Temps de chargement des pages Web en France : ça rame !

 |   |  551  mots
(Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Un internaute français met 6,4 secondes à charger la page d’un site, presque 2 secondes de plus qu’un Suisse ou un Néerlandais, selon l’observatoire réalisé par Cedexis pour le groupement des éditeurs de services en ligne. Numericable et Free s’en sortent mieux que SFR et Orange…

« On navigue plus vite sur un site français depuis la Suisse ou l'Estonie que depuis la France ! » s'étonne lui-même Julien Coulon, cofondateur de la société Cedexis, qui se définit comme un « aiguilleur du Net ». La société franco-américaine a réalisé pour le GESTE, le groupement des éditeurs de services en ligne, qui compte notamment ceux du Monde, du Figaro, de l'Equipe et de France Télévisions, un observatoire de la qualité de service Internet, dont les conclusions ne sont pas forcément à l'avantage des fournisseurs d'accès français. Cedexis a mesuré le temps de chargement total (publicité et modules externes compris) des pages Web, à l'aide d'une sonde, un « tag » intégré de manière invisible dans les pages des éditeurs. Et la comparaison à l'échelle européenne n'est pas très flatteuse. Le temps de chargement médian des pages des sites membres de l'observatoire est de 6,4 secondes, tous fournisseurs d'accès confondus. Ce qui place la France en 19e position sur 30 pays européens, loin derrière la Suisse, numéro un à 4,46 secondes, les Payx-Bas (4,51) ou l'Estonie (4,52), mais aussi la Grande-Bretagne (4,71) ou la Roumanie (5,94).

>> Voir l'intégralité de l'observatoire

Numericable et Free les plus rapides

Rôdé pendant quatre mois, l'observatoire, qui sera publié chaque mois, a permis de collecter 6,15 milliards de mesures. Du côté des fournisseurs d'accès, Numericable et Free s'en sortent le mieux, avec une vitesse médiane de chargement de 4,7 et 5,9 secondes respectivement. « Il s'agit uniquement de pages Web, pas de sites de vidéo » relève Julien Coulon, alors que Free avait fait l'objet d'une enquête du gendarme des télécoms sur les lenteurs observées par les abonnés ADSL consultant YouTube. Bouygues Telecom est juste derrière à 6,1 secondes, suivi d'Orange à 6,6 secondes ; chez SFR c'est entre 7,2 et 7,8 secondes pour les abonnés sur l'ancien réseau de Neuf Cegetel… L'étude souligne qu'il y a plus de 30 secondes d'écart de durée de chargement entre l'internaute le mieux loti et l'utilisateur le moins servi ! Et en outre-mer, le temps médian est près de deux fois plus élevé (12,2 secondes). « Il y a une vraie fracture numérique » insiste le dirigeant de Cedexis. Avis aux opérateurs.

