BlaBlaCar, Uber et les taxis : Bruxelles fait le point

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(Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Le commissaire européen au Numérique Gunther Oettinger a récemment fait la différence entre le site de covoiturage et les applications mettant en relation passagers et chauffeurs, selon lui en concurrence directe avec les taxis dans les agglomérations urbaines.

Le commissaire européen au numérique Gunther Oettinger a remis les pendules à l'heure. Du moins a-t-il rappelé lors d'une récente conférence de presse, relayée dans la presse italienne notamment, que l'application américaine pour smartphone Uber, qui met en relation passagers et chauffeurs, était différente de la française BlaBlaCar, dans la mesure où la première propose une prestation commerciale dans une zone précise, tandis que la deuxième se veut dans une logique collaborative, de partage des coûts.

BlaBlaCar, un partage des coûts et de la conversation

Pour étayer ses propos, le commissaire allemand a précisé que BlaBlaCar n'était pas "responsable d'une prestation de services dans une région", puisqu'il s'agit de partager le coût de l'essence, prenant l'exemple du cas d'un étudiant, qui souhaiterait voyager d'un pays à un autre. Il précise en outre que le terme "BlaBla" présent dans le nom de l'entreprise évoque aussi le partage d'une conversation entre les différents participants au voyage.

 Une concurrence directe avec les taxis ?

Une convivialité qui ne se retrouve pas - forcément - à bord d'un véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) partenaire de la multinationale Uber, qui propose des prestations commerciales, ajoute-t-il. Et le commissaire d'expliquer qu'une telle application mobile permet plutôt de rassembler des personnes qui souhaitent se déplacer en voiture dans une même ville, ou agglomération. Où elle se retrouve, en ce sens, selon lui, en concurrence directe avec les taxis.

Une conclusion qui semble dans la logique des conclusions de l'étude OpinionWay pour Les Taxis Bleus publiée au mois d'août, selon laquelle, dans une situation de défaut d'offre, un utilisateur de VTC opterait pour un taxi dans 47% des cas, tandis que seul un utilisateur "d'offres payantes entre particuliers" (comme peut l'être Heetch, ou "feu-UberPop"), sur quatre ne choisirait cette alternative.

En revanche, selon cette même étude, les utilisateurs de taxis se tourneraient en premier lieu vers le bus, le métro ou le RER, en cas d'absence de véhicule. Ce qui rejoint les conclusions de l'étude sur la place du taxi publiée par le cabinet 6-t, selon laquelle

"Le taxi est davantage utilisé en concurrence avec les transports en commun".

"Ce n'est pas aussi simple"

Rappelons toutefois l'une des conclusions de l'étude réalisée par le cabinet 6-t et diffusée par Uber sur les usages, usagers et impact des services de transport avec chauffeur. A savoir, le fait que "lorsque le service avec chauffeur n'est pas disponible, le taxi devient une alternative pour 39% des usagers". Mais, encore selon cette étude

"27% des déplacements réalisés avec ces services sont des déplacements qui n'auraient pas eu lieu sans".

Ces résultats sont toutefois à relativiser, d'après Nicolas Louvet, de l'institut 6-t. "Ce n'est pas aussi simple", explique-t-il, dans la mesure où les usagers de VTC commandent un véhicule plutôt en soirée et le week-end, tandis que les utilisateurs de taxis le font plutôt en journée et en semaine.

On comprend à ce moment-là qu'en l'absence de véhicule disponible, l'alternative ne sera pas forcement les transports en commun, qui ne seront peut-être plus en service à une heure tardive ou le dimanche, dans les grandes agglomérations, mais un taxi, justifie-t-il. En revanche, un utilisateur de taxi, en journée, en semaine, se tournera plus volontiers vers les transports en commun, qui représentent alors l'alternative la plus efficace à ce moment-là, estime-t-il.  Et de conclure:

"La concurrence se fait surtout pour les chauffeurs dans les hypercentres des grandes agglomérations. En province, les taxis, qui ont une clientèle bien établie, ne se plaignent pas des VTC!"

 Lire aussi : BlaBlaCar, Drivy, Uber : en cas de panne ou d'accident, quelle assurance joue ?

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Commentaires
a écrit le 16/01/2016 à 13:01 :
Seul les taxis paies leurs impôts en France le reste comme UBER And co passe par les Bermudes pour donner le minimum à la France
a écrit le 15/01/2016 à 16:06 :
Cc

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