La Tribune

Mais jusqu'où ira Apple ?

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Jérôme Marin, à New York  |   -  919  mots
400, 500 et maintenant 600 dollars... Plus rien ne semble pouvoir arrêter l'envolée de l'action du groupe à la pomme, qui lance ce vendredi le "nouvel iPad". Une hausse rapide qui interpelle certains analystes.

Il y a un an, quasiment jour pour jour, Alex Guana s'était attiré les foudres des nombreux "Applemaniacs" qui peuplent Wall Street. Cet analyste quasiment inconnu de JPM Securities avait alors osé dégrader sa recommandation sur Apple, de "surperformance" à "performance en ligne", estimant que le chiffre d'affaires de la société pourrait décevoir les investisseurs. Un véritable blasphème qui avait déclenché une vague de critiques souvent acerbes. D'autant plus que ses commentaires avaient trouvé un certain écho sur les marchés, l'action du groupe à la pomme chutant ce jour-là de 4,5%.

Si ces prédictions se sont finalement révélées fausses, les réactions suscitées par les propos d'Alex Guana - qui s'était offert à l'occasion un joli coup de publicité - en disent long sur l'état d'esprit qui règne à Wall Street dès que l'on évoque Apple. Plus récemment, les médias et les investisseurs s'amusaient des pronostics foireux d'Edward Zabitsky d'ACI Research, le seul analyste qui recommande aujourd'hui de vendre l'action Apple, avec un objectif de cours fixé à 270 dollars ! Un analyste canadien, patrie du BlackBerry...

+45% depuis le début de l'année

Car l'action Apple n'en finit plus de monter. Jeudi à l'ouverture des marchés, elle a même touché la barre des 600 dollars pour la première fois de son histoire, seulement 23 jours de cotation après avoir franchi celle des 500 dollars ! Et deux mois plus tôt, elle s'échangeait encore sous le seuil des 400 dollars. Depuis le début de l'année, le titre de la firme de Cupertino a bondi de 45%. Et le rythme de progression ne fait que s'accentuer: +13% en janvier, +19% en février et déjà +8% en mars (et même +11% jeudi matin). A côté, la progression de 26% enregistrée sur l'ensemble de l'année 2011 ferait presque pâle figure.

Si les analystes n'en finissent plus de relever leurs objectifs de cours - Morgan Stanley a évoqué jeudi une cible de 960 dollars -, cette évolution presque exponentielle en interpelle certains. C'est notamment le cas de Chris Whitmore de Deutsche Bank. Jeudi, dans une note diffusée auprès de ses clients, l'analyste a indiqué qu'il avait retiré Apple de sa liste de valeurs recommandées à court terme, tout en restant positionné à l'achat sur la valeur à long terme. "Le rythme de surperformance devrait ralentir après la hausse récente", écrit-il.

Un million d'iPad

"Le scepticisme de Chis Whitmore sur le rythme de progression d'Apple est partagé par beaucoup à Wall Street, mais peu souhaitent l'exprimer", souligne le "Wall Street Journal", rappelant que "les précédentes prévisions baissières ont toutes été contredites avec le temps". Jeudi, alors que la note de Deutsche Bank circulait dans les salles de marché, l'action Apple accusait ainsi le coup, perdant jusqu'à 2% en séance et mettant fin, en clôture, à six séances consécutives de hausse. Comme si certains investisseurs attendaient une confirmation de leur sentiment avant de vendre.

"L'évolution en parabole (telle que connaît Apple, ndlr) arrive généralement à la fin d'un cycle pas au milieu", prévient de son côté Peter Boockvar de Miller Tabak, interrogé par CNBC. "Je ne suis pas vendeur sur Apple. Mais quand vous voyez une action évoluer de la sorte, peu importe si elle formidable", poursuit-il, redoutant un retour brutal sur terre. "Compte tenu de sa taille, cela aura des conséquences sur le reste des marchés". A 600 dollars, la capitalisation d'Apple s'élèvera à 560 milliards de dollars (à son apogée en 1999, Microsoft valait 604 milliards), pesant à hauteur de 4,3% au sein de l'indice S&P 500, qui regroupe 500 les importantes sociétés cotées américaines.

L'action Apple devrait cependant reprendre son ascension ce vendredi, jour de sortie du "nouvel iPad". Puis la semaine prochaine, avec les premières estimations de vente de la troisième version de la tablette à succès. Les analystes de Piper Jaffray estiment que le groupe pourrait écouler un million d'exemplaires ce vendredi et dix fois plus avant la fin du mois. Selon leurs calculs, les ventes d'iPad devraient atteindre 60 millions cette année, contre "seulement" 40,5 millions en 2011. Avant de grimper à 176 millions en 2015. Ils anticipent, cette année-là, 385 millions d'iPhones vendus (contre 93 millions en 2011).

1.000 dollars l'action

Le consensus des analystes mise sur un chiffre d'affaires de 157,6 milliards de dollars pour l'exercice en cours, qui prend fin le 30 septembre. Cela représente une progression de 31,5% par rapport à l'exercice précédant. Les profits de la firme de Cupertino devraient atteindre de nouveaux sommets, à 40,1 milliards de dollars (26 milliards en 2011). En 2013, les marchés anticipent des ventes de 183,5 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 44,8 milliards (tout proche des profits record de 45,22 milliards enregistrés par Exxon Mobil en 2008). Des performances financières qui devraient même être plus impressionnantes: Apple bat systématiquement, et nettement, les attentes des investisseurs.

