La rhubarbe : une solution pour stocker de l'électricité ?

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Non, la rhubarbe n'est pas bonne qu'à faire des tartes, ou des compotes.
Non, la rhubarbe n'est pas bonne qu'à faire des tartes, ou des compotes. (Crédits : Laurent Neyssensas)
Comment stocker l'électricité produite, pour éviter les interruptions de courant ? Des chercheurs de Harvard pensent avoir trouvé une solution bon marché présente notamment dans la rhubarbe, les quinones.

Non, la rhubarbe ne sert pas qu'à faire de délicieuses tartes. C'est la conclusion - indirecte - d'une étude menée par des chercheurs de l'université américaine d'Harvard, rapportée vendredi par le Business Insider.

On trouve aussi dans la plante aux tiges rouges, et en grande quantité, un composant chimique qui pourrait devenir un élément essentiel dans le secteur énergétique, le quinone. Il s'agit de sous-familles d'hydrocarbures qui ont deux particularités : être solubles dans l'eau et capables de transporter les électrons.

Essentiel pour le développement des énergies renouvelables

Ces spécificités pourraient en faire la composante première de batteries peu chères permettant de se charger et décharger en énergie renouvelable notamment, bien plus rapidement que ce dont les batteries actuelles sont capables de faire.

Le stockage de l'électricité est un problème crucial pour la production d'énergie renouvelable : comment distribuer de l'électricité quand le soleil ne brille pas, ou lorsque le vent ne souffle pas? 

Les batteries imaginées par les chercheurs de Harvard pourraient par exemple prendre la forme de citernes d'eau chargée en quinone, une alternative peu coûteuse aux batteries métalliques, et plus adaptables à l'environnement que le stockage via air comprimé, qui doit être fait sous terre et dépend de la géographie.

Un stockage au tiers du prix actuel

Selon l'article que les chercheurs ont publié dans le journal Nature le 9 janvier dernier, les batteries construites autour du quinone permettraient de stocker 1 Kilowatt-heure (l'énergie consommée par un appareil de 1000 watts de puissance pendant une heure) pour seulement 27$ (20 euros), le tiers du prix actuel.

L'un des auteurs de l'étude a expliqué dans un communiqué daté du 8 janvier :

Le monde entier utilise des ions métalliques dans différents états de charge, mais peu d'entre eux sont solubles et utilisables pour stocker de l'énergie. Et aucun d'entre eux peut stocker des quantités massives d'énergie renouvelable, pour un coût moindre. Avec les molécules organiques, nous présentons un vaste et nouvel ensemble de possibilités.

Plus sûr que les batteries métalliques

Un autre chercheur, Grigorii L. Soloveichik, estime pour sa part que les batteries faites à partir de quinones ont moins de chances de réagir violemment si elles entraient accidentellement en contact l'une avec l'autre, contrairement aux batteries métalliques.

Selon l'un des chercheurs, une version commercialisable du projet devrait voir le jour avant trois ans.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2014 à 19:38 :
Je m'associe à votre proposition de confiance. Je suis prêt, pour ma part à investir quelques hectares que je ne possède pas.
a écrit le 06/02/2014 à 17:22 :
20km au nord de Rennes sur l'axe de l'A84 je suis pret a mettre en culture quelques hectare de rhubarbe pour donner la possibilité a un développement d'un projet de batterie pour stockage d'energie en France.
a écrit le 22/01/2014 à 18:34 :
Choquant : le prix est donné en dollars, puis dans une parenthèse l'équivalent en euros.
Quand les journalistes se décideront-ils à penser européen, à mettre les euros avant les dollars ou les livres sterlings ? Et merci de donner les termes en français, puis entre parenthèses le terme anglophone... et non l'inverse.
Réponse de le 16/04/2014 à 14:21 :
Peut etre lorsque l'article ne sera pas une traduction issue d'une pensée US ...
a écrit le 21/01/2014 à 18:07 :
c'est de la bonne électrochimie système red-ox quinone/ hydroquinone. Je ne pense pas cependant qu'on va planter de milliers d'hectares de rhubarbe!!
a écrit le 15/01/2014 à 15:01 :
Merci aux rédacteurs de ce site!
En parlant de stockage d'énergie, autant rester logique et avoir une vue d'ensemble, non?
Le problème n'est pas due à une carence technologique mais plutôt à la centralisation de la production électrique (Obligeant de fait à solutionné un problème à grande échelle). Qui n'a de raison d'être que pour la commercialisation; Un simple compresseur d'air (couplé à un éolienne et panneaux solaires) peut accumuler autant d’énergie qu'il est nécessaire à la vie d'un immeuble, d'un quartier ou d'un village! Et je ne parle pas d'un compresseur de fluides frigorifiques! Le monopôle énergétique est un non sens!!! Un asservissement!!! Les solutions sont là, a l’échelle humaine, l’énergie (presque) gratuite nous est volée par notre incapacité de raisonner au delà des idées inculquées par le pouvoir "médiatico-politico-militaro-intellectuo-financier". On nous a mentis, dix fois, cent fois, mille fois mais répéter un mensonge n'en fait pas une vérité (surtout en physique). Mais cela induit en erreur les personnes de bonne intention!!! Merci de m'avoir lu.
Réponse de le 25/01/2014 à 10:52 :
Tout est dit
a écrit le 13/01/2014 à 13:47 :
Excellente idée. Vivement que nous puissions accéder à de telles technologies au quotidien.
a écrit le 13/01/2014 à 11:57 :
De toute façon, on peut bien imaginer que la culture de la rhubabe à des fins électro-industrielles sera naturellement être interdite en France, comme le gaz de shiste! Nucléaire oblige!!!
Réponse de le 13/01/2014 à 14:00 :
Bonjour,

On parle ici de stockage de l'énergie et non de production donc il n'y a aucun risque pour la filière nucléaire, bien au contraire il s'agirait d'une technologie complémentaire aux énergies renouvelable afin de pallier au manque de vent ou de soleil. On stocke en pic de production et on restitue en creux de production pour maintenir la production stable.
Concernant le gaz de schiste il ne s'agit pas d'une technologie mais d'un meurtre environnemental. De plus cette technique n'est rentable aux USA uniquement parce-que l’État US a suspendu les lois sur la qualité de l'air et de l'eau spécifiquement pour la production de gaz de schiste. Détruire de bonne terre agricole ou forestières pour faire des hydrocarbures éphémères et polluants est un non sens qui ne mérite même pas d'être explicité.
Surtout que l'argent récolté servira ensuite à réparer les dégâts occasionnés. Ou pire on demandera au contribuable de payer les réparations à mener sur l'environnement ... . Non-sens ... .
a écrit le 13/01/2014 à 11:13 :
A voir si la phase d'industrialisation ne multiplie pas par 4 le coût de revient d'un tel dispositif car dans les laboratoires les chercheurs ont plutôt tendance à sous-évaluer le coût de leur découvertes afin d'attirer des investisseurs. Quid de la densité énergétique et du potentiel commercial?
a écrit le 13/01/2014 à 10:36 :
le KWh à 27 $ (20 Euros), çà n'intéresse personne !!
Réponse de le 13/01/2014 à 10:52 :
Il ne s'agit pas du prix de production mais du prix d'un moyen de stockage (batterie). Une fois fabriqué il permet de stocker puis restituer l'énergie aussi souvent qu'on le veut durant sa durée de vie.

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