Impact commercial pour les e-commerçants

Cette performance d'affichage n'est pas anecdotique pour les acteurs du Web et peut avoir un réel impact commercial. « La lenteur du chargement des pages d'un site dissuade systématiquement l'utilisateur de poursuivre sa navigation » souligne Julien Coulon. En particulier en matière d'e-commerce où le taux de transformation peut être divisé par sept en fonction du temps d'affichage de la page. En 2006, Amazon avait révélé que 100 millisecondes de latence pouvaient lui faire perdre 1% de chiffre d'affaires. En 2009, Google avait mesuré de son côté qu'un délai de chargement de 400 millisecondes faisait diminuer de 0,4% le nombre de recherches. Or « les éditeurs sont tributaires de l'ensemble de la chaîne technique pour délivrer leurs contenus et services à leurs clients » fait valoir Corinne Denis, la présidente du GESTE, également directrice générale adjointe du groupe Express-Roularta. Les éditeurs peuvent néanmoins avoir aussi une part de responsabilité sur le format et la quantité de publicités affichées qui « alourdissent » les pages...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/03/2014 à 11:39 :
Il y a une technologie formidable pour accéder à une page en moins de 2 secondes: du papier et de l'encre, cela s'appelle un journal et i'objet détecte même les mouvements de bras du lecteur qui tourne les pages et en plus il fonctionne sans énergie....
a écrit le 09/03/2014 à 8:31 :
Il est urgent de réduire la fracture numérique subie par les DOM!
Réponse de le 09/03/2014 à 16:03 :
Il est urgent de réduire la dette des DOM subie par la métropole!
Réponse de le 10/03/2014 à 9:40 :
justement, un Internet performant donnera une nouvelle opportunité de développement aux DOM!
a écrit le 08/03/2014 à 22:01 :
Orange ADSL au centre ville de Bordeaux pour mon travail, c'est un enfer. Une lenteur, qui nous ramène 10 ans en arrière. A mon domicile, câblé dans un autre quartier de Bordeaux, c'est parfait. Je pense charger une page plus vite qu'en 4 s en moyenne, quelle que soit la page. Par contre avec Orange ADSL, c'est souvent bien plus de 10 secondes...
a écrit le 08/03/2014 à 13:51 :
L'ADSL, même dégroupé, passe par l'infrastructure Orange, ancien FranceTelecom, via la paire de fils en cuivre. A part le satellite ou la fibre intégrale, point de salut. Une fois sur le dauphine en ligne, un article disait que le matériel en Savoie était "insuffisant", ça rassure, du moins explique pourquoi ça "rame", surtout si on se partage la bande passante (?).
Pour le GSM/4G, aucune idée.
a écrit le 08/03/2014 à 9:00 :
Si Free s'en sort mieux c'est que ça ne vient pas de la boucle locale qui est celle d'ORANGE
Réponse de le 08/03/2014 à 15:26 :
La boucle locale ce n'est que du cuivre d'interconnexion jusqu'au DSLAM du FAI. Si le réseau du FAI (fibre optique entre NRA) ou le peering (interconnexion entre FAI) est sous-dimensionné alors le trafic sera lent. C'est pour cela qu'il ne faut pas hésiter à changer de FAI en cas de lenteur manifeste car le sous-investissement pourrait être en cause.
a écrit le 08/03/2014 à 8:43 :
si les fabricants de sites web optimisaient leurs pages au lieu de les truffer de trucs qui ne servent a rien, ca irait mieux... les pages des annees 95-2000 en HTML pur ne posent aucun souci!
Réponse de le 08/03/2014 à 11:37 :
Pour être un jeune faisant des sites web, je te jure que c'est même pas la peine de faire un site avec que du texte, sans image, sans effet, sans rien, avec au plus des couleurs. Dès qu'on rajoute des images, les fichiers deviennent énormes !

Et pourtant, je fais partie de ceux qui essayent de rendre ces fichiers les plus petits, au détriment parfois de la qualité graphique... Quand on sait cependant qu'il existe des formats d'image (webp) qui compressent beaucoup mieux que les formats historiques, mais qui ne sont pas supportés par tous les navigateurs, ça donne une baisse de moral !
Réponse de le 08/03/2014 à 15:20 :
@luckygulli