Dans ces conditions, les chiffres les plus fous circulent. Et certains n'hésitent pas à évoquer le cap des 1.000 dollars pour l'action, et celui des 1.000 milliards pour la capitalisation boursière. En conservant la valorisation actuelle (16,68 fois les bénéfices), il faudrait pour cela que les profits d'Apple atteignent respectivement 55,9 et 59,95 milliards de dollars pour toucher ces deux barres. Ces seuils pourraient cependant être revus à la baisse, notamment si Apple décide d'initier le paiement d'un dividende, suspendu depuis décembre 1995. Avec plus de 100 milliards de dollars dans les caisses, la société en a les moyens mais se refuse pour l'instant à le faire.

Réagir

Commentaires

Jean-Christophe Destailleur  a écrit le 08/04/2012 à 23:18 :

Cet indéniable succès a également des conséquences que l'on ne soupçonne guère...

Jusqu'à présent le système Mac OS X était à l'abri des attaques virales et des programmes malveillants. En effet, eu égard à la très faible proportion de machines Apple dans le parc informatique mondial (2% en 2006), les pirates, hackers et autres personnes mal intentionnées, préféraient cibler leurs attaques sur les PC (fonctionnant sous Microsoft Windows).

Mais depuis peu, les ordinateurs Mac gagnant des parts de marché sur les PC, ces pirates informatiques s?intéressent également à Apple. Ainsi en Mai 2011, avec le logiciel malveillant MacDefender, puis quelques mois plus tard avec le cheval de Troie FlashBack, la sécurité légendaire de Mac OS X est apparue ... toute relative. Ce dernier logiciel malveillant (Flashback) aurait d'ailleurs infecté 600 000 Mac, selon un rapport publié par l'éditeur de solutions antivirale DrWeb.

La rançon du succès ?

Vaudou  a écrit le 16/03/2012 à 20:15 :

Je rajoute, que le cours de l'action est en retard sur l'augmentation des bénéfices de près de 50% et que le PER est très faible par rapport à d'autres actions du secteur.
(PER : rapport entre cours et bénéf par action)

Jean-Christophe Destailleur  a répondu le 17/03/2012 à 11:19:

Le PER est en effet raisonnable (approximativement de 15 pour la projection 2012).
Ceci étant dit, d'autres sociétés possèdent un PER encore plus attractif, je pense notamment à Hewlett-Packard (7 pour 2012).

Vaudou  a écrit le 16/03/2012 à 20:10 :

Marrant qu'un journal sérieux s'étonne qu'une action augmente de 45% sur une année alors que c'est ce qu'elle fait depuis le 1er janvier 2001, c'est à dire depuis 11 ans.
Comment voulez vous qu'on puisse prenne tout le reste de l'article au sérieux !

Lennart  a écrit le 16/03/2012 à 15:04 :

C'est vrai qu'il y a toute une galaxie "d'analystes" et de "web publi reportage porte étendards" qui prêchent une certaine bonne parole concernant le titre et la société.
A qui donc profite tout cela, vu que la société ne verse pas de dividendes !
Gaffe quand même les petits boursicoteurs !

Jean-Christophe Destailleur  a écrit le 16/03/2012 à 14:33 :

Portée par ses nombreuses innovations, la firme à la pomme, a vu son chiffre d'affaires passer de 32 à 108 milliards de dollars entre 2008 et 2011.
C'est un magnifique succès, que l'on ne peut que saluer.
Pour autant, les conditions de travail chez Foxconn restent très difficiles, même s'il y a eu des améliorations. Aussi j'espère qu' Apple saura se montrer aussi socialement responsable qu'elle peut être innovante ...



gerardc27  a écrit le 16/03/2012 à 9:39 :

Avec leur trésor de guerre ils pourraient s'offrir une bonne partie de tout notre CAC 40 sans s'endetter. Peut-on parler de bulle extravagante;d'aberration financière ou de trou noir spéculatif.

Warny  a répondu le 27/03/2012 à 14:59:

Il s'agit d'un trou noir spéculatif : Apple ne payant pas de dividende... enfin jusqu'à maintenant. Et encore, les dividendes prévus d'Apple sont très maigres.

Mordrakheen  a écrit le 16/03/2012 à 8:00 :

et il eut une correction de cours et là ce fut le drame et l incompréhension

Jean-Christophe Destailleur  a répondu le 17/03/2012 à 11:00:

Effectivement, comme l'indiquait ce vieil adage du palais Brongniart... Les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel ...

Jean-Christophe Destailleur  a répondu le 17/04/2012 à 2:30:

Nous y sommes : L'action Apple est redescendue à 580 USD ce 17 avril, après une chute de près de 10% en 5 séances...


Imaginr  a écrit le 16/03/2012 à 7:16 :

Bravo à ceux qui ont compris qu il pourraient s enrichir facilement en investissant dans une entreprise qui vend de la nouvelle technologie à des prix prohibitifs, souvent achetée par des gens peu fortunés, voire chômeurs ou RMistes et bien sur fabriquée en Asie par des personnes miséreuses, exploitées et sous-payées ...cherchez l erreur !

DerRichter  a répondu le 16/03/2012 à 8:14:

Ce sont les mêmes pigeons qui viennent pleurer quand le prix des pâtes prend 1% ou quand le litre de SP95 dépasse 1.70 euros.

Aikothoku  a répondu le 16/03/2012 à 16:40:

Allez faut arrêter de rager il sont tout compris le but du commerce et oui donc arrête de croire au commerce des bisounours ou ont fabriqué localement à très haut coût en faisant pas de profit

Tulipe  a répondu le 17/03/2012 à 13:50:

Curieux! Les pauvres préfèrent généralement la faible mise de fonds de Windows, puis banquer souvent et beaucoup. Avec Mac, tout est compris dès le départ.
Certains métiers sont sur Mac dont la presse et les architectes ou les artistes.

lala  a répondu le 17/03/2012 à 19:54:

je suis pauvre et j'ai un macbook pro de sucroit haha