La Tribune

Imprimantes 3D : la concentration est (déjà) en marche

Bre Pettis, le co-fondateur et directeur général de Makerbot Industries, avec un prototype de son Replicator. Copyright Reuters
Bre Pettis, le co-fondateur et directeur général de Makerbot Industries, avec un prototype de son Replicator. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Delphine Cuny  |   -  407  mots
L'américain Stratasys vient d'annoncer l'acquisition pour 400 millions de dollars de MakerBot, la jeune success story du secteur, qui a conçu le Replicator, une imprimante 3D de bureau pour le grand public, et compte notamment Jeff Bezos, patron d'Amazon, à son capital.

Les rumeurs de rachat circulaient depuis quelques semaines. La start-up la plus regardée du secteur high-tech le plus en vogue, MakerBot dans l'impression 3D, a accepté de fusionner avec Stratasys, l'un des pionniers et des leaders de cette technologie qui a déjà près de 30 ans mais est en train d'exploser. Stratasys, inventeur de la technologie par dépôt de fil (FDM), qui pèse déjà 3,3 milliards de dollars sur le Nasdaq, a accepté de payer 403 millions de dollars en actions pour s'offrir MakerBot, des clauses de paiement différé fondées sur la performance (earn-out) pouvant augmenter l'opération de 201 millions à la fin de 2014. C'est « la fusion de deux leaders mondiaux du secteur de l'impression 3D », explique Stratasys dans un communiqué, estimant qu'elle va accélérer l'adoption de cette technologie en voie de démocratisation.

Un carton avec le « Replicator 2 », une machine de bureau vendue 2.200 dollars
Fondée en 2009 à Brooklyn par un ancien enseignant, Bre Pettis, et deux développeurs, MakerBot a écoulé au total 22.000 imprimantes 3D en moins de quatre ans, dont 11.000 rien qu'au cours des neuf derniers mois avec le modèle «Replicator 2 », vendu 2.200 dollars, de la taille d'un four micro-ondes, et à la simplicité d'utilisation plébiscitée. Elle a aussi créé Thingiverse une plateforme de partage de fichiers de modèles 3D, qui génère 1 million de téléchargements par mois.

L'entreprise, qui deviendra une filiale autonome de Stratasys et restera dirigée par Bre Pettis, a réalisé 11,5 millions de dollars de chiffre d'affaires au premier trimestre 2013, à comparer à 15,7 millions pour toute l'année 2012 ! Une croissance ultra-rapide qui suscitait les convoitises de nombreux acteurs, alors que la start-up cherchait à lever des fonds pour son expansion. Elle compte notamment Jeff Bezos, d'Amazon, à son capital.

Bataille de titans avec 3DSystems
Basé à Minneapolis, Stratasys, fondé en 1989, a déjà réalisé une grosse acquisition en fin d'année dernière, la société israélienne Objet pour 1,4 milliard de dollars. Avant le rachat de MakerBot, Stratasys, qui emploie 1.100 personnes, tablait sur un chiffre d'affaires de 430 millions de dollars cette année. Le groupe met les bouchées doubles face à un autre poids lourd de ce secteur, 3DSystems (4,1 milliards au Nasdaq), inventeur de la technologie de stéréolithographie et détenteur du brevet du frittage sélectif au laser: ce dernier cartonne avec son imprimante 3D grand public le Cube et vient de racheter le français Phenix Systems.
 

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Commentaires

teuteu  a écrit le 20/06/2013 à 23:16 :

mais en France, c est dangereux! !

@teuteu  a répondu le 21/06/2013 à 11:49:

"et vient de racheter le français Phenix Systems". Pendant que vous crachez sur votre pays, les vrais français avancent et innovent pour vous contredire. Car un autre acteur dans ce secteur est encore français, il s'agit du groupe Gorgé.