La Tribune

La France regarde passer le train des FabLabs

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Jean-Pierre Gonguet  |   -  1689  mots
Inventés pas les Californiens, les FabLabs se développent partout dans le monde, mais pas dans l'Hexagone. Ces ateliers numériques permettent pourtant à n'importe qui de tester son idée et de créer son prototype. C'est une conception totalement nouvelle des modes de production que le gouvernement voudrait développer. Mais c'est lent... très lent.

Vu de loin, cela ressemble à un garage pour bidouilleurs. Vu de près, c'en est exactement un . C'est d'ailleurs pourquoi les FabLabs croissent et se multiplient en Californie. Là où l'université Stanford les a inventés et codifiés il y a plus de dix ans. Là où, dans d'autres garages à bidouilleurs, s'est construite la Silicon Valley. Question de culture. À Manchester, à Malmoe, à Tel Aviv, au Caire ou à Barcelone, les FabLabs fleurissent. Ils décollent un peu partout dans le monde, mais les Français, empreints de leur habituel scepticisme, réfléchissent encore. Nicolas Sarkozy a essayé d'accélérer leur développement avec le grand emprunt ! ; Jean-Marc Ayrault a, lui, symboliquement prononcé son discours sur le numérique dans le « FacLab » de l'université de Cergy Pontoise (FacLab, pour laboratoire de faculté), et Fleur Pellerin a twitté le 10 décembre 2012 « Oui, nous voulons des #fablab partout en France ».

Mais le décollage est poussif. Fleur Pellerin aimerait beaucoup, dit-on, que les espaces publics numériques (EPN) se transforment en FabLabs, mais ce n'est pas gagné. Pourtant, un FabLab, ce n'est ni cher ni compliqué. Le FabLab est un atelier totalement ouvert dans lequel chacun peut trouver des machines à commandes numériques et fabriquer un objet. La liste des machines possibles est très longue et l'université Stanford les recense en permanence. Mais un bon FabLab peut fonctionner avec une configuration relativement simple : découpeuses laser, fraiseuses numériques, imprimantes 3D et tout un tas de petits instruments pour bidouiller. Entre 60000 et 80000 euros de matériel, pas plus. Après, le principe est simple. Il se résume à trois lettres emblématiques de la culture californienne : DIY, « Do It Yourself ».

Avec un bon logiciel de CAO pour virtualiser une idée, une imprimante 3D peut tout faire, des jouets comme des bras articulés, une reproduction de la Venus de Milo ou un robot faucheur de maïs. « DIY », mais aussi, explique Fabien Eychenne, chef de projet à la Fondation Internet nouvelle génération (FING), qui est allé visiter ce qui se faisait de mieux dans le monde du FabLab, « DIWO », « Do It With Others ».

Une R&D à bon marché pour les grands groupes

« Le FabLab, c'est transdisciplinaire, explique Nathalie Routin de la FING, elle aussi. Le numérique permet de tout faire, mais ce ne sont pas les machines qui sont les plus importantes. C'est la m a ni è re d o nt on t ra va il le ensemble, dont on se frotte aux autres. On arrive dans le FabLab avec son idée. Elle n'est pas forcément entièrement formalisée, mais le numérique permet de passer au prototype quasi immédiatement et de tester, de discuter, de peaufiner. Les grandes entreprises ont réalisé que l'innovation ne venait plus d'elles, mais de petites structures, et ont parfaitement compris l'intérêt des FabLabs. Renault en a initié un en interne : n'importe qui peut aller y bidouiller et tester. »

