Geoffroy Malaterre, en guerre contre l'obsolescence programmée

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(Crédits : DR)
Geoffroy Malaterre, 39 ans, a créé Spareka.com en 2012 afin d'aider les particuliers à réparer eux-mêmes leurs appareils électroménagers. Le site de vente de pièces détachées est aussi une communauté d'entraide. Une activité qu'il pilote désormais depuis le Brésil, en bon patron « digital native ».

En 2002, le jeune Geoffroy Malaterre, 25 ans, est fraîchement diplômé des Arts et Métiers. Mais il est plus intéressé par l'entrepreneuriat que par l'ingénierie :

« après mes études d'ingénieur, j'ai suivi une formation de troisième cycle à HEC Entrepreneurs. Pendant ce cursus, j'ai compris que l'entrepreneuriat m'attirait, surtout pour les relations humaines qu'on pouvait développer autour d'un projet ».

Mais la période, juste après le 11 septembre 2001 et l'explosion de la bulle Internet, n'est pas propice aux startups. C'est pourquoi il choisit de devenir chargé de mission auprès du directeur général d'Otis France. Rapidement, il accède au poste de directeur de la région Île-de-France pour la filiale Portis, spécialisée dans les portes automatiques de garages.

« Nous vendions des télécommandes de portails à des copropriétés, mais il n'était pas permis de les commercialiser auprès des particuliers. Ça m'a interpellé », évoque Geoffroy Malaterre, qui imagine alors le site telecommande-express.com pour profiter de cette opportunité. En 2006, il crée la société avec un associé sur fonds propres pour « rendre autonomes les consommateurs ».

« On les aide à identifier la télécommande parmi deux mille modèles et on leur apprend à la programmer à l'aide de vidéos », détaille le jeune entrepreneur.

Diagnostic en ligne

C'est sur ce modèle que le trentenaire décide de lancer Spareka Électroménager en 2012 (du mot anglais spare, pièce détachée, et eurêka, j'ai trouvé en grec), puis de Spareka Piscine, Jardin et Motorisation de portails en 2014. La mission du site Web : aider les gens à réparer leurs appareils.

« J'ai un problème avec mon réfrigérateur qui fuit, avec ma tondeuse qui ne coupe plus l'herbe, ma piscine qui se vide, ma porte de garage qui ne s'ouvre plus : aidez-moi », énumère le startuppeur.

Première étape : un diagnostic en ligne avec une série de questions, puis de conseils, une proposition de pièces détachées à acheter, et une fois la pièce reçue, un tutoriel vidéo qui explique comment la remplacer.

« En 48 heures, vous avez votre pièce et vous pouvez dépanner vous-mêmes votre appareil », s'enthousiasme Geoffroy Malaterre, qui affirme posséder 8 millions de références dans sa base de données.

Une filiale au Brésil en 2017

Principale économie pour l'internaute : éviter les frais de déplacement et de main-d'oeuvre du dépanneur, soit environ 130 euros en moyenne. Deuxième avantage : l'achat en masse qui permet sur certaines pièces de faire baisser le prix.

« Contrairement à ce que l'on croit, changer une pièce est très simple : 90 % des pannes sont réparables », ajoute le fondateur de Spareka, qui se rémunère sur la vente des pièces détachées.

En plus des conseils et vidéos de démonstration, le site a développé une véritable communauté d'entraide, un forum de réparation, l'Atelier de Spareka, où les particuliers qui ont réparé eux-mêmes leur machine à laver ou leur réfrigérateur font profiter de leur expérience à ceux qui s'y mettent pour la première fois.

« Le bouche-à-oreille est d'ailleurs le premier vecteur de Spareka, ce n'est pas le facteur prix », se félicite l'ingénieur devenu entrepreneur.

Rentable, Spareka, qui emploie une trentaine de collaborateurs, vient de recevoir le label Great Place to Work (meilleur endroit où travailler) et Geoffroy Malaterre a été lauréat du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur catégorie Green Business.

Le jeune patron fait partie de ces digital natives dont l'activité peut s'exercer de n'importe quelle partie du monde. Dans le cas du natif de Clamart (Hauts-de-Seine), il s'agit de la métropole économique du Brésil, São Paulo.

« Mon épouse est francobrésilienne. C'était le rêve de la famille de vivre une expatriation au Brésil. Et ça faisait partie des plans de développement de l'entreprise de s'implanter dans des pays dont le niveau de vie moins élevé qu'en Europe rend obligatoires les réparations, comme l'Amérique du Sud. C'était le bon moment pour partir, ce que nous avons fait en juillet dernier. C'est un modèle de management propre aux patrons modernes, capables de faire en sorte que l'entreprise se développe sans eux au quotidien », analyse le père d'un garçon de huit ans et d'une fillette de quatre ans, qui a prévu l'ouverture d'une filiale au Brésil dès 2017.

« J'aime le voyage, l'aventure et les rencontres. Le Brésil est parfait, car le peuple brésilien est chaleureux et accueillant, notamment avec les Français. Et comme j'adore les sports nautiques, c'est l'endroit idéal », ajoute Geoffroy Malaterre, qui va prochainement ouvrir son site à d'autres univers que l'électroménager, le jardin et les portails.

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TIMELINE

  • Fin 2016 Lancement de Spareka au Brésil.
  • Novembre 2016 Spareka reçoit le Label Great Place to Work.
  • Avril 2016 Lauréat du Prix La Tribune du Jeune Entrepreneur catégorie Green Business.
  • 2014 Lancement de Spareka Piscine, Jardin, Motorisation de portails.
  • 2012 Lancement de Spareka Électroménager.
  • 2009 Déploiement de Télécommande Express dans sept pays d'Europe.
  • 2006 Création de Télécommande Express.
  • 2002 Diplômé du Mastère HEC Entrepreneurs.
  • 2001 Diplômé des Arts et Métiers.
  • 1977 Naissance à Clamart (92).

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Commentaires
a écrit le 12/03/2017 à 15:15 :
L'obsolescence programmée se cache à des endroits que vous ne soupçonneriez même pas
Des exemples là:
http://riri-linventeur.wixsite.com/les-debrouillards/coups-de-gueule
a écrit le 06/01/2017 à 16:40 :
Tout d'abord, on devrait étendre la garantie des produits à 10 ans. On obligerait ainsi les industriels à fabriquer du solide
a écrit le 06/01/2017 à 9:04 :
Et du coup si un jour l’obsolescence programmée est interdite et surveillée son business tomberait à l'eau. Quand le "bien" a intérêt au "mal".

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