le grand traité transatlantique.

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