Quand Stéphane Richard (Orange) rencontre Larry Page (Google)

 |   |  486  mots
Au menu du tête à tête : changer le monde et autres petits problèmes.
Au menu du tête à tête : changer le monde et autres petits problèmes. (Crédits : Orange)
Le patron du géant de l’Internet a été reçu au siège parisien de l’opérateur français. Une discussion « fructueuse » notamment sur les sujets qui fâchent, comme le cryptage du trafic qui rend "aveugles" les opérateurs sur leurs réseaux.

Grands sourires, bras dessus bras dessous : Stéphane Richard et Larry Page se sont rencontrés pour la première fois en tête-à-tête la semaine dernière au siège de l'opérateur historique français à Paris. Le patron d'Orange a lui-même vendu la mèche en publiant une photo sur son compte Twitter le 25 septembre, évoquant une « discussion fructueuse » avec le directeur général de Google « sur la façon de changer le monde et d'autres petits problèmes. » C'est Larry qui a appelé Stéphane pour lui proposer cette rencontre, « un contact très amical » selon le dirigeant français, flatté que le patron américain lui assure « You're the only one » : « vous êtes le seul opérateur que je rencontre. »

 « Avec Larry, nous avons parlé des sujets qui fâchent » a confié Stéphane Richard en aparté ce jeudi, après son grand raout sur l'innovation.

 Désintermédiation des opérateurs

 Sujet qui fâche comme la guerre des tuyaux, la difficulté de faire payer la bande passante au géant du Web ? « J'ai pris mes distances avec ce sujet, la question n'est pas tellement de payer ou pas » a rappelé Stéphane Richard. « Google paie pour la qualité de service, pas beaucoup, mais il paie » relève un autre directeur exécutif de l'opérateur.

« Nous avons parlé du problème de la « proxification », le fait d'encrypter le trafic entre les serveurs de Google et l'utilisateur final, ce qui crée une sorte de tunnel et désintermédie complètement les opérateurs. Cela nous empêche de manager le réseau et d'exister » a expliqué le patron d'Orange.

Ce cryptage rend en quelque sorte les opérateurs "aveugles" sur leur réseau, incapables de distinguer le type de données transportées et de pouvoir donner des priorités à certains flux. Larry Page, « un homme très business » se serait montré réceptif : « il a dit qu'il avait conscience que c'était un problème et qu'il fallait trouver une solution. »

Mieux connecter l'Afrique

Stéphane Richard lui a proposé de « faire comme Mark Zuckerberg, de rencontrer les gros opérateurs européens, de déjeuner avec les patrons de Vodafone, de Deutsche Telekom, Telefonica et nous. Il est d'accord. » En février, le fondateur et PDG de Facebook avait rencontré le gratin des opérateurs à Barcelone, après son allocution au Mobile World Congress.

Quant au chapitre « changer le monde », les deux patrons ont notamment parlé d'Afrique, où Orange est opérateur dans une quinzaine de pays. Un dirigeant d'Orange explique : « Google voudrait trouver une solution pour les problèmes de la qualité de l'accès Internet dans les pays africains », un vrai relais de croissance à terme pour le géant du Web, qui a multiplié les initiatives pour connecter les régions rurales et reculées, comme le projet de ballons Loon.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/10/2014 à 13:43 :
Oui c'est bien de discuter mais entre larry et stéphane il y a un monde.
l'un est un entrepreneur l'autre est un gestionnaire.

D'autre part les operateurs sont devenus une commoditée.
il faut innover au lieu de lister des doléances à google, netflix ou amazon.

stéphane pourrait lire le livre the peter thiel: zero to one
Réponse de le 06/10/2014 à 11:57 :
Tout a fait.
Stéphane Richard n'est qu'un énarque qui gère une entreprise, bien ou mal peu importe puisque même la boite coulée il touchera surement un parachute doré.
Larry Page, tout comme Xavier Niel, sont partis de rien ont pris des risques et on créé des entreprises, et généré beaucoup de valeur ajoutée.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :