La Tribune

Même YouTube ne gagne pas tellement d’argent avec la publicité vidéo

La croissance en volume de la publicité vidéo en ligne est forte (+42% prédits récemment par eMarketer pour 2014 aux Etats-Unis) mais le marché demeure d'une taille modeste en comparaison avec la pub TV.
La croissance en volume de la publicité vidéo en ligne est forte (+42% prédits récemment par eMarketer pour 2014 aux Etats-Unis) mais le marché demeure d'une taille modeste en comparaison avec la pub TV. (Crédits : <small>Photo AFP / source Google, septembre 2010</small>)
Delphine Cuny  |   -  710  mots
La filiale de Google n’aurait réalisé en 2013 que 1,5 milliard de dollars de chiffre d’affaires net, une fois retiré les commissions aux partenaires, selon le site TheInformation. La monétisation de vidéos encore majoritairement amateurs se révèle difficile, même pour le leader mondial du secteur.

C'est un secret bien gardé par Google qui ne publie pas le détail de ses activités. Le chiffre d'affaires de sa filiale YouTube ne serait pas du tout à la hauteur des estimations des analystes : le site de partage de vidéos n'aurait réalisé l'an passé qu'un volume d'affaires de 3,5 milliards de dollars et, une fois soustrait les commissions versées aux partenaires, un chiffre d'affaires net de 1,5 milliard de dollars seulement, selon des informations révélées par le site spécialisé TheInformation.com.

YouTube serait néanmoins rentable selon les deux sources citées par le site d'information payant. Or le cabinet eMarketer, reconnu pour son expertise du secteur, estimait à 5,6 milliards le volume global généré par YouTube et à 1,96 milliard ses ventes nettes, dont 1,08 milliard venant du seul marché américain, bien que 80% du trafic vienne de l'étranger. Ce qui ne représentait déjà que 5% des recettes pub de Google, provenant essentiellement des liens sponsorisés sur les pages de recherche. Du côté des analystes financiers, le volume d'affaires de la filiale de Google était évalué entre 2 milliards de dollars chez Pivotal Research, finalement trop pessimiste, et 4,5 milliards chez Jefferies, trop optimiste.


Des chaînes payantes depuis l'an dernier

La croissance en volume de la publicité vidéo en ligne est forte (+42% prédits récemment par eMarketer pour 2014 aux Etats-Unis) mais le marché demeure d'une taille modeste en comparaison avec la pub TV, média de masse où les spots sont vendus plus chers, dans un ratio de 1 à 11 aujourd'hui, et de 1 à 6 à l'horizon 2018. Cette surestimation des revenus de YouTube révèle que la monétisation des contenus vidéo, qui demeurent majoritairement amateurs, générés par les utilisateurs, sur YouTube, est difficile, même pour le leader mondial. D'autant que le spectateur a toujours la possibilité de « zapper » une publicité démarrant avant la vidéo, qui n'est alors pas facturée à l'annonceur, et que les vidéos de qualité, justifiant de les précéder d'un spot lucratif, restent rares. Certains internautes, comiques en herbe ou « gamers », parviennent tout de même à récolter plusieurs millions de dollars par an de revenus de leurs vidéos publiées sur YouTube, grâce à la pub.

La filiale de Google a multiplié les initiatives vers de nouveaux modèles, en créant des chaînes thématiques avec des producteurs de contenus puis des chaînes payantes il y a un an (notamment pour enfants, pour quelques dollars par mois), qui n'ont pas encore décollé, et enfin un service de streaming musical payant. Et Google fait tout de son côté pour diffuser les contenus de YouTube directement sur le téléviseur (avec sa clé Chromecast ou les box Android TV).

L'écosystème autour de YouTube semble cependant en pleine ébullition, alors que les géants du divertissement anticipent la transition de la TV classique vers le Web. Récemment Disney a racheté Maker Studios, qui édite 55.000 chaînes YouTube, pour 500 millions de dollars, tandis que Canal Plus a pris une participation majoritaire dans Studio Bagel.

Dailymotion, dix fois moins gros, tente aussi le payant

Le concurrent français de YouTube, Dailymotion, contrôlé par Orange, n'a pas publié de chiffres récents mais sa taille est encore plus modeste, dix fois moindre : sa maison-mère avait indiqué que le site de vidéos avait réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 36,8 millions d'euros (en doublement en deux ans) et un résultat brut d'exploitation pour la première fois légèrement positif. Stéphane Richard, le PDG d'Orange, avait affiché son objectif de tripler le chiffre d'affaires de Dailymotion pour atteindre les 100 millions en 2016. Selon nos informations, le site ne serait d'ores et déjà pas loin de cet objectif.

Premier site européen, le portail français, qui réalise plus de 85% de son activité à l'international, compte 120 millions de visiteurs uniques par mois (300 millions si l'on inclut les vidéos vues sur son "player" mais sur d'autres sites), contre plus d'un milliard pour YouTube. Le site s'est lui aussi diversifié dans le payant en accompagnant Canal Plus pour son lancement en Turquie en vidéo à la demande par abonnement (SVOD) puis au Canada.

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Commentaires

Jericho  a écrit le 13/07/2014 à 16:16 :

"1,5 milliard de chiffre d'affaire seulement" ... Vous êtes sérieux là ?

Faut vraiment qu'il y est quelqu'un pour vous rappeler la réalité misérable et merdique de milliard d'êtres humains qui crèvent la dalle à longueur d'année ?

1,5 milliard, c'est déjà très bien, d'autant que les patrons de Youtube n'en branlent pas une, c'est les Youtubeurs qui font tout le boulot. Alors 1,5 milliard sur le dos de tout ces jeunes qui ce cassent le cul pour créer du contenu de qualité, c'est bien suffisent comme ça.

Ayez un peu de décence s'ils vous plait quand vous écrivez vos articles, merci bien ...

Valou  a écrit le 13/07/2014 à 1:22 :

Je sais pourquoi: AdBlock :D

business model  a écrit le 09/07/2014 à 14:58 :

Rappelez-moi qui est propriétaire des contenus originaux sur ces "chaines"?

CRC32  a répondu le 12/07/2014 à 16:30:

Bientôt nous aurons droit à un débat "sampling vidéo" au sujet des nombreux pirates qui profitent de la monétisation de YouTube pour se faire de l'argent sans effort.