iRobot rachète Robopolis sur fond de polémique au sujet de la vie privée

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Siège de l'américain iRobot à Bedford (Massachusetts).
Siège de l'américain iRobot à Bedford (Massachusetts). (Crédits : Reuters)
En rachetant son distributeur européen Robopolis, iRobot fait une belle opération financière dans une période très controversée pour la société américaine. L'exploitation des données collectées par ses robots domestiques défraie la chronique ces derniers temps.

La société américaine iRobot, qui produit notamment des robots-aspirateurs, a annoncé mercredi l'acquisition de l'entreprise lyonnaise Robopolis, son plus grand distributeur européen longtemps dirigé par l'homme d'affaires Bruno Bonnell, pour 143 millions de dollars. Robopolis avait été racheté en 2006 par l'homme d'affaires lyonnais Bruno Bonnell, qui s'en est désengagé, selon la société, quand il s'est tourné vers la politique. Il a été élu député La République en marche, en juin.

Une acquisition à prix raisonnable

Présent dans onze pays, Robopolis se présente comme le plus grand distributeur de robots domestiques et fournisseurs de services en Europe, avec l'exclusivité de la distribution des produits iRobot dans sept pays. Robopolis a fourni près de la moitié des revenus d'iRobot l'an dernier dans la région Europe/Afrique/Moyen-Orient, qui elle-même représentait le quart de ses ventes, a précisé la société américaine dans un communiqué.

Selon le communiqué, le prix d'achat s'élève à 141 millions de dollars, ou environ 0,9 fois le chiffre d'affaires de Robopolis à douze mois révolus en juin 2017, "sous réserve des ajustements habituels des prix d'achat prévus dans le contrat d'achat définitif". L'opération doit être finalisée en octobre.

Vie privée... "Il y a du Roomba dans l'air"

Surtout connue pour ses robots-aspirateurs Roomba, iRobot se présente comme "leader mondial de robots à destination du grand public", s'intéressant pour l'instant au nettoyage, mais pas que.

Dans une interview donnée à l'agence Reuters, Colin Angie, Pdg de iRobot, annonce la couleur : commercialiser les données domestiques des utilisateurs de ses robots domestiques aux GAFA.

À travers ses multiples passages dans les appartements, le Roomba est capable de tenir une cartographie détaillée de ceux-ci au jour le jour. Ce type de données pourrait fortement intéresser les constructeurs proposant des appareils domestiques connectés comme Apple, Google ou Amazon qui tentent de s'imposer sur le marché de la domotique et des objets intelligents.

Le sympathique petit robot, ami des chats (en mode "Cat Carrying"), serait un redoutable espion de notre vie privée : localisation géographique, plan des étages, disposition des meubles, texture des sols, présence ou non des hôtes... toutes ses données sont collectées et envoyées au constructeur iRobot. Va-t-on avoir dans le futur, nos objets connectés près à divulguer tout ce qui se passe derrière l'ultime frontière de notre vie privée qu'est la porte d'entrée de notre domicile, l'avenir nous le dira.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 27/07/2017 à 14:12 :
Une solution, avoir la possibilité de couper toutes connexions avec Internet et l'extérieur à ces robots et autres matériels pseudos intelligent.
TV connectées, réfrigérateurs, voitures, etc.
a écrit le 27/07/2017 à 9:03 :
Où l'on se rend compte que le business actuel est d'abord lié à nos informations personnels afin de nous proposer des trucs à vendre dont on a pas besoin. LE néolibéralisme c'est du capitalisme débarrassé de toute idée novatrice.

Et que le marché en herbe soit notre vie privée est quand même particulièrement inquiétant qui plus et.

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