Renault a, comme toutes les grosses structures, des services de recherche et développement trop lourds et trop lents. Le constructeur a donc entrepris de favoriser l'innovation en interne et, avec les outils des FabLabs, cela va beaucoup plus vite tout en étant nettement moins cher. Le groupe s'est peut-être inspiré de l'expérience de Ford, qui passe beaucoup de temps dans le TechShop de Detroit pour voir les « makers » bidouiller leurs innovations. Fabien Eychenne cite d'ailleurs le PDG de Ford, Bill Coughlin, qui explique comment son entreprise suit ces bidouilleurs - souvent de très bons inventeurs mais pas forcément de bon commerciaux ou gestionnaires -, et comment Ford les aide (en achetant éventuellement les idées qui l'intéressent). Dans un autre registre, les biscuits Poult, le numéro un des biscuits en marque blanche (et inventeur du biscuit antistress), ont adopté la même démarche. Le groupe SEB avec EM Lyon vient aussi de se lancer dans l'aventure FabLab et Airbus travaille avec le FabLab de Toulouse, Artilect.

D'ailleurs de manière assez étonnante, les ruraux semblent parfois plus intéressés que les urbains. Didier Galet est maire de Savins, 446 habitants dans la Seine-et-Marne, dont le dernier café vient de fermer. Le numérique, c'est la survie possible de son village dortoir pour travailleurs parisiens. Lui en est à l'étape LivingLab : espace de 220 m2 entièrement connecté, ouvert jour et nuit, dédié au télétravail, à la formation à distance. Il est de plus en plus fréquenté, les gens réfléchissent, discutent ensemble, initient des projets. Savins est dans un parc régional et commence à travailler sur la filière chanvre, lance des projets sur la télémédecine, sur les filières locales de bois...

Quand un village isolé deveient "the place to be"

Au fur et à mesure, les habitants vont vouloir faire et Savins passera logiquement au FabLab. La volonté de Didier Galet est d'apporter des solutions locales à des problèmes locaux. Tout en travaillant en réseau avec les grands de ce monde : le maire de Savins a même passé un accord avec les FabLabs de Barcelone et de Malmoe ! « Il faut aller voir à Barcelone comme cela fourmille, explique-t-il. Il n'existe aucun préjugé dans le FabLab catalan. Tout le monde se fiche de connaître la taille de Savins, seule les intéressait l'idée sur laquelle nous souhaitions travailler. En revanche, chez nous, il faut se battre constamment pour faire comprendre notre logique économique. Même auprès de l'agence de développement économique. » Et il soupire sur « la capacité de nuisance économique phénoménale chez les institutionnels ».

Autre cas, Biarne, village du Jura, à 40 kilomètres de Besançon, encore plus petit que Savins : 363 habitants. Mais c'est « Le » lieu où il faut être : le premier FabLab rural. Créé par l'association Net-Iki - constituée en 2008 parce que Biarne était en zone blanche -, c'est le premier FabLab rural qui essaime. Sept autres sont actuellement en gestation, dont un à Dijon : Kelle Fabrik sur la broderie et les bijoux. Certes, le conseil général n'a accordé que 5 000euros de subventions ; certes, il a fallu se servir d'une salle de classe inutilisée pour installer le matériel, mais presque tout y est (il faut quand même faire quelques kilomètres pour utiliser la fraiseuse numérique d'un artisan du coin). Désormais, à Biarne, on bricole sévère. Et, malgré le faible débit de 2 mégabits, Biarne a organisé sa première journée internationale de travail, le 6 mai, avec une quinzaine de FabLabs européens connectés.

Tout cela reste balbutiant. Au niveau industriel comme au niveau rural. Mais l'idée est là et pour peu qu'un ou deux bidouilleurs fassent fortune (le Chinois qui a inventé l'aspirateur sans manche dirigeable avec Bluetooth ?), les FabLabs devraient logiquement exploser. Aux États-Unis, un professeur de robotique a, lui, très rapidement compris qu'il y avait une idée et un marché. Il a lancé en 2006 le premier TechShop. Même principe que le FabLab, mais en version commerciale et business : une grande surface de 1500 m2 bourrée de machines numériques, une adhésion pas trop chère et un slogan « What do you want to make ? » Ce « Qu'avez-vous envie de créer ? » a marché et une dizaine de TechShops ont depuis été ouverts de San Francisco à New York en passant par les citées industrielles Detroit et Pittsburgh.

