Palantir Technologies, la « boule de cristal » de la CIA, vise la France...

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On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet.
On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet. (Crédits : Reuters)
Cette licorne californienne, créée en 2003 dans le giron du renseignement américain après les attentats du 11 septembre 2001, a l'ambition d'être un instrument de prévention mondial contre le cyberterrorisme. Elle propose ses services à l'État français.

Moins de deux ans après les attaques terroristes sur les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, le 11 septembre 2001 aux États-Unis, la startup Palantir Technologies est créée par le cofondateur de PayPal, Peter Thiel (via Founders Fund), l'homme d'affaires milliardaire Alexander Karp et d'autres investisseurs, avec des fonds levés auprès notamment de la société In-Q-Tel, qui investit dans des startups de haute technologie pour le compte de la CIA. On dit que sans les technologies d'analyse de données de Palantir, Ben Laden ne serait pas tombé dans les mailles du filet. Palantir a aussi des actions moins glorieuses à son actif, au point que son PDG Alexander Karp se confondit en excuses en 2011, après avoir pris pour cible Wikileaks, le site Web de Julian Assange, à la suite de ses révélations très compromettantes sur la société de surveillance orchestrée par les États-Unis... Aujourd'hui, malgré des résultats non publiés, le chiffre d'affaires de Palantir Technologies dépasserait le milliard de dollars, contre 500 millions en 2012.

Une licorne valorisée à 20 milliards de dollars

Ce n'est pas un hasard si cette société emprunte son nom à un artefact légendaire de l'auteur du livre Le Seigneur des anneaux, que Peter Thiel avait lu lorsqu'il était lycéen : le palantír est une sorte de pierre magique en forme de boule de cristal qui permet à son détenteur de voir à travers le temps et l'espace, et de dialoguer avec un autre utilisateur de palantír. C'est dans cet esprit que Palantir Technologies est partie en guerre technologique contre les criminels et les terroristes. Peter Thiel, qui en est devenu le président, a su réutiliser les technologies logicielles de PayPal, dont il fut l'un des cofondateurs en 1998 avant de revendre ce pionnier du paiement en ligne à eBay, quatre ans plus tard. Les techniques développées pour détecter les fraudes bancaires en alliant intelligence artificielle et intelligence humaine - combinaison appelée « intelligence augmentée » - ont servi à Palantir pour bâtir sa « boule de cristal » au service de la lutte antiterroriste.

Non cotée, Palantir est valorisée 20 milliards de dollars à fin octobre 2015, selon le Wall Street Journal, qui tient à jour la liste des « licornes » dépassant le milliard de dollars de valorisation. Ce qui la place en quatrième position mondiale de sa catégorie derrière... Uber (valorisé 51 milliards de dollars), le fabricant chinois de smartphones Xiaomi (46 milliards) et Airbnb (25,5 milliards). Qui aurait pu croire qu'une startup spécialisée en cybersécurité et en lutte antiterrorisme allait être mieux valorisée que Snapchat, Pinterest, Dropbox ou encore Spotify ? Il faut dire que la clientèle de Palantir Technologies, pour une grande partie américaine, est à l'origine de son succès : on y trouve la NSA (agence de sécurité nationale, pointée du doigt pour ses écoutes illégales), la CIA, le FBI, les US Marines, l'US Air Force, l'US Socom. Ses levées de fonds s'enchaînent à coups de plusieurs dizaines voire centaines de millions de dollars, pour cumuler plus de 2 milliards de dollars depuis sa création !

Palantir Technologies, dont le siège social est situé dans la Silicon Valley à Palo Alto, dispose d'une tête de pont à Londres afin de diffuser l'esprit sécuritaire des « Palantiriens » - c'est ainsi que son management nomme sa communauté - sur toute l'Europe, non seulement au Royaume-Uni, mais aussi en France, en Suède ou encore en Pologne. En France, où les attentats de janvier et de novembre 2015 font écho à ceux du 11 septembre 2001, la startup vise à s'implanter durablement en recherchant son « coordinateur du bureau des opérations » pour Paris, lequel reportera au QG londonien.

Deux appels d'offre récents de l'Etat Français

Selon La Lettre A du 19 novembre dernier, la licorne californienne vient de soumissionner à deux appels d'offres de l'État français sur le traitement massif de données publiques. Le premier a été lancé par les services du Premier ministre - via le Secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) -, pour un accord-cadre sur le traitement des mégadonnées (ouvertes ou non) des administrations françaises. Le second de ces marchés publics émane de la Direction générale des finances publiques (DGFP) pour le traitement des données fiscales. Et le tout sous haute (cyber) sécurité et avec le soutien de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

Reste que Palantir Technologies n'a pas le monopole des technologies de surveillance internationales, loin de là : IBM et son « i2 Analyst's Notebook », la startup israélienne Fifth Dimension, la société californienne Forensic Logic, mettent leur solution d'interprétation de données au service... des services du renseignement. Toutes rêvent de prévenir les (cyber) crimes pour éviter qu'ils ne soient commis, comme dans le film Minority Report.

