Quand le champion de roller Taïg Khris se lance dans les applis mobiles

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Taïg Khris, le champion de roller, lance une application mobile de numéros virtualisés qui sera dévoilée à la conférence LeWeb.
Taïg Khris, le champion de roller, lance une application mobile de numéros virtualisés qui sera dévoilée à la conférence LeWeb. (Crédits : Reuters)
Connu pour ses exploits sportifs et ses passages dans des émissions de TV, ce casse-cou a monté sa startup à Tallinn, en Estonie. Taïg Khris présentera à la conférence LeWeb son application mobile « OnOff » qui permet d’utiliser plusieurs numéros sur un seul smartphone en les louant.

Une autre forme de saut dans le vide. Après s'être jeté du haut du premier étage de la Tour Eiffel puis du pied de la basilique du Sacré-Cœur sur ses rollers, le champion Taïg Khris se lance dans l'entrepreneuriat. Le casse-cou de 39 ans, habitué des émissions d'aventure et de téléréalité des chaînes françaises (Danse avec les Stars, Splash le grand plongeon, Pékin Express, Koh-Lanta), va dévoiler pour la première fois à la conférence LeWeb le mardi 9 décembre une autre face de sa personnalité... et son application mobile baptisée OnOff. Il a fondé en début d'année sa startup OnOff Telecom, implantée à Paris et à Tallinn, la capitale de l'Estonie, le pays le plus numérique d'Europe, où cet adepte des sports extrêmes s'est entouré de jeunes ingénieurs pour développer cette application s'appuyant sur la technologie de virtualisation des numéros de téléphones mobiles.

L'intérêt bien sûr est de ne pas avoir à changer de smartphone, ni même de carte SIM pour être joint sur plusieurs numéros, et même « un nombre illimité de numéros ». Idéal pour les globe-trotters aux activités multiples, comme lui. Mais aussi pour ceux qui veulent garder privé leur précieux « 06 » dans un cercle restreint ou cachées certaines communications. L'appli sert à organiser ses contacts de façon compartimentée et recréer des sortes de réseaux sociaux à l'intérieur de son répertoire, en rendant le smartphone « plus intelligent. »

« Chez OnOff Telecom, nous croyons en la liberté. Liberté de se connecter et de se déconnecter, de disposer de sa vie privée, de contrôler son temps et de le rendre flexible » fait valoir Taïg Khris, qui se présente comme le fondateur et le directeur général de la startup, sur le site de OnOff.

Confidentialité des numéros « cloud » mais partage des données

Gratuite au téléchargement et sans publicité, l'application OnOff sera bientôt disponible sur l'App Store d'Apple, Google Play et le Windows Phone Store de Microsoft. Mais si le premier numéro virtuel est gratuit, il faut ensuite payer, à raison de 2,64 euros par mois chaque numéro supplémentaire ou de 9,99 euros pour un numéro « premium », facile à mémoriser, ou même de 49,99 euros par mois pour les numéros VIP, « les meilleurs numéros réservés exclusivement aux utilisateurs Elite. »

Les numéros virtuels sont générés dans le « cloud » mais les communications se font par le réseau GSM et les appels émis ou reçus sont déduits du forfait mobile, au tarif classique vers une ligne fixe ou mobile nationale : OnOff ne se lance pas en ennemi des opérateurs, même si ces derniers auraient pu gonfler leur ARPU (revenu moyen par abonné) en proposant eux-mêmes ce type de service. Les appels internationaux ne sont « pas encore disponibles. » Les utilisateurs gratuits (un seul numéro) peuvent se servir de l'application en voix sur IP, par Internet mobile.

OnOff met en avant la parfaite confidentialité des appels : les seuls numéros apparaissant sur le journal d'appels ou la facture de l'opérateur seront le numéro unique du serveur de la startup. Mais sur les données personnelles, la société indique se réserver la possibilité de « partager vos données avec [ses] partenaires ou les acteurs agissant en [son] nom » et prévient qu'elle utilise des cookies (voir les questions fréquentes).

Les numéros virtuels plutôt pour les pros jusqu'ici

Ce n'est pas tout à fait la première entreprise de Taïg Khris, puisque le sportif d'origine gréco-algérienne s'est essayé à divers business, dans la distribution, la papeterie, l'événementiel. Il est aussi l'ambassadeur de plusieurs marques. Il se lance aujourd'hui dans un domaine assez concurrentiel, où interviennent de nombreux acteurs de la voix sur IP et des spécialistes des centres d'appels. D'autres startups ou PME se sont positionnées sur ce créneau des « cloud numbers » mais généralement plutôt à destination des professionnels, dans le BtoB, comme les californiens de Twilio, les anglais de CloudNumbers pour lignes fixes ou mobiles, ou les néerlandais de Spryng.

L'application Numbber des parisiens de Simply Lab est assez proche de ce que va proposer OnOff : elle se présente comme une « carte SIM virtuelle » et génère immédiatement un deuxième numéro en « 09 », comme celui des Box, afin de séparer appels pros et persos, d'éviter les démarchages intempestifs, après avoir publié une petite annonce, par exemple. Gratuite au téléchargement en offre d'essai, l'appli Numbber nécessite d'acheter des crédits pour appeler et recevoir des appels sur ce deuxième numéro (3,60 euros l'heure). OnOff est aussi un peu cousine de Libon, créée par Orange, une appli de messagerie en VoiP permettant de personnaliser les messages d'accueil de son répondeur, notamment pour les numéros inconnus et masqués.

Il restera au sportif de l'extrême de convaincre le public exigeant de LeWeb, puis le grand public, qu'il révolutionne la façon d'utiliser son smartphone... au point de consentir à payer quelques euros de plus par mois. Un vrai défi d'aventurier.

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