La coque pour iPad est née dans un techshop

Ces TechShops permettent la croissance d'une économie de niche dont les entreprises ne peuvent s'occuper : avec cette réduction à trois fois rien du temps et du coût du prototypage d'une idée, il devient presque facile de trouver son petit marché et d'amortir un produit. Et les coûts ne peuvent que baisser. L'inventeur de la « Dodocase » (la coque pour iPad) a ainsi créé son premier modèle dans un TechShop pour 500 dollars. Il a testé le marché, puis a embauché des gens qui sont allés produire d'autres Dodocase dans d'autres TechShops. Et quand son business a vraiment décollé, il a lancé la production massive en Chine de Dodocase qu'il vend 80 dollars.

C'est le règne du circuit court

Une deuxième révolution technique est à l'oeuvre. Les FabLabs utilisent des outils numériques qui n'ont pas été conçus pour eux, mais qui, petit à petit, produisent en interne les machines dont ils ont besoin. Le meilleur exemple est l'imprimante 3D RepRap : elle est composée de pièces qui ont été construites par l'imprimante précédente. Cette RepRap va bientôt être capable de produire la totalité du futur modèle de la RepRap. C'est le FabLab 3.0. Il existera vraisemblablement avant 2020. Puis, selon le MIT et le CEA, arriveront les FabLabs 4.0, où l'on parlera de la matière elle-même. L'immense avantage des FabLabs est donc, dans un monde en crise économique et avec des matières premières et une énergie de plus en plus chères, de pouvoir répondre de manière quasi gratuite à des demandes précises et locales. C'est le règne du circuit court et c'est ce que Barcelone a compris.

L'immense désavantage des FabLabs c'est le DIY. Les Français ne sont pas du tout habitués à ce type de comportement, à ce type de production. Hormis quelques artistes spécialisés dans le numérique ou quelques ingénieurs fréquentant les Summer Labs (grandes réunions de bidouilleurs, de hackers, d'ingénieurs, la prochaine aura lieu à Nantes, début juillet), les Français regardent la chose avec la même méfiance que les super-technos du Minitel considéraient les garages de la Silicon Valley du début des années 1990. Comme le disait un étudiant du FacLab de Cergy Pontoise lors de la visite de Jean-Marc Ayrault : « On est dans la même situation qu'il y a quinze ou vingt ans, lorsque l'ANPE avait des demandes de webmasters et n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. En 2013, l'université et Pôle Emploi ont le même problème avec les FabManagers. »

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Commentaires

Effeil  a écrit le 26/08/2013 à 4:39 :

L'auto-flagellation sur le thème "les français sont à la ramasse, les américains nous damment le pion" est une rengaine qui finit par lasser - mais qui ne surprend pas dans la Tribune. Cela relève d'un manque total de profondeur d'analyse. Le concept de fab lab est - aussi - une grosse machine marketing (et de lobbying, depuis que la Commission Européenne l'a inscrite dans sa feuille de route) pour vendre de la techno numérique (venant d'où ^^ ?) là où une scie et un marteau feraient très bien, voir mieux, l'affaire. Ce qu'on oublie souvent, c'est que même une RepRap ne permet pas de créer le "cerveau" de tout cela, à savoir la partie électronique et le logiciel. Pas plus qu'une imprimante 3D bon marché ne peut fabriquer des pièces en métal (comme des armes à feu, une autre idiotie que l'on a pu lire ici et là).

Avant cela il y a eu : les assos de quartier avec des machines à coudre électriques ; les garages associatifs ; les assos de bricoleurs de vélo ; les ateliers de menuiserie participatifs ; les clubs infomatiques ; les jardins collectifs ; les install parties Linux ; ... Ca aurait été plus sexy s'ils étaient venus du MIT et nommé sewing labs, car labs, bike labs, etc

La première chose à faire serait donc de prendre la mesure de ce que sont les fab labs, et de leurs mérites et de leurs limites, avant d'y voir tout et n'importe quoi, de hurler avec le meute qui y voit une révolution là où il y a, surtout, du "branding" MIT et de la réinvention d'eau tiède.

EmmanuelG  a écrit le 27/06/2013 à 8:38 :

Beaucoup de personnes ont corrigé de manière pertinente les écueils de cet article, je reviendrais simplement pour ajouter : http://www.dgcis.gouv.fr/secteurs-professionnels/economie-numerique/aide-au-developpement-des-ateliers-fabrication-numerique

La France regarde passer le train des fablabs ? Oh que non, ils sont en plein boom et de nombreux acteurs y contribuent (en ce qui me concerne on va bientôt en ouvrir un 3ème à Nancy), il fallait simplement être mieux informé ;)

Bien à vous,

marpa  a écrit le 06/06/2013 à 10:24 :

Cet article est très décevant car très mal documenté : les FabLabs ne sont pas nés dans la Silicon Valley mais au MIT, la France compte déjà de nombreux FabLabs (31 FabLabs recensés au 23/01/2013, d'autres ont fleuri depuis et de nombreux autres projets sont en cours + de nombreux hacker/makerspaces), une retranscription erronée de la philosophie des FabLabs et de nombreuses autres aberrations au fil de l'article...
Le point de vue institutionnel (gouvernement, ...) n'est pas le seul porteur de vérité !
Quand est-ce que les journalistes feront du journalisme, au sens noble du terme (travail de recherche, vérification des sources, sens critique, ...) ?

IC  a écrit le 31/05/2013 à 19:06 :

Airbus travail effectivement avec les FabLabs:

http://videos.airbus.com/video/94b511d91dcs.html

http://www.meleenumerique.com/contenu/programme



jk  a écrit le 30/05/2013 à 22:28 :

http://plateforme-c.org/
http://artlabo.org/carte/
etc ...

Rebié  a écrit le 30/05/2013 à 14:43 :

"Une R&D à bon marché pour les grands groupes"

Même si il est intéressant d'entendre parler de FabLab dans des journaux diffusés, cela reste dommage que la description qui en est faite ne donne pas la mesure du nouveau mode de pensée que les FabLab inculque. En effet, je ne pense qu'il s'agisse seulement de R&D bon marché mais plutot d'un considération collaborative et partagée de l'innovation: chacun apporte sa pierre à un édifice mieux conçu.

Thomas  a écrit le 30/05/2013 à 11:18 :

Il serait bon de jeter un ?il à l'activité intérieure française en terme de fablab et hackerspaces car elle est forte! Le French bashing s'arrête ici. Prenez le biohackerspace La Paillasse, il s'agit du laboratoire communautaire pour les biotech le plus dynamique d'Europe...

Camille Bosqué  a écrit le 30/05/2013 à 9:32 :

Incroyable de voir autant d'erreurs dans un seul article...

Jean Nelson  a répondu le 30/05/2013 à 10:46:

Qu'entendez-vous par là ?

Bloublé  a répondu le 30/05/2013 à 12:47:

"Là où l'université Stanford les a inventés et codifiés il y a plus de dix ans." C'est le MIT qui a créé le premier FabLab.

salgues  a écrit le 30/05/2013 à 7:45 :

Enfin un article sur les fablabs
Mais il sont né sur la cote Est
Suite a des exemples Hollandais et Allemand... et il en existe en France
et le "mini-grand" était l'apanage du fonctionnement des grandes écoles et des universités de technologies allemandes et hollandaises avant que l'on souhaite les transformer en Université... Une école possédait un mini-four de cimenterie, une autre une unité réduite de production de médicament, une autre des avions pour tester des réacteurs, etc...

Fred  a écrit le 29/05/2013 à 10:29 :

Il suffit d'aller sur Wikipédia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab ) pour apprendre que les fablabs n'ont pas été créé en Californie mais MIT (cote est). Si l'on compte, il y a déjà une vingtaine de fablabs un peu partout en France, sans compter sur les hackerspaces ou makerspaces qui fonctionnent à peu prêt de la même manière sans pour autant adhérer à la charte des fablab du MIT (car il faut adhérer à la charte pour avoir l'appellation FabLab). Et tous ces fablabs ont poussé durant les 2 dernières années, je suis pas sur qu'on regarde vraiment le train passer...

Fablab  a écrit le 29/05/2013 à 10:03 :

Bonjour,

C'est bien pour avertir les politiciens et les bureaucrates...mais les créatifs sont sur la brèche depuis plusieurs années. Il existe au moins une trentaine de fablabs en France http://fablabo.net/wiki/Fablab_F_aire...

batmanaxe  a écrit le 28/05/2013 à 18:57 :

Les dodocases ne sont pas fabriqués en Chine mais à San Francisco, je crois.

PAUL  a écrit le 28/05/2013 à 18:28 :

Avant de favoriser cette innovation, le gouvernement doit réfléchir aux moyens de pouvoir taxer les imprimantes !!!

AgainParis  a écrit le 28/05/2013 à 18:27 :

Pourquoi se lancer en France? Pour être traités de riches? Pour avoir à faire au RSI? Pour avoir l'urssaf sur le dos? Pour être ennuyé par l'administration pour des formulaires? Pour payer des taxes si on vend son idée? Avec tout ça je comprend pas que ce concept ne marche pas en France? C fou quand même!!! Mdr

Bloublé  a répondu le 30/05/2013 à 12:48:

Encore du troll débile...

pmxr  a écrit le 28/05/2013 à 18:15 :

Le FabLabtaxes marche à plein régime chez nous !

dédé  a écrit le 28/05/2013 à 18:09 :

merci pour l'excellent article

pmxr  a écrit le 28/05/2013 à 18:02 :

La France regarde passer le train des FabLabs.... comme les vaches regardent passés les trains... avec notre administration qui nous ennuis à la moindre initiative ! Le principe de précaution règne en Maître !

Fred  a écrit le 28/05/2013 à 17:35 :

La seule fois où l'on a entendu parler d'imprimantes 3D à la télé, c'était pour ce gars qui avait fabriqué un revolver. Donc en gros c'était un truc très dangereux qu'on n'avait pas envie de voir débarquer en France. Symptomatique de notre pays où tout le monde a peur de tout et de tout le monde...

pmxr  a répondu le 28/05/2013 à 18:08:

peut être qu'une imprimante 3D fabricant du coucous aurait plus de chance ?

FoiEtLiberte  a écrit le 28/05/2013 à 17:31 :

Excellent article, merci! Faut pas que le gouvernement Francais y mettent son nez; reglementations draconiennes et impots, taxes, prelevements, controles, amendes...le tout avec une arrogance typique...a aussi est ce que les fablabs font les 35 heures? Parce que la aussi il y a danger qu'ils piquent du bouleau aux cgtistes! Il faut l'avis de nos syndicats communistes anarchistes la dessus. Formule trop simple et trop souple pour nos "elus"...

Observatoire  a écrit le 28/05/2013 à 17:25 :

Créer un observatoire pour les avancées de l'écosystème du nouveau monde industriel. Une bonne idée à la fleur pélerine socialiste, n'est-ce pas? Laboratoire de fabrication, c'est du travail manuel déguisé à la mode numérique. Ce n'est pas pour nous. Cela ferait concurrence aux artisans qui paie charges sociales et assurances, eux. Et puis l'état ne veut-il pas taxer la création numérique? Dans tous les pays du monde, l'inventeur est valorisé par le découvreur de l'inventeur. Parce qu'un inventeur est précieux et mérite de se développer. En France les grands groupes et ingénieurs diplômés des hautes écoles n'ont aucun scrupule à piller les inventeurs, car ils ont passé les concours pour réussir, eux.

