Pourquoi les Google Glass sont vendues 10 fois leur coût de revient

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Les lunettes connectées de Google coûteraient un peu plus de 150 dollars en composants et frais d'assemblage.
Les lunettes connectées de Google coûteraient un peu plus de 150 dollars en composants et frais d'assemblage. (Crédits : <small>Reuters</small>)
Le coût des composants et de l'assemblage serait de 152 dollars selon le cabinet IHS qui souligne les frais de développement logiciel et autres outils nécessaires au lancement de ce prototype.

Google réalise-t-il une marge de 90% sur ses lunettes connectées, les fameuses Google Glass ? Ces lunettes de réalité augmentée, vendues 1.500 dollars (hors taxes) à des « explorateurs » triés sur le volet et uniquement américains pour le moment (le programme affiche complet), présenteraient un coût de revient de seulement 152,47 dollars si l'on s'en tient aux composants et à l'assemblage, selon le cabinet IHS qui s'est fait une spécialité du « désossage » des appareils électroniques. A titre de comparaison, l'iPhone 5c, smartphone milieu de gamme d'Apple, aurait un coût de revient de 166 dollars. « Comme dans tout nouveau produit, en particulier un appareil particulièrement avant-gardiste, la facture des composants des Google Glass ne représente qu'une partie de la valeur réelle du système » souligne Andrew Rassweiler, du cabinet IHS, qui répond par la négative sur la marge bénéficiaire.

« Nous l'avons déjà relevé pour d'autres appareils mais cela apparaît de façon spectaculaire avec les Google Glass dont la grande majorité des coûts n'a pas trait au matériel mais à des dépenses d'ingénierie non-récurrentes, des frais de développement logiciel, des coûts de démarrage et d'outillage. Quand vous achetez des Google Glass, vous obtenez bien plus que 152,47 dollars de pièces et de montage » estime l'expert du cabinet californien. 

Un prototype mais un design et un packaging haut de gamme

Dans les 132 dollars de matériaux, auxquels s'ajoutent 20 dollars de fabrication, le premier poste concerne le cadre en titane, estimé à 22 dollars, suivi de son écran emblématique avec système de vidéo-projection miniature en cristaux liquides de silicone qui fait apparaître une image en surimpression sur le verre, provenant du taïwanais Himax (20 dollars), puis l'ensemble des accessoires du coffret (écouteurs, chargeur, câble USB, pochon, notice, pour 12,50 dollars), la mémoire flash 16 Go (10 dollars), le processeur (8,85 dollars), la fameuse caméra (5,25 dollars) etc. Les principaux composants viennent du fabricant de semi-conducteurs Texas Instruments et les Glass intègrent deux accéléromètres, l'un du français STMicro l'autre d'InvenSense, selon IHS. 

« Les Google Glass d'aujourd'hui donne l'impression d'un prototype » considère Andrew Rassweiler, notamment parce que « la conception a recours à de nombreux composants standards alors qu'ils pourraient être davantage optimisés. Si un marché de masse venait à émerger, les industriels pourraient fabriquer des puces plus intégrées qui amélioreraient les performances en matière de vitesse, de consommation d'énergie, de poids et de taille. »

Cependant, visiblement séduit, l'expert d'IHS souligne que le solide cadre en titane, la qualité du packaging et des accessoires, la présentation en coffret, confèrent à « l'ensemble de l'expérience Google Glass un attrait et une impression d'expérience très haut de gamme. »

Ecosystème d'applications et un modèle Ray-Ban à venir

Il existe d'ailleurs d'autres lunettes connectées moins chères, notamment les ORA du français Optinvent vendues 699 euros dans sa version pour les développeurs. Mais au-delà des lunettes elles-mêmes, ce sont l'écosystème d'applications qui seront développées et la compatibilité avec d'autres appareils qui risquent de faire la différence sur le succès ou non de ces appareils futuristes. Aux Etats-Unis, Google tient des ateliers de démonstration des Google Glass à San Francisco, Los Angeles et New York. En France, le site Qoqa s'est fait un bon coup de pub en vendant quelques exemplaires de Google Glass à 1.799 euros début avril, et ce sans l'accord de Google, alors que la firme de Mountain View a formellement interdit de revendre ses lunettes, menaçant même un temps de les bloquer à distance. Le 15 avril, le géant de l'Internet a réalisé une opération exceptionnelle en ouvrant l'achat en ligne à tous (les Américains) pour 24 heures. Google a évoqué « un lancement plus large pour le grand public vers la fin de 2014 » et a signé un partenariat avec le lunettier italien Luxoticca pour développer des paires connectées sous la marque Oakley et Ray-Ban.

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 14/05/2014 à 13:48 :
Le cout de fabrication est peu en lien avec le prix de vente. C'est vrai pour beaucoup de choses et souvent pour pleins de bonnes raisons. Ce qui est étonnant ici c'est la multiplication par 10: souvent dans la lunetterie, c'est beaucoup plus !
a écrit le 14/05/2014 à 11:21 :
N'ai pas peur de google, google est ton ami... pour l'instant
a écrit le 14/05/2014 à 11:06 :
Lorsque l'homme commence à virtualiser sa vie et devient son propre avatar, alors il perd sa propre conscience et se transforme en un pantin-robot et les dieux se fachent...
a écrit le 14/05/2014 à 9:49 :
Elles sont en ventes aux USA maintenant pour tout le monde
a écrit le 14/05/2014 à 7:50 :
Il n'y a pas le reponse à la question posée dans le titre!

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