Hébergement d’urgence : une application pour mieux accompagner les sans-domicile

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L'une des ambitions de la nouvelle plateforme SI SIAO 115 est de permettre aux accompagnateurs sociaux de mieux assurer leur mission d'observatoire de l'urgence sociale.
L'une des ambitions de la nouvelle plateforme SI SIAO 115 est de permettre aux accompagnateurs sociaux de mieux assurer leur mission d'observatoire de l'urgence sociale. (Crédits : Sergey Zolkin)
Dans la continuité de la loi Alur, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), sous l’égide du ministère du Logement et de l’Habitat durable, lance une application visant à aider les accompagnateurs sociaux à « mieux orienter les sans-domicile ».

Le numérique au service du social ! C'est en tout cas l'enjeu de l'application développée par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), sous la responsabilité du ministère du Logement et de l'Habitat durable. Constatant que le numérique est devenu le principal outil de travail, la DGCS a souhaité unifier les procédés en déployant, sur tout le territoire, une application de gestion commune conçue, principalement, pour les Services intégrés de l'accueil et de l'orientation (SIAO).

« Nous sommes partis de constats qui sont loin d'être nouveaux puisqu'ils remontent aux années 2010 », explique, à La Tribune, Pierre-Yves Eyraud, adjoint de la sous-directrice chargée de l'inclusion sociale, de l'insertion et de la lutte contre la pauvreté. Depuis plusieurs années, une soixantaine de SIAO, répartie sur le territoire national, utilise déjà une même plateforme, SI SIAO, développée par le ministère du Logement et chargée de faciliter l'insertion des personnes. Mais avec ce nouveau volet SI SIAO 115, c'est de l'urgence dont il est désormais question :

« Différents outils existent pour enregistrer les demandes de mise à l'abri des personnes sans-domicile. Aussi bien les personnes à la rue que celles qui vivent dans des squats ou qui sont hébergées dans des habitations de fortune.Mais il manquait une homogénéité nationale dans les outils informatiques de suivi. »

Un gain de temps ?

En effet, d'une région ou d'un département à l'autre, les modes de gestion diffèrent : du tableur Excel aux banques de données improvisées, l'hétérogénéité complique la mise en application de la politique commune.

L'application SI SIAO 115 vise ainsi deux acteurs : « Les profils administratifs, comme les agents de l'Etat, les administrateurs territoriaux et nationaux, qui vont avoir accès aux données de manière anonyme. » L'identité des personnes sans-abris leur sera donc invisible. Puis les profils externes, c'est-à-dire les acteurs sociaux : concrètement, les écoutants des appels du 115, les personnes chargées d'orienter les sans-abris, les gestionnaires des structures d'hébergement, etc.

« Ce qui est important, c'est que les maraudeurs vont également pouvoir se servir de l'application sur leur tablette et ainsi, en se connectant, réaliser la demande, visualiser son statut ou préciser la prestation désirée (alimentaire, soin etc.) », ajoute Gabriela Belaid, cheffe de projet national SI SIAO à la sous-direction de l'inclusion sociale, de l'insertion et de la lutte contre la pauvreté. « La réponse sera immédiate. Cela permet de gagner du temps et de faciliter le suivi des démarches. »

Aussi, lorsque la requête de la personne sans-abris aura été pourvue, celle-ci pourra obtenir une confirmation par le biais d'un sms contenant les informations pratiques.

Plateforme SI SIAO 115

Des demandes d'hébergement peuvent être faites sur SI SIAO 115 directement lors des maraudes. (Capture d'écran de SI SIAO 115)

Un déploiement national fin 2017

Pour développer l'application, la DGCS a collaboré avec des groupes de futurs utilisateurs et notamment avec des Services intégrés de l'accueil et de l'orientation (SIAO). Trois d'entre eux (l'Orne, l'Ardèche et la Loire) se sont portés volontaires pour tester la plateforme dès sa version beta, participant ainsi à son développement.
« Nous avons remplacé notre ancien logiciel par celui-ci dès janvier 2017 et nous avons gagné en rapidité, ce qui n'est pas négligeable pour l'urgence », témoigne Lucille Leullier, écoutante 115 dans le département de l'Orne.

Si quelques défauts ont été constatés au début, notamment des doublons dans l'enregistrement des personnes, ils ont été corrigés depuis. « Nous voulions faire évoluer nos pratiques et il nous est apparu important que la DGCS récolte les remarques aussi bien des grands que des petits départements comme le notre. »

Depuis avril, trois départements se sont ajoutés aux cinq sites pilotes tandis que les formations préalables à l'utilisation ont débuté dans sept départements. « Nous misons désormais sur un déploiement du nouvel outil sur tout le territoire d'ici la fin d'année 2017 », ambitionne Pierre-Yves Eyraud.

Une formation nécessaire

« La plus grande difficulté va être le changement de pratique », explique Lionel Rosano, non sans crainte. Celui-ci est chargé de mission au SIAO du Vaucluse. Son équipe et lui-même ont reçu les codes de connexion il y a quelques jours. « Les services d'urgence demandent une immédiateté. Il faut que l'outil soit très adapté et très réactif dès le départ. Qu'il puisse l'être pour tout le monde. » Un travail de formation est nécessaire mais le passage du mode de fonctionnement actuel du département, à savoir via des tableurs Excel à la nouvelle plateforme, reste appréhendé.

« D'autant que notre ancien système était fonctionnel. Bien sûr, avec un outil national, nous serons en capacité de remplir l'une de nos missions principales de manière beaucoup plus précise, à savoir celle d'observatoire national. »

Pour l'heure, en effet, si les chiffres des urgences sociales remontent à la DGCS, le recueil de données nationales reste complexe à réaliser.

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Commentaires
a écrit le 20/04/2017 à 15:41 :
"Ce qui est important, c'est que les maraudeurs vont également pouvoir se servir de l'application sur leur tablette "

Peut-être qu'à Paris il y a de nombreux sdf qui sont connectés mais à la campagne et dans les petites villes on est très loin du compte.

C'est quoi cette maladie de penser tout le monde connecté partout et tout le temps ? Non mais vous rigolez ? Déjà internet faut le payer hein...
Réponse de le 22/04/2017 à 14:37 :
à priori un maraudeur, c'est celui qui " maraude " et va à la rencontre des SDF

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