Morgan  a écrit le 28/05/2013 à 17:11 :

et ca c'est quoi http://labfab.fr/
Ah zut, c'est vrai que ce n'est pas à Paris

capitalismetliberte  a écrit le 28/05/2013 à 17:07 :

chez nous le principe de précaution nous paralyse, on regarde passer le train, et le gaz de schiste reste dans la terre, nous ne regardons pas l'avenir mais cherchons a conserver nos avantages acquis. nous comptons sur les secrets de fabrications du fromage de chèvre pour écrire l'histoire

Chich  a répondu le 28/05/2013 à 17:35:

Complétement hors sujet, les gaz de schiste ont des répercussions encore peu définissable et qu'il serait bon de connaitre avant de faire n'importe quoi. Merci de réfléchir un peu à ce que vous écrivez.

FoiEtLiberte  a répondu le 28/05/2013 à 22:52:

Le point essentiel que Capitalismetliberte fait est que notre pays est paralyse voir schelorose; on ne bouge plus car obsede par le comfort social. Il existe des debouches economiques et energetiques qui fournirait des jobs... Mais en France on ne bouge pas... On manifeste et on s'occupe des affaires de cul... Quant au schiste, c'est surement plus dangereux que les dechets monstrueux radioactifs du nucleaire?!... Meme le demagogue socialiste Obama l'a compris!...

Colonel aulrique  a écrit le 28/05/2013 à 16:59 :

Pour information il existe en France une région qui depuis des années avant les Californiens, fabriquent des pièces de toutes sortes à la demande, c'est la région du Jura et de l'Ain. Ces industriels ont sans doute de l'avance par rapport aux FABjesaispasquoi. Mais apparemment cela n'interesse personne

rourou  a répondu le 28/05/2013 à 18:34:

la différence c'est qu'avec le fablab on dessine son truc et le fabrique tout de suite, à la CNC ou l'imprimante 3D, c'est bien plus réactif que de passer par un tiers. Au début on fait d'ailleurs n'importe quoi qui passe par la tête, des jouets, des gadgets, on refait des pièces cassées introuvables en pièces détachées, ce qui a le mérite de se familiariser avec les outils de CAO: ca rappelle les premiers clubs de micro-informatique. Les industriels que vous évoquez devraient être les premiers à ouvrir de tels fablab dans leur région, ils seraient les premiers à en tirer les fruits si des projets deviennent concrets...

Colonel aulrique  a répondu le 28/05/2013 à 19:41:

Vous devriez voyager dans ces lointaines contrées et vous vous apercevriez que cela existe déjà. Les industriels utilisent la CAO depuis des siècles

rourou  a répondu le 29/05/2013 à 15:39:

je pense que le concept du fablab vous échappe complètement...

Centrale Marseille  a écrit le 28/05/2013 à 16:47 :

Pour ceux qui sont sur Marseille et la région, Centrale Marseille et la Fing organisent demain une conférence sur ce sujet : ?Faire? autrement : construire l'écosystème du nouveau monde industriel ? http://fing.org/?page=evenement&id=451

OUI MAIS  a écrit le 28/05/2013 à 16:43 :

Respectent ils les legislations ?
- Atex
-code du travail
-réglementation electriques/ les appareils à pression
- réglementation sur les appareils de levage
- constitution du document unique d'évaluation des risques au poste de travail ( quasi infaisable dans ce cas ) ....etc Bref un fab lab , c 'est les ennuis assurés si arrive le moindre incident, la moindre visite de l inspection du travail, la moindre pathologie d'un collaborateur, la moindre visite de la DREAL... !