Les sociétés françaises Qosmos, cofinancée par Bpifrance, et Amesys, filiale de Bull (Atos), se sont, elles, fait connaître en collaborant avec les régimes dictatoriaux de Kadhafi, à la fin des années 2000, et de el-Assad au début des années 2010. Pour le meilleur et pour le pire.

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Commentaires
a écrit le 05/01/2016 à 18:16 :
Une belle présentation d'un outil surprenant, cependant dans vos références vous omettez d'autres structure françaises qui ont ces capacités telles que Bertin It avec mediacentric ou encore d'autres outils connus pour être capable de traiter ces items
a écrit le 03/01/2016 à 20:08 :
quand ont sait que la plupart des terroristes du bataclant etais connue et que depuis 2 ans cette atentat avais etais explique a une personne qui avais signale l individue,, ont doute de l eficacite des superts ecoute et des superts policier a intervenir avant le drame,, car en matiere de police et de justice , ils ne juge et ne punissent qu en cas de preuve donc toujours trop tard, ILS AURONS BEAU MULTIPLIEZ LES FICHES S CELA NE SERVIRAS A RIEN? ILS NE POURONS JAMAIS METRE UNE TROUPE DE POLICIERS DERRIERE CHAQUE SUPECT S ???
a écrit le 03/01/2016 à 10:06 :
Achat d'un tuyau branché en ligne directe avec les USA. Il semble qu'on soit déjà bien espionné, mais là on aura même plus de questions à se poser
a écrit le 02/01/2016 à 23:59 :
En général la NSA fonctionne comme cela, elle pompe tout puis envoie les données aux Israéliens qui font du data mining et ne sont pas bloqués par des histoire de "procédures" et autres légalités entre alliés; puis les trouvailles arrivent alors et la NSA les transmets aux autres.
On imagine bien que selon la définition donnée de "Palantir", alors leur système fonctionne en filtrant tout ce qui "ne devrait pas être là" ou "devrait être là" de façon à déterminer le profil de protection de tel utilisateur et le catégoriser.
a écrit le 02/01/2016 à 20:04 :
Donc, ils sont du niveau du "seigneur des anneaux". M'étonnes pas. Si ça peut les aider, j'ai Brocéliande juste à coté... Ca leur fera des spots publicitaires...
a écrit le 02/01/2016 à 19:56 :
YES, ... We scan !
a écrit le 02/01/2016 à 19:40 :
Euh....le Qg est à Londres , et la cyber attaque sur la BBC, bon c' est toujours le cordonnier
le plus mal chaussé.....
Réponse de le 02/01/2016 à 19:58 :
Clair que la gb est esclave comme par exemple l'australie et d'autres "protectorats".
Réponse de le 03/01/2016 à 11:50 :
Même avec leurs technologies de pointe, les uns et les autres en loupent néanmoins pas mal, car même avec du renseignement pointu, s'il n'y a personne derrière pour prendre la bonne décision, le terroriste passe à travers (voir San Bernardino entre autres)
a écrit le 02/01/2016 à 18:41 :
ca permet de se faire plumer encore plus vite,

le traitement des données est une faille majeure dans le renseignement, on ne sait pas collecter, on ne sait pas traiter, on ne sait pas utiliser.

il ont fusionnés la DGSE et les RG pour faire des économies, (merci sarko), ca a totalement desorganisés les serivces, et ca veut depenser de l'argent dans des outils qu'ils ne maitrisent pas, bonne oppportunité pour la CIA de mettre en place un pipeline.
a écrit le 02/01/2016 à 14:11 :
Ils ne peuvent rien face à Squareway de Vivaction ! Réservé aux entreprises !
Décrypter toutes les informations leur coûterait trop chère ! Cela permet d éviter les filets dérivants de la NSA
Réponse de le 03/01/2016 à 11:47 :
La première règle dans ce genre de 'sport' est d'attaquer les données avant les couches de cryptage. Dès lors que l'on veut faire 'traiter' les données par un prestataire extérieur, il faut qu'elles lui soient lisibles....On ne traite pas des données cryptées....(pas encore....)
Par ailleurs l'usage d'un prestataire extérieur ouvre souvent un canal vers le système de données du client, et là, on commence à pouvoir bricoler....qui plus est si l'infrastructure de coms de la cible a été également traitée (les routeurs.....). On peu aussi injecter des keyloggers (ou plus subtil) pour accéder aux codes. Dormez tranquille braves gens....
a écrit le 02/01/2016 à 12:13 :
Le simple fait d'envisager de faire traiter des données nationales par un organisme étranger montre à quel point l'incompétence en matière de sécurité des données est répandue. Il est assez hilarant de voir les efforts des divers législateurs en la matière.....

Bonne Année...
Réponse de le 02/01/2016 à 13:56 :
+1
Réponse de le 02/01/2016 à 19:40 :
Bien dit !!!
Réponse de le 02/01/2016 à 20:02 :
Je vous laisse imaginer si mon Grand-Père, terroriste contre les nazis, avait utilisé le téléphone ou installer une TSF sur le toit de la maison... Là, je n'aurais pas existé.

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