Le problème ce n'est pas le format mais sa pertinence. Utiliser une image PNG 24 bits (plus de 16 millions de couleurs disponibles) pour n'afficher que 5 couleurs est une absurdité, tandis qu'en indexant ces 5 couleurs dans une palette, de l'espace peut être sauvé donc du temps gagné. De même que remplacer du texte par une image représentant ce même texte (sauf cas spécifique tel que le logotype La Tribune pour conserver sa police de caractère ou bien encore le cas du système CAPTCHA). Aussi il est inutile d'insérer des images de grand format en guise de miniature intégrée à un article car il est plus efficace de découpler les images (une miniature intégrée à l'article, un hyperlien pointant vers le grand format si le détail est nécessaire).
Réponse de le 10/03/2014 à 17:51 :
C'est vrai que les images représentent environ 70% du poids total d'une page et compresser les images ou réduire les couleurs c'est donc essentiel pour améliorer les temps de chargement.
Mais il faut aussi penser à tout ce qui peut rendre les pages plus rapides, outre le poids des images : inliner les petites images, versionner les URL, cacher intelligemment, faire du CSS propre, du JS non bloquant, des images qui se chargent en lazyload. Et évidemment minifier/concaténer (mais ça les frameworks s'en occupent en général).
Tout ça en plus de développer des fonctionnalités ...
=> Il existe des services qui permettent d'automatiser tout ça, notamment la startup française Fasterize !
a écrit le 08/03/2014 à 0:44 :
Ce n'est pas la mer à boire pour seulement 6,4 secondes... sachant que le HTML est un langage textuel (comme n'importe quel code source) de structuration de données alors qu'il pourrait être transformé en binaire (surtout son balisage) moins volumineux sur le réseau malgré l'utilisation de méthode de compression (GZIP par exemple) accessible par le protocole HTTP. De plus, l'essor de la publicité en ligne surtout en image (bientôt en vidéo avec HTML 5) à tendance à ralentir inutilement l'accès aux sites web.
Réponse de le 08/03/2014 à 11:39 :
Avec adblock, je suis sous la seconde dans la quasi-totalité des pages, même de journaux. Bon, OK, j'ai aussi des machines qui vont bien...
a écrit le 07/03/2014 à 23:26 :
Une des raisons est comme toujours à rechercher dans les détails. Quand l'état a annoncé ses objectifs "haut débit", les communes ont opté pour l'offre d'un service satellite afin de pallier les problèmes de "fin de ligne", ce qui permet de présenter un taux de couverture très fort, mais biaisé en termes d'infrastructure, car bien entendu, le service en question est cher et même très cher dès qu'on l'utilise un peu. Concomitamment, certains opérateurs ont proposé des "upgrades" (à l'époque de "offres à 1Méga") offrant soit des services supplémentaires soit un prix inférieur au contrat existant avec un débit de 512k. Du coup, on a pu en toute manipulation migrer un certain nombre de comptes de bas vers haut débit sans que rien ne soit changé dans les faits.
Ce type de manip a été courant et les infrastructures n'ont pas été améliorées suffisamment et ne le seront pas tant que les apparences permettent de repousser cet investissement. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le nombre de lignes avec des connections filaires de plus de 4 ou 5 km (voire nettement plus) et de regarder comment fonctionnent les outils de mesure de débit des lignes...
a écrit le 07/03/2014 à 19:06 :
Rédiger des commentaires sur le site de la Tribune est également une plaie... Après rédaction et envoi, il faut à chaque fois effacer le cache de son navigateur puis actualiser la page...pour le voir apparaitre sur son écran. Sans cette manipulation, il apparaitra sur tous les écrans, sauf sur celui du rédacteur. C'est pourtant juste une ligne de code à changer. Ca fait bien 5 mois que ca dure, nous sommes en 2014, il serait peut-être temps de réagir.
Réponse de le 07/03/2014 à 20:30 :
Vous commencez à taper le message, la page se rafraichit automatiquement et votre saisie est perdue. Vous commentez et neuf fois sur dix le message ne sera pas validé mais parti définitivement aux oubliettes, on dirait qu'il y a bien moins de modérateurs qu'il y a quelques mois, je fréquente de moins en moins le site.
Réponse de le 07/03/2014 à 20:37 :
+10000²
Réponse de le 07/03/2014 à 21:12 :
"Après rédaction et envoi, il faut à chaque fois effacer le cache de son navigateur puis actualiser la page..." : CTRL+F5 passe aussi... "C'est pourtant juste une ligne de code à changer." : Pas forcément, mais bon, ça ne fait pas très pro en effet...
Réponse de le 07/03/2014 à 22:36 :
Sur ledauphine.com, à une époque, le rafraichissement (intempestif) faisait tout perdre. Ils ont fini par trouver la parade, c'était désespérant (comme disait quelqu'un il faut rédiger à côté dans un logiciel puis copier/coller et envoyer).
Réponse de le 08/03/2014 à 10:40 :
Ah oui mais l'auto refresh toutes les 3 minutes ça génère pas mal de vues pour les pubs, argent ou expérience utilisateur, il fau choisir...
a écrit le 07/03/2014 à 17:20 :
Effectivement - la vitesse de navigation et de téléchargement en France n'est pas parmi les plus élevées d'Europe. Ayant pas mal voyagé à travers le Vieux continent, je peux dire que les pays de l'Est offrent des performances supérieures sur ce point.
Réponse de le 08/03/2014 à 10:07 :
@PM : merci de nous répéter ce que dit l'article, je n'avais pas compris....
Réponse de le 09/03/2014 à 16:05 :
@Chich

C'est un message subliminal pour nous dire qu'en Ukraine ils ont un réseau d'enfer!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :