Anaplan, "l'Excel killer", lève 90 millions de dollars

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Frédéric Laluyaux, le chef de file d'Anaplan, lors d'un événement organisé par son groupe à Londres l'an dernier.
Frédéric Laluyaux, le chef de file d'Anaplan, lors d'un événement organisé par son groupe à Londres l'an dernier. (Crédits : DR)
Avec cette manne, le spécialiste de la planification stratégique des entreprises veut doper sa croissance, passer de 600 à 900 collaborateurs, et s'implanter dans de nouveaux pays. En attendant, très probablement, une prochaine introduction en Bourse.

Anaplan vient une nouvelle fois de remplir son réservoir de carburant. La société californienne - dirigée par un des "frenchies" les plus en vue de la Silicon Valley, Frédéric Laluyaux - a annoncé jeudi une levée de fonds de 90 millions de dollars. Celle-ci a été réalisée auprès des fonds Premji Invest, Founders Circle Capital et Harmony partners, ainsi que d'autres investisseurs déjà présents au capital de la société. Il s'agit de la cinquième levée de fonds d'Anaplan, qui avait déjà récolté 150 millions de dollars depuis 2010.

Peu connu du grand public, Anaplan vend une solution logicielle sur le cloud (pour "nuage", c'est à dire l'Internet dématérialisé). Celle-ci permet aux entreprises de mettre en place leurs plans stratégiques ou opérationnels. Ils concernent par exemple l'optimisation des ressources, de la chaîne de production, ou encore la gestion des ressources humaines ou une meilleure allocation des ressources financières.

Chasse aux clients

Anaplan argue que sa solution est bien plus efficace que celle de ses concurrents Oracle, IBM ou SAP. Pourquoi? Parce que d'après ses responsables, les logiciels d'aide à la décision existants reposent encore largement sur le partage et la compilation de tableaux Excel pour récolter les données à tous les étages de l'entreprise. Ce qui, aux yeux d'Anaplan, alourdit considérablement la remontée d'informations, et retarde, par voie de conséquence, la prise de décision. La société compte aujourd'hui 400 clients, parmi lesquels Blablacar, Hewlett Packard, Axa, Groupon ou McAffee. Et même Facebook, dont Rob Graham, le directeur des ventes au niveau mondial, est intervenu lors d'un événement organisé récemment par Anaplan à Londres.

Cet "Excel killer", comme la presse l'a surnommé, compte sur cette nouvelle levée de fonds pour financer son "hypercroissance", dixit Laurent Lefouet, DG Europe du groupe.

"Cette année, à l'instar de l'exercice précédent, on veut doubler notre chiffre d'affaires", dit-il, sans pour autant dévoiler le moindre montant. On veut aussi doubler nos équipes commerciales et nous implanter sur de nouveaux marchés, notamment en Suisse, en Allemagne et au Japon."

Pour l'heure, le groupe basé à San Francisco compte 15 bureaux dans 11 pays. En 2016, il souhaite passer de 600 à 900 collaborateurs dans le monde. En parallèle, d'après Laurent Lefouet, le groupe a aussi besoin de mettre les bouchées doubles dans ses infrastructures (comme les data centers), ainsi que dans la sécurité de ses outils.

Bientôt une introduction en Bourse?

Anaplan se situe donc à un point crucial de son développement. Sûr de sortir - pour l'instant - du lot avec sa solution, la société mise sur une conquête rapide de nouveaux clients pour asseoir sa place sur le marché. Pour aller encore plus vite, elle songe aussi à aller en Bourse.

"Ce n'est pour l'heure qu'une aspiration, tempère Laurent Lefouet. Cette levée de fonds constitue probablement le dernier round [avant une introduction, Ndlr]... Nous n'avons pas peur de nous confronter aux marchés."

Cette "aspiration" à rentrer en Bourse pourrait bien se concrétiser rapidement. En même temps que sa levée de fonds, Anaplan a annoncé la nomination de James Budge au poste de directeur financier. Cet ex-Genesys, spécialiste de l'expérience client, dispose en effet d'une grande expérience des sociétés cotées...

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Commentaires
a écrit le 14/01/2016 à 19:14 :
les boites utilisent excel precisemment quand ils n'arrivent pas a faire tourner erp aps et decisionnel divers et varies
deuxio, aller mettre ' dans le cloud americian' ses plans strategiques consultables par tt le monde via les services secrets americains, faut avoir soit un grain, soit l'intention d'y mettre des fausses informations ' a destination de la concurrence'

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