Dipper  a écrit le 28/05/2013 à 16:43 :

Je suis allé dans le FabLabs à Barcelone, et tout le problème de la France est là: "Il n'existe aucun préjugé dans le FabLab catalan " c'est tout l'inverse en France. Ensuite il y a une autre question en France, combien ça coute ? Est ce que ça rapporte de l'argent... On ne veut pas se faire "voler" nos idées par des grands groupes, alors la peur domine. Faut pas s'en étonner. Je ne vois même pas pourquoi on se demande pourquoi c'est lent.
C'est pas du bashing franco-français, mais la vérité, et ça fait mal quand on la regarde en face.
//TROLL ON/
Et puis il faut créer une commission qui règlemente la gestion et l'organisation de la création pour le développement productif en France quand à la question de la compétivité de bla bla bla... //TROLL OFF/

Panpan  a répondu le 28/05/2013 à 17:51:

C'est exactement ça. Surtout la partie Troll! Vous avez bien résumé comment la suradministration française et la mentalité qui l'accompagne bouffe toute velléité d'innovation. Et Constitue donc un frein au développement de notre pays. Je le sais car j'ai déjà travaillé au sein même de cette administration. C'est tellement incroyablement lourd comme machine qu'envisager de l'alléger est une pensée effrayante.

Grozal  a répondu le 26/08/2013 à 4:46:

Ce qui constitue un frein au développement de notre pays, c'est le temps gaspillé par les gens qui passent leur temps à dire "ceci ou cela constitue un frein au développement de notre pays" !!!! :)

Par exemple, pendant que je poste ce commentaire, je ne fais rien pour le développement de notre pays.

Allez, cessez de vous lamenter, prenez vous en main. La France est un pays bourré d'atouts qui, au contraire d'autres, sait encore prendre du recul et réfléchir avant de foncer tête baissée dans tous les pièges du bougisme, du développement à tout crin, de l'innovation déifiée.

Il se passe des tas de choses en France, notre pays va bien, on y vit bien (et bien mieux que presque partout ailleurs dans le monde).

FDA  a écrit le 28/05/2013 à 16:21 :

Il faudrait organiser une commission pour en discuter et obtenir l'avis du Conseil économique et social (mais là c'est l'heure de la sieste)

pépère  a répondu le 28/05/2013 à 16:34:

Maintenant on parle d'observatoire, c'est moins ringard que les commissions !

FDA  a répondu le 28/05/2013 à 16:51:

Ca bouge tellement vite dans l'administration que je n'arrive plus à suivre

BeHappy  a répondu le 28/05/2013 à 17:45:

En guise de préalable, il faudrait rédiger une loi obligeant les gens a être heureux sur ordre de l'Etat. Ensuite, on pourra passer a la créativité sur commande.

Mentalist  a écrit le 28/05/2013 à 16:21 :

En France, la méthode est assez simple : d'abord on réglemente, puis on contrôle, pour pouvoir taxer, ce qui finance des administratifs, qui ont pour métier d'inventer de nouvelles réglementations... et le cycle boucle comme ca indéfiniment, telle une machine infernale... Le jour ou nos parasites en chef auront compris que la créativité ne se décrète pas au travers d'une quelconque réglementation, alors ils auront fait un pas énorme... consistant a simplement se supprimer de la chaîne de valeur, pour laisser avancer la société...

Panpan  a répondu le 28/05/2013 à 17:52:

Tout à fait! Excellent commentaire. Merci

chapeau à la Rubbens!  a écrit le 28/05/2013 à 16:17 :

Le meilleur exemple est l'imprimante 3D RepRap : elle est composée de pièces qui ont été construites par l'imprimante précédente

Rap Rep  a répondu le 26/08/2013 à 4:53:

... et le projet RepRap a été financé par l'EPSRC ... agence GOUVERNEMENTALE du Royaume Uni pour financer recherche et ingénierie. Voilà, ça c'est fait, pour le chapitre "en France on s'en remet toujours au